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Le salon des précieuses

Mille femmes blanches, tome 4, May et Chance ; Jim Fergus

« Les Blancs qui gouvernent notre monde insistent pour façonner les autres à leur image. Malheur aux races qui ne leur ressemblent pas : elles seront méprisées, déportées, condamnées à mourir ou à vivre dans la misère. »

Mille femmes blanches, tome 4, May et Chance (May and Chance, 2022) • Éditions Pocket • 2024 • 352 pages

Résumé :

Wyoming, 1876. « Être décédée présente certains avantages » : ainsi recommence le journal de May Dodd, que tous ont crue morte l'année précédente. Du passé cependant, elle n'a rien oublié. Ni l'asile d'aliénés, où sa famille l'a jadis enfermée, ni sa fuite au désert, ni son mariage avec un puissant chef cheyenne.
Mais aujourd'hui qu'une nouvelle vie s'offre à elle, c'est à ses enfants qu'elle pense - ces enfants dont on l'a séparée et qu'elle court retrouver à Chicago avec son amant Chance. 
Là, le monde des Blancs les attend de pied ferme, et l'aventure aussi, sous les traits d'un certain Buffalo Bill...

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

1876. « Revenue d’entre les morts », May Dodd décide de faire le chemin inverse de celui qui l’a conduite voici près de deux ans au sein d’une tribu de Cheyennes du Montana. Là, elle est devenue l’épouse du chef Little Wolf et a donné naissance à une petite fille, Little Bird. Mais, après de nombreuses épreuves et la rencontre de Chance Hadley, un cow-boy originaire du Texas, pour May, l’heure de rentrer a sonné. Elle va entamer un long voyage vers Chicago, sa ville d’origine où, l’espère-t-elle, elle pourra affronter son père, qui n’a pas hésité à la faire interner quand May a fait des choix qui ne correspondaient pas aux valeurs de la famille et surtout, retrouver ses deux enfants, Hortense et William, dont on l’a séparée alors qu’ils étaient tous petits. 
May et Chance est le dernier tome de Mille femmes blanches, la grande série sur l’Ouest américain de Jim Fergus. L’auteur s’est emparé à bras le corps d’un sujet difficile, celui de l’acculturation des populations natives dans la seconde moitié du XIXe siècle : une politique cynique du gouvernement américain, qui a conduit au parcage des Amérindiens dans des réserves, en les forçant à adopter le mode de vie occidental au détriment de leurs traditions séculaires. A travers une histoire fictive (celles de femmes américaines blanches qui auraient été échangées par le président Ulysses S. Grant contre mille chevaux), Jim Fergus raconte ce pan tragique de l’histoire des Etats-Unis, marqué par la violence de la guerre et le racisme
Au début de l’année 1876, alors que tout le monde la croit morte (May a été laissée pour morte dans une caverne, après la prise du village où elle vivait avec son mari et ses compagnes blanches du programme Femmes Blanches pour les Indiens), la jeune femme décide de prendre un nouveau départ. Celui-ci ne se fera pas sans sacrifices et renoncements mais il est temps pour elle de se confronter à son passé. C’est donc un nouveau voyage que nous propose Jim Fergus mais j’avoue que j’ai été un peu emballée par ce quatrième tome qui, clairement, est superflu pour moi. 
J’avais déjà eu du mal à m’attacher à May dans les tomes précédents, même si certains éléments de son passé peuvent susciter l’empathie (son internement à l’asile, la séparation d’avec ses enfants)…mais alors là, elle m’a laissée carrément indifférente. Je crois que j’ai bien plus apprécié les héroïnes de La Vengeance des Mères (notamment les sœurs Kelly) et des Amazones (Molly McGill). Et même si j’étais curieuse de découvrir ce quatrième tome et de boucler la boucle, en quelque sorte, force est de constater que je me suis ennuyée pendant une bonne partie du roman, qui, en plus, n’est pas gros, alors c’est dire…
Je me suis complètement désintéressée de la première partie, que j’ai trouvé bâclée et franchement peu intéressante. Heureusement, mon attention a été de nouveau plus ou moins retenue quand May et Chance entreprennent un nouveau voyage, qui va les emmener de Chicago vers le Texas. Là, j’ai retrouvé le souffle romanesque des premiers tomes mais, malheureusement, c’est très court et, à nouveau, les ultimes chapitres m’ont moins convaincue. Tout est trop facile, le dénouement arrive trop vite pour être véritablement crédible. Je pense clairement que beaucoup d’événements de ce quatrième tome auraient pu être intégrés au troisième tome et qu’il n’était pas forcément nécessaire. Et pourtant, l’auteur aborde encore une fois de nombreux sujets importants et intéressants, comme la condition des femmes dans les sociétés très patriarcales du XIXe siècle, que ce soit aux États-Unis ou en Europe : on n’hésitait pas alors à interner arbitrairement des femmes jugées non-conformistes (comme May) en les taxant d’hystérie ou d’aliénation. Le roman renvoie aussi dos à dos une société blanche et occidentale déjà extrêmement matérialiste, avec le mode de vie beaucoup plus proche de la nature et des anciennes traditions des Natifs américains, même si ceux-ci sont bien moins présents dans ce quatrième tome (la plupart des tribus ont déjà gagné les réserves et les derniers foyers de résistance sont en passe d’être annihilés). Mais il m’a clairement manqué quelque chose. 
Sans regretter de l’avoir lu, j’avoue que je ne me suis pas forcément sentie hyper investie dans cette lecture. Dommage ! Alors que je n’avais déjà pas autant aimé le premier tome que je ne l’espérais, mais que je m’étais réconciliée avec cette saga en lisant La Vengeance des Mères (clairement mon préféré) puis Les Amazones, je termine finalement ma lecture sur une légère déconvenue, tant pis

Le mot de la fin :

Un dernier roman inégal : je me suis vraiment ennuyée au début et j'ai eu l'impression que l'auteur survolait souvent son sujet, c'était moins bien écrit, moins intéressant que les tomes précédents. Peut-être, une bonne partie du sujet de ce roman aurait pu être intégré au troisième tome de Mille femmes blanches et largement raccourci...dommage...

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

Retrouvez ici mes avis sur les trois premiers tomes de la série Mille femmes blanches : 

- Mille femmes blanches (tome 1)

- La vengeance des mères (tome 2)

- Les Amazones (tome 3)

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