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Le salon des précieuses

[CET ÉTÉ VOYAGEONS EN LIVRES #6] Le Maroc

[CET ÉTÉ VOYAGEONS EN LIVRES #6]

 

Bonjour à tous ! Il est déjà temps de nous retrouver pour notre sixième escale de l'été. Ce samedi, je vous propose de partir explorer le Maroc dans les pas de l'autrice franco-marocaine Leïla Slimani, qui s'est penchée sur l'histoire de son pays et sur ses propres racines dans le duologie formée par Le pays des autres et Regardez-nous danser. 

Le Maroc de Leïla Slimani et l'exploration des racines familiales à l'aide du roman

¤ L'autrice en quelques mots 

Leïla Slimani: «Je viens avec toi. Même si tu ne me l'as pas demandé.» –  Groupe Swiss Life

Née le 3 octobre 1981 à Rabat, Leïla Slimani est la fille du haut fonctionnaire marocain Othman Slimani et de Béatrice-Najat Dhobb Slimani, médecin ORL qui a été la première femme médecin à intérger une spécialité médicale au Maroc. C'est l'histoire des parents de sa mère qu'elle raconte dans Le pays des autres et dans Regardez-nous danser, l'histoire d'un couple mixte dans l'immédiat après-guerre. 
Bachelière en 1999, Leïla Slimani part étudier à Paris, où elle intègre une classe préparatoire au lycée Fénelon, puis elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 2014. Après s'être essayée au métier de comédienne en intégrant le Cours Florent, Leïla Slimani complète sa formation en suivant un cursus à l'ESCP Europe pour se former aux médias. Elle intègre ensuite L'Express puis le magazine Jeune Afrique, dans lequel elle propose des contenus sur l'Afrique du Nord notamment. Elle démissionne en 2012 pour se consacrer à sa carrière littéraire : son premier roman, Dans le jardin de l'ogre, qui traite de l'addiction sexuelle féminine est publié en 2014. Son deuxième roman, Chanson douce, reçoit le Prix Goncourt en 2016. Le premier tome du Pays des autres paraît en 2020. A ce jour, la série compte deux tomes mais devrait être à terme une trilogie. 

¤ Recherches des racines familiales, question de la mixité raciale dans le couple et ode à la tolérance

Nous sommes en 1944, en Alsace : la région est libérée du joug nazie par les troupes françaises, dans laquelle servent des soldats issus des pays de l'Empire colonial. C'est ainsi que la jeune Mathilde rencontre Amine, soldat marocain enrôlé dans l’armée française. Ils tombent amoureux et se marient.

Après la guerre, Mathilde rejoint Amine au Maroc, à Meknès, où désormais ils vont vivre tous les deux et fonder leur famille. Élevé dans une famille marocaine traditionnelle mais influencé par son service dans l’armée coloniale, Amine a des projets, il voit grand. Sa ferme, sur les hauteurs de Meknès, où il s’installe avec sa jeune épouse et dans laquelle bientôt, ils vont élever deux enfants, il veut la faire grandir, la faire concurrencer avec celle des colons.
Quant à Mathilde, qui souhaitait tant quitter l’Alsace, une sœur aînée étouffante, une vie sans beaucoup de relief, elle découvre un pays rude, complexe où, bientôt, elle n’appartiendra ni aux uns, ni aux autres : pour les colons français, elle est celle qui a dérogé, en épousant un indigène. Pour les Marocains, malgré son mariage avec Amine, elle reste la Française, dont l’ennemie et ses enfants des « sang-mêlés ». Et alors que les velléités d’indépendance se font de plus en plus fortes, Mathilde sent bien qu’elle n’est plus vraiment de là-bas et pas vraiment d’ici, d’autant plus que, malgré l’ouverture d’esprit d’Amine, elle se heurte encore à des réflexes traditionalistes très forts.
Ce premier tome du Pays des autres (une suite est déjà publiée chez Gallimard, en grand format) nous emmène donc au Maroc, à la fin des années 1940 puis dans les années 1950, alors que les mouvements pour l’indépendance commencent dans le pays – le protectorat prendra fin en 1956, bien plus pacifiquement qu’en Algérie, même si le pays a connu des émeutes et des attentats.
Les personnages d’Amine et de Mathilde Belhaj sont inspirés de personnages réels, les grands-parents maternels de Leila Slimani, Lakhdar Dhobb, spahi marocain, qui participe à la libération de l’Alsace en 1944 et Anne Ruetsch, originaire du village de Blotzheim, dans le Haut-Rhin. Après la guerre, la jeune Française ira s’installer au Maroc avec son mari, comme Mathilde dans le roman. Elle est l’une des rares non-Marocaines décorée de l'ordre du Ouissam alaouite, une des plus hautes distinctions accordées par le roi du Maroc. C’est donc sa propre histoire familiale, sous couvert de fiction, que raconte ici la romancière.

Dans Regardez-nous danser, les années ont passé, nous sommes à la fin des années 1960 et Amine a réussi, à force de ténacité, à transformer son domaine aride des hauteurs de Meknès en une entreprise rentable. Les Belhaj font maintenant partie d'une certaine petite bourgeoisie prospère et envisagent l'avenir avec sérénité. Pourtant, le Maroc désormais indépendant peine à émerger, entre une société très traditionnelle et la modernité occidentale. Couple mixte, Amine et Mathilde doivent ainsi faire face à des lendemains pas aussi rieurs qu'ils ne l'auraient cru, dans un pays qui doit lécher ses plaies et dépasser la honte de la colonisation. 

Clin d’œil 

¤ Le passé antique du Maroc retrouvé

Volubilis Au Maroc - TraceDirecte

On n'y pense pas souvent, mais le Maroc possède des vestiges antiques particulièrement bien conservés, notamment la cité de Volubilis, dans le nord du pays, réminiscence du passé de territoire romain du pays pendant l'Antiquité. La cité antique est d'ailleurs inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. 

Construite sur le site d'une ancienne ville punico-berbère, Volubilis a été la capitale du royaume de Maurétanie, un royaume couvrant une partie du Maghreb actuel et qui était un Etat client de Rome. La ville se situe sur les bords de l'oued Rhoumane, rivière de la banlieue de Meknès. Occupée jusqu'au début du Moyen Âge, la population abandonna finalement le site romain pour la ville de Moulay-Driss Zerhoun, où repose Idriss Ier, le fondateur de la dynastie des Idrissides. 

Aujourd'hui partiellement découverte et étudiée, la cité de Volubilis émerge très probablement à partir du IIIème siècle av. J-C, à l'époque punique puis se développe rapidement à partir du moment où elle intègre le giron romain. La ville finira par dépasser 42 hectares. 

A la fin du Ier siècle avant notre ère, la ville est notamment fréquentée par le roi numide Juba II, élevé à la romaine et replacé sur le trône de ses pères par Auguste. Son épouse était la fille survivante de Marc-Antoine et Cléopâtre, la princesse égyptienne Cléopâtre-Séléné. 

 

 

 

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