6 Janvier 2023
![]()
Marie-Paulette Bonaparte, dite Pauline, née Paolina de Buonaparte à Ajaccio en 1780 est une princesse française. Elle est la sœur préférée de Napoléon Ier, qui la surnomme non sans tendresse « Notre-Dame-des-Colifichets » et la deuxième fille de Charles-Marie Bonaparte et de Maria-Létizia Ramolino.
Les premières années de Paolina Bonaparte sont vagues, on ne sait que peu de choses sur elle. En revanche, on sait qu'en 1793, alors que Pauline est âgée de treize ans, elle suit toute sa famille en France et quitte la Corse : les Bonaparte ont en effet épousé la cause de la Révolution et l'île vient alors de tomber aux mains des Anglais.
Très jolie, l'adolescente est vite courtisée, d'abord par Junot (futur aide de camp de son frère) puis par un Conventionnel nommé Stanislas Fréron. Cette idylle sera mal vue par le frère de Pauline, Napoléon, qui décide de couper court à cette liaison, comme il avait opposé une fin de non-recevoir à Junot auparavant. Pour ce faire et couper court à ces idylles, la jeune fille ne se montrant pas indifférente à ses courtisans, il demande à sa sœur de la rejoindre au château de Monbello, proche de Milan, où il se trouve lui-même, afin de pouvoir la surveiller.
C'est en 1797 que Napoléon francise le nom de sa sœur en Pauline et décide de marier sa sœur à Charles Victor Emmanuel Leclerc, un des meilleurs généraux de la République. Pauline Bonaparte a dix-sept ans. Les jeunes gens sont unis le 14 Juin et l'année suivante, Pauline donne naissance à un fils, qu'ils prénomment Dermide, prénom choisi par Napoléon lui-même en référence à la poésie d'Ossian. L'enfant, né en avril 1798 ne vit que peu de temps puisqu'il meurt en août 1804, à l'âge de six ans. Pauline Bonaparte n'aura pas d'autres enfants.
Lors de l'expédition de Saint-Domingue, Pauline accompagne son époux, qui est envoyé là-bas pour tenter de mater l'insurrection menée par Toussaint Louverture. Là-bas, Pauline aura de nombreuses liaisons, notamment avec des soldats et des officiers. Cependant, elle s'occupe énormément de son époux, qui est tombé malade (il a contracté la fièvre jaune). En dépit des bons soins de son épouse, Charles Leclerc meurt, le 1er Novembre 1802. Pauline, malgré ses régulières infidélités, est effondrée. Elle est si désespérée que, dans un accès de désarroi, elle se coupe plusieurs mèches de cheveux et les glisse dans le cercueil de son époux. Elle demande à ce que son cœur soit placé dans une urne et rapatrie le corps de Leclerc en France.
Napoléon, qui a eu vent des liaisons de sa sœur dans les Caraïbes, notamment celle qui lia la jeune femme avec Jean Joseph Amable Humbert, décide de chercher un nouveau parti pour la belle Pauline. La sœur du Premier Consul sera, c'est décidé, mariée à Camillo Borghèse, un riche prince romain qui possède un luxueux palais, de vastes domaines et une rente importante. Né en 1775, il est issu d'une illustre famille qui donna de nombreux cardinaux et même un pape, Paul V, élu en 1605. Camillo est le fils de Marcantonio Borghèse, prince éclairé et mécène, connu pour son amour des arts et ses collections de tableaux et de sculptures.
Pauline Bonaparte épouse Borghèse en 1803 à Mortefontaine, chez son frère Joseph. Napoléon en profite pour acheter la collection d'oeuvres d'art de son beau-frère, qu'il destine au musée du Louvre. Très vite; la belle princesse Borghèse se lasse de la vie romaine et elle rentre en France, où elle élit domicile au château de Neuilly. Là, elle tient une sorte de Cour, tandis que son époux, lui, entre dans la Garde consulaire.
En 1804, alors que Pauline loge rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans l'hôtel Charost plus précisément (ce lieu deviendra par la suite le siège de l'Ambassade d'Angleterre en France et la chambre de la princesse Borghèse sera laissée telle quelle), elle doit affronter la mort de son fils David, âgée de six ans seulement et de faible constitution. La même année, elle est obligée d’assister au couronnement de son frère Napoléon, le 2 Décembre et de celui de Joséphine, l'épouse du nouvel Empereur, qu'elle n'aime pas et qu'elle surnomme « la vieille ». Comble de l'ironie, elle est obligée, en compagnie de ses sœurs, qui méprisent elle aussi Joséphine, de porter la traîne de l'impératrice fraîchement couronnée ! Selon André Castelot, qui a consacré un ouvrage à l'impératrice Joséphine, les ex-demoiselles Bonaparte se sont exécutées de très mauvaise grâce et avec une mauvaise volonté qu'elles ne cachaient pas.
Quand son frère devient roi d'Italie en 1806, il élève sa jeune soeur préférée au rang de duchesse et lui donne le titre de duchesse de Guastalla. Elle s'installera alors au Petit Trianon, à Versailles, un pavillon érigé par Louis XV en l'honneur de sa favorite Madame de Pompadour et qui sera habité de nombreuses années par la reine Marie-Antoinette, qui cherchait à fuir la Cour de Versailles.
Pendant ce temps, Napoléon se débat en pleins déboires conjugaux. En effet, il a dû à contrecœur se séparer de Joséphine de Beauharnais, dont il est toujours épris mais qui ne lui donne pas d'enfants. Il choisit alors de la répudier et de se remarier pour enfin donner naissance à un héritier qui assoirait la légitimité des Bonaparte, ainsi que son autorité. Il donne à son ex-épouse le domaine de la Malmaison et se remarie avec une jeune autrichienne, Marie-Louise d'Autriche, archiduchesse de dix-neuf ans et petite-nièce de Marie-Antoinette. Si cette dernière est choisie, c'est pour lier plus étroitement la nouvelle dynastie des Bonaparte aux plus anciennes lignées européennes mais aussi parce que son jeune âge est considéré comme un atout : contrairement à Joséphine, Marie-Louise est tout à fait apte à donner des enfants et surtout des fils, à l'Empereur. Pauline est jalouse de la nouvelle épouse de son frère et se méfie d'elle, ce qui lui vaudra, pendant un temps, d'être en froid avec Napoléon, qui n'approuve pas l'attitude de sa sœur et le lui fait remarquer.
Cependant, les relations de Napoléon et Pauline sont presque indéfectibles, marquées par un lien profond de fidélité et de bienveillance. Il s'entend avec elle bien mieux qu'avec tous ses autres frères et sœurs. Pauline lui rend cette affection et lui reste très fidèle, l'admirant aussi beaucoup. Quand l'Empereur est exilé sur l'île d'Elbe, elle est la seule à lui rendre visite et n'hésite pas à utiliser ses propres économies pour améliorer l'ordinaire de l'empereur déchu. Par exemple, elle lui cède ses diamants, que Napoléon avait près de lui à la bataille de Waterloo et qui ne furent jamais retrouvés. Après les Cent Jours, quand Napoléon est exilé à Sainte-Hélène par les Anglais, Pauline supplie les gardiens de son frère de la laisser partir à son tour pour qu'elle puisse s'occuper de lui mais l'Angleterre refuse.
Pauline choisit de quitter la France. Elle se rapproche de son époux, le prince Borghèse et part vivre avec lui en Italie : elle s'installe à Florence. Mais la santé de la belle Pauline décline rapidement. Cela ne l'empêche pas pour autant de tenter de faire revenir le cercueil de son frère de Sainte-Hélène, ce qui lui vaudra d'ailleurs quelques ennuis.
Elle meurt finalement de maladie, le 9 Juin 1825, à l'âge de quarante-cinq ans et sans descendance : les causes de sa mort ne sont pas connues. Elle aurait peut-être souffert d'une tumeur à l'estomac, comme son père Charles Bonaparte et son frère, Napoléon Ier mais il semble plus probable qu'elle soit morte de tuberculose. Pauline Borghèse aurait peut-être souffert de salpingite, une infection des trompes de Fallope, affection gynécologique grave qui peut, chez une femme jeune, conduire à la stérilité.
Rapatrié à Rome, son cercueil repose désormais dans la chapelle Borghesiana de Sainte-Marie Majeure de Rome.

La beauté légendaire de Pauline est immortalisée par le sculpteur Canova avec sa statue Vénus Victrix datée de 1808
© Le texte est de moi, je vous demanderais donc de ne pas le copier, merci.
Pour en savoir plus :
- Pauline Bonaparte, la fidèle infidèle, Geneviève Chastenet. Biograhie.
- Mémoires inédits de David de Thiais, intendant de la princesse Pauline. Mémoires, souvenirs.
- Pauline Bonaparte : princesse Borghèse, Florence de Baudus. Biographie.