25 Juillet 2026
« Rappelez-vous, Camille, le masque doit être attirant, sans trop intriguer, et l'on vous passera tout. »
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La falaise de la Repentie • Editions J'ai Lu • 2022 • 634 pages
Résumé :
1747. Camille Lemonnier, 15 ans, fille d'un meunier installé sur l'île de Ré, se passionne pour la cuisine et les saveurs nouvelles. Mais elle peine à trouver sa place dans ce monde paysan où les femmes sont avant tout des épouses, alors qu'elle a bien d'autres rêves.
Ayant perdu sa mère trop tôt, elle trouve en Mme de Tencin, baronne de Ré et célèbre salonnière, un modèle féminin qui la pousse à développer son esprit d'indépendance. Quand la baronne l'invite quelques mois rue Saint-Honoré, à Paris, un apprentissage de tous les instants débute. Camille y croisera Mme de Pompadour, d'Alembert, un maître boulanger du Palais-Royal ou encore Jan Hendrick, ce bel Hollandais à la réputation sulfureuse... Elle se trouvera alors plongée dans un monde fait d'ombres et de Lumières, où sa quête initiale prendra peu à peu la forme d'une recherche existentielle de liberté.
Ma Note : ★★★★★★★★★★
Mon Avis :
Aujourd’hui, c’est malheureusement la chronique d’une déception que je vous propose…ce n’est jamais agréable d’écrire un tel article, mais je crois qu’il le faut et, à mon sens, ne parler que des lectures qui m’ont plu n’est pas forcément très utile. La vie d’un lecteur est faite de découverte, de bonnes surprises mais aussi parfois de déceptions et c’est comme ça. Cela m’arrive rarement, mais là je dois avouer que je suis complètement passée à côté de ce roman et je pense vraiment que ce sera mon plus gros flop de l’année.
Après mon coup de cœur pour Les Sirènes de Malibu, lu au début du mois, j’avoue que j’enchaîne les lectures qui ne m’enthousiasment pas vraiment, mais là, c’était le summum. Pourtant, La falaise de la Repentie avait absolument tout pour me plaire : le contexte historique, le fait que le roman se passe en partie sur l’île de Ré (je crois que je n’ai lu aucun roman, à plus forte raison historique, se passant là-bas) et l’héroïne…cette jeune Camille, passionnée de cuisine et de boulangerie, semblait différente des autres héroïnes et j’avais vraiment envie de la découvrir. Je me réjouissais même qu’il y ait un deuxième tome…et finalement, à l’issue de cette lecture, je sais que je ne lirai pas ce deuxième volume et c’est presque avec soulagement que j’ai terminé ma lecture. J’aurais pu abandonner, me direz-vous et c’est tout à fait vrai, mais j’ai toujours du mal à abandonner une lecture. Je crois que j’ai toujours espoir qu’un dernier retournement, un dernier rebondissement, viendra finalement nuancer mon ressenti. Malheureusement, ça n’est pas arrivé avec ce roman.
Pour vous poser un peu le contexte, lorsque le roman s’ouvre, nous sommes à l’été 1747, sur l’île de Ré. Camille Lemonnier a presque quinze ans, elle est la fille d’un meunier rétais et s’est passionnée depuis son enfance pour la cuisine et la confection de pains originaux (avec des herbes, des épices ou des fruits secs). La jeune fille mène une vie libre et sans entraves sur son île natale mais a aussi lié une amitié particulière avec Mme de Tencin, salonnière parisienne réputée mais aussi baronne de Ré – qui aurait d’ailleurs acquis la baronnie de manière trouble, ce que lui reprochent les habitants, qui la considèrent avec méfiance. Mais, pour Camille, elle fait office de protectrice et, cet été-là, elle propose à la jeune fille de l’accueillir à Paris, pour y découvrir un nouveau monde et parfaire son éducation. Malgré les réticences de son père, Camille part finalement à l’automne, pour quelques mois, à la découverte de la capitale. Paris est alors une ville à la vie culturelle florissante, où se croisent philosophes, auteurs, penseurs et salonnières, telles Mme de Tencin, qui se plaisent à recevoir pour parler de tout et de rien et dont les salons furent un terreau fertile pour l’épanouissement et le développement du mouvement des Lumières.
A Paris, Camille découvre une vie bien différente de celle qu’elle a menée jusque-là à Ré : sur son île, on vit au rythme des éléments et des saisons, la vie peut y être rude…les tensions et les animosités n’en sont pas absentes mais les relations parisiennes sont bien plus hypocrites et sournoises. La jeune fille en fera l’amère expérience mais liera aussi des amitiés indéfectibles. Une chose est sûre, de son séjour parisien, Camille reviendra changée mais avec une certitude chevillée au cœur : elle veut devenir boulangère, même si le métier est alors interdit aux femmes et mettra toutes les chances de son côté pour y arriver.
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Portrait de Claudine-Alexandrine de Tencin, célèbre saisonnière parisienne du milieu du XVIIIe siècle (1682 - 1749)
Vraiment, sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire et je partais super confiante. Mais j’ai vite déchanté ! Sans aller jusqu’à dire que rien ne m’a plu, parce que ce n’est pas vrai, j’ai senti assez vite que, déjà, je ne serai pas séduite par le style d’écriture. Pas grave, me dis-je, cela m’est déjà arrivé mais l’histoire, les personnages, avaient rattrapé cela et, globalement, j’étais ressortie de mes lectures avec un ressenti globalement positif. Donc, j’ai persisté, en pensant que cela allait se passer comme avec La falaise de la Repentie, mais ce ne fut pas le cas. Je suis toujours un peu triste quand je termine un roman que je n’ai pas aimé, comme si c’était un peu de ma faute aussi, quelque part : pourquoi n’ai-je pas aimé ce roman-là ? Parfois, il n’y a pas vraiment d’explications, me direz-vous et c’est certainement vrai.
Ici, tout s’est gâté à partir du moment où Camille arrive à Paris. C’était pourtant le moment que j’attendais, car j’apprécie les romans d’apprentissage et c’est un peu ce que m’évoquait ce voyage parisien pour la jeune fille. Mais tout part rapidement en sucette, avec une intrigue soudainement pleine de rebondissements et d’événements en tous genres, qui s’enchaînent en cascade mais surtout, donnent un gros sentiment d’incohérence. Comme on dit, le mieux est l’ennemi du bien et c’est exactement ce que j’ai pensé à la lecture de ce roman : parfois, il vaut mieux une intrigue plus cohérente historiquement et moins rythmée, qu’une intrigue menée tambour battant mais à laquelle on ne croit pas une seconde. A partir de là, j’ai commencé à me sentir plus spectatrice de ma lecture que vraiment partie prenante. Oui, ce n’était pas une purge non plus, je ne vais pas exagérer…mais j’avoue que je ne me suis plus sentie investie et que j’avais souvent envie de lever les yeux au ciel. Puis ce sont des coquilles qui se sont invitées et deux ou trois approximations historiques, notamment dans les notes de bas de page (comment Madame de Pompadour peut-elle soutenir le développement des porcelaines de Sèvres en 1740 alors qu’elle ne devient favorite royale qu’en 1745, par exemple ?) et là je me suis dit : ok…définitivement, je m’achemine vers un flop.
Tant pis, cela arrive, c’est le jeu, c’est comme ça. Mais je suis toujours déçue d’être déçue en fait. Parce que je sais aussi que derrière un livre, il y a un auteur ou une autrice, qui a porté son histoire, l’a imaginée, l’a posée ensuite sur papier, l’a fait grandir. Pour cela, j’ai infiniment de respect pour ceux qui se lancent dans la tâche d’écrire un roman, d’aller jusqu’au bout du processus, en le faisant éditer, en le confiant ensuite à des lecteurs, à qui il finit par appartenir. Je ne doute pas que certains lecteurs pourront être séduits par ce roman et y trouveront sûrement leur compte. Tant mieux, d’ailleurs. Il en faut pour tous les goûts et il y a des points positifs évidemment, dans ce roman : j’ai aimé l’originalité du sujet, le personnage de Camille, également, même si elle a pu parfois me taper sur le système. Je ne vous déconseillerais pas du tout cette lecture, bien au contraire : rien ne vaut de se faire son propre avis.
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La cuisine, le pain et le métier de boulanger, qui fait rêver Camille, sont au centre du récit
Le mot de la fin :
Mais quel ennui...je suis allée au bout, en pensant naïvement que ça allait s'arranger, mais non. J'ai vraiment été déçue parce que ce roman cochait toutes les cases : j'étais confiante, je pensais que j'allais aimer mais pas du tout. Ni le style, ni l'histoire n'auront réussi à me convaincre, c'est dommage, car au fond j'ai trouvé Camille attachante. Je suis passée à côté de ce livre, ça arrive.
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