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Le salon des précieuses

Les Sirènes de Malibu ; Taylor Jenkins Reid

« Toutes les familles brisées rêvaient d'être réunies, qu'importait l'étendue des dégâts. Quel enfant perdu et abandonné ne rêvait pas d'être aimé ? »

Les Sirènes de Malibu (Malibu Rising, 2021) • Editions 10/18 • 2023 • 474 pages 

Résumé :

Malibu, samedi 27 août 1983. Nina Riva prépare sa fête annuelle, l'événement le plus attendu de l'année. Star du show-biz ou serveuse du drugstore du coin, tout le monde rêve d'y être invité : ce n'est pas seulement la fête la plus notoirement décadente de toute la côte Ouest, c'est aussi l'occasion d'approcher les Riva. 
Nina, Hud, Jay et Kit, non contents d'être les enfants d'un chanteur qui fait vibrer l'Amérique, sont eux-mêmes un modèle de succès. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont talentueux et ont le monde à leurs pieds. Mais sous le vernis des apparences se cachent bien des secrets. Et si à minuit la fête bat son plein, au matin, le passé sera venu frapper à la porte des Riva...

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

Me fallait-il un Taylor Jenkins Reid pour sortir d’un rythme de lecture pas fou-fou depuis quelques semaines ? Manifestement, oui, puisque j’ai dévoré Les Sirènes de Malibu en l’espace de trois jours ! 
J’avais déjà beaucoup aimé Daisy Jones and the Six, que j’avais lu il y a quatre ans. Depuis, je voulais lire d’autres romans de l’autrice, mais je ne le faisais pas. Et puis, j’ai découvert Les Sirènes de Malibu, le résumé m’a bien plu et la couverture estivale m’a convaincue de me lancer (et qu’est-ce que j’ai bien fait !). 
D’ailleurs, en parlant de la couverture : ne vous laissez pas avoir par son aspect frais, léger, estival car le roman n’est rien de tout cela. Estival, peut-être, à l’extrême limite, mais frais et léger, sûrement pas. 
Lorsqu’il s’ouvre, nous sommes à Malibu en août 1983. C’est la fin de l’été mais il fait encore chaud dans ce coin de Californie, face à l’océan Pacifique. Ce 27 août est le jour de la grande fête donnée par Nina Riva, une surfeuse et mannequin de renom, qui possède une immense propriété à Point Dume, sur les hauteurs de Malibu. Chaque année, sa fête réunit stars hollywoodiennes, présentateurs télé, sportifs renommés mais aussi des anonymes. C’est LE rendez-vous de l’année, qu’on ne manquerait pour rien au monde
Autour de Nina, sa fratrie s’est réunie pour l’aider dans les derniers préparatifs : il y a Jay, le surfeur professionnel, Hud, photographe, qui suit son frère sur tous ses spots favoris pour l’immortaliser sur sa planche et les meilleures vagues du monde entier et Kit, la petite dernière, une jeune femme de vingt ans qui se cherche encore et cache beaucoup d’interrogations sous un air de « je-m’en-foutisme » pas tout à fait sincère.
Si le roman nous raconte cette journée fatidique du 27 août 1983, quasiment heure par heure et à la fin de laquelle aucun des Riva ne sera plus comme avant, il nous relate aussi en parallèle leur passé : si Nina, Jay, Hud et Kit semblent avoir tout (la beauté, l’argent, la réussite), ils sont en réalité abîmés par un passé plus que compliqué, marqué par l’absence de leur père, un musicien célèbre des années 1960-70, qui a préféré la célébrité, la gloire et les paillettes à la vie de famille, abandonnant femme et enfants et les difficultés rencontrées par leur mère, pleine de courage et qui luttera pied à pied pour ses enfants mais finira par s’oublier et sombrer dans l’alcoolisme. 
Ce roman n’est pas un simple roman d’été un peu naïf qui raconterait l’existence vide de sens de pauvres petits enfants riches donnant des fêtes débridées dans leurs belles propriétés californiennes. Certes, on sent que les Riva ne sont pas ordinaires mais ils ne sont en réalité pas du tout ce que l’on peut croire en début de lecture, bien au contraire. Cette image un peu superficielle va s’effilocher, se fracturer, à mesure que le récit avance et gagne en tension. 
Les Sirènes de Malibu est une véritable réflexion sur la famille, les relations familiales et leur complexité. Sur les non-dits aussi et les devoirs parentaux, dont certains s'affranchissent sans songer au mal qu'une simple décision peut faire. Le roman nous montre aussi combien des relations compliquées, des trahisons, des abandons, peuvent durablement marquer des enfants et conditionner ensuite leur vie entière (et comment les propres traumatismes des parents peuvent se transmettre aux enfants). Car, derrière l’image d’enfants d’une célébrité (qui colle à la peau de Nina, de ses frères et de sa sœur, se cache en fait une réalité bien plus sordide, qui les rend attachants alors qu’on aurait pu être indifférent (personnellement, je n’ai pas beaucoup d’intérêt pour l’existence superficielle des gosses de riche). Mais là où Taylor Jenkins Reid est très forte, c’est qu’elle ne ménage ni ses lecteurs, ni ses personnages et l’air de Malibu, saturé de monoï et de sable chaud se pare bientôt d’une senteur plus sulfureuse et dangereuse. Tout au long du roman, on sent une certaine tension dramatique monter, s’installer, on comprend que quelque chose est sur le point d’arriver, sans comprendre exactement de quoi il s’agit. Mais on sait quasiment dès le début que cette fête ne sera pas comme les autres et qu’il y aura un avant et un après ce 27 août 1983
J’ai vraiment dévoré ce roman, il est extrêmement bien écrit et fluide, maîtrisé par son autrice de bout en bout, on s’y plonge comme on piquerait une tête dans une piscine surchauffée, on se noie dans son ambiance particulière. Moi qui ne suis pas spécialement fan des États-Unis (ce n’est pas un pays dont la culture m’attire), j’ai pourtant passé un super moment. Je n’avais qu’une envie quand je reposais le livre, c’était y retourner. Il y a quelque chose d’assez envoûtant dans Les Sirènes de Malibu, exactement comme ce « petit truc en plus » que j’avais trouvé à Daisy Jones and The Six et qui m’avait fait dire que je n’étais pas en train de lire un roman ordinaire, bien au contraire. 
Serait-ce mon premier coup de cœur de l’année 2026 ? Il semblerait bien que oui

Le mot de la fin : 

Mon deuxième Taylor Jenkins Reid et ça encore très bien marché ! Je suis ravie de cette lecture : comme Daisy Jones and the Six, c'est addictif, dense, prenant...j'ai eu du mal à le reposer et je me suis complètement immergée dans cette histoire pleine de tension. Génial ! 

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

Découvrez mon avis sur Daisy Jones and The Six, un autre roman de Taylor Jenkins Reid

 

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