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Le salon des précieuses

Francesca, tome 1, Empoisonneuse à la Cour des Borgia ; Sarah Poole

« La vengeance reste la vengeance, quelle que soit la forme qu'elle prenne. »

Francesca, tome 1, Empoisonneuse à la Cour des Borgia ; Sarah Poole

 

Publié en 2011 aux Etats-Unis ; en 2014 en France (pour la présente édition)

Titre original : Poison : a Novel of the Renaissance 

Editions Pocket

502 pages

Premier tome de la saga Francesca 

Résumé : 

Rome, fin du XVe siècle. Bien plus qu'un art, l'empoisonnement est un véritable métier à la cour des Borgia. Et c'est celui de Francesca, comme de son père avant elle, jusqu'à ce qu'il meure dans la rue, roué de coups. Déterminée à venger son assassinat, la jeune femme prend la charge d'empoisonneuse au service du cardinal Rodrigo Borgia. 
Désormais au coeur des intrigues d'une des familles les plus puissantes de Rome, Francesca devient la confidente de Lucrèce Borgia et l'amante de César. Mais surtout, sa vendetta fait d'elle la pièce maîtresse d'une partie d'échecs immémoriale, dont l'issue pourrait replonger l'Europe dans l'obscurantisme...

Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

Mon Avis :

Bienvenue à Rome, la ville de tous les possibles !
Nous sommes à la fin du XVeme siècle, en 1492 précisément et, entre les murs du château Saint-Ange, pendant qu'en Espagne les Rois Catholiques reconquièrent les terres du sud sur les musulmans et que Christophe Colomb découvre un nouveau continent, le pape Innocent VIII agonise. Terrifié par la mort, le pape cherche par tous les moyens à y échapper, en usant parfois d techniques vaines mais assez horribles et, autour de lui, chacun attend son heure à commencer par le doyen de la Curie, le cardinal Rodrigo Borgia, qui a déjà de peu raté la tiare pontificale et est bien décidé à la ceindre cette fois-ci. Les cardinaux se lancent donc dans une course effrénée au pouvoir suprême, faite de petites manipulations et tractations en tout genre, dans lesquelles ils sont bien susceptibles de laisser quelques plumes. 
Alléchant, non ? D'autres vont aussi peut-être se dire : encore les Borgia ? Mais y'en a marre ! Et pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait penser, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia n'est pas un énième livre sur les Borgia ! Étonnant, non ?
Attendez donc que je vous explique...le narrateur du roman n'est pas un membre de la maison Borgia, mais Francesca Giodarno, jeune femme au service du cardinal à la suite de la mort de son père, empoisonneur officiel du futur Alexandre VI.
Au sein du palais Borgia où se trament tout un tas d'intrigues en vue du prochain et très éventuel conclave, Francesca va se trouver mêlée, de part la mort brutale de son père, au sein d'un complot plus vaste encore et pour lequel peut-être, on l'a fait taire, du moins c'est ce que la jeune femme présuppose. Ayant repris sa fonction près du cardinal, la jeune femme va enquêter, pour tenter de venger son père mais aussi pour tenter de sauver le peuple juif, alors en grand péril au début de la Renaissance.
Je dois dire que j'ai été très étonnée par la tournure et l'étoffe qu'a pris le roman à mesure que j'ai avancé dans ma lecture. Très honnêtement, sans partir avec un a priori négatif, je ne pensais pas que cette trilogie serait de la grande littérature. Attention, soyons clairs : je n'attends pas de la grande littérature à chacune de mes lectures et il n'y a pas besoin de s'appeler Victor Hugo et d'en avoir le talent pour captiver !
Mais je ne m'attendais pas à ce que le roman ait une telle teneur, une telle consistance et surtout, une telle cohérence ! L'auteure a vraiment bossé son sujet et s'est investie dans son bouquin, cela se sent au premier abord, tant dans l'intrigue, soignée que dans les personnages, ciselés et maîtrisés.
J'ai trouvé très judicieux d'aborder l'histoire des Borgia au travers des yeux d'une jeune femme qui, certes fait partie de leur mesnie, mais pas de la famille. Francesca a cependant une position privilégiée puisqu'elle est celle qui peut garantir Rodrigo Borgia et les siens de la mort insidieuse provoquée par les poisons mais aussi la provoquer au besoin. Elle est une alliée précieuse et surtout, elle a accès à un cercle très privé auquel les autres serviteurs ne peuvent prétendre faisant d'elle alors un témoin privilégié.
Un peu comme Kate Quinn dans Le Serpent et la Perle, Sara Poole nous donne aussi une vision très positive des Borgia. Elle nous montre que, certainement comme tout le monde, ils ont été humains et pas seulement dans leurs instincts les plus bas, comme la luxure et la corruption. Dans ce roman, les deux pièces maîtresses de la famille, Rodrigo et son fils César, nous apparaissent sous un jour nouveau, qu'on ne soupconnerait pas mais qui s'avère au final très crédible : ils sont des hommes comme les autres avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces comme leurs faiblesses. Quant à la petite Lucrèce, elle est une adolescente attachante sacrifiée, comme beaucoup de ses semblables, aux ambitions des hommes de sa famille, n'aspirant qu'à devenir une épouse -et à aimer son mari- et une mère. 
Certainement les Borgia ne furent pas plus corrompus ni plus experts en manipulation et en poison que toutes les autres grandes familles de l'époque. Alexandre VI fut cependant l'un des premiers à assumer ce que tout le monde faisait mais taisait discrètement. J'ai aimé cette approche de l'auteure qui nuance et adoucit la légende noire du pape et de sa progéniture. Les Borgia sont vraiment des personnages importants et représentatifs d'une époque, sur lesquels on devrait peut-être se pencher plus souvent.
Ce roman est convaincant. Distrayant et enlevé, il ne nous ennuie pas une seconde. J'ai aimé l'intrigue mais cela ne fait pas tout : la manière dont elle est racontée compte aussi beaucoup et j'ai découvert un style qui m'a plu et donné vraiment envie de continuer et de lire les deux autres tomes composant cette saga. Je me suis attachée au personnage de Francesca, je l'ai vraiment comprise, je ne sais pas pourquoi, mais elle m'a touchée et j'ai trouvé sa détermination dans sa quête effrenée pour trouver la vérité, la paix et venger son père, assez admirable. Le personnage est assez troublé et instable, mais cela ne m'a pas gênée, au final, je l'ai trouvé courageux. Certes, Francesca est un personnage de roman mais il fallut sûrement, en cette époque troublée, bien plus de courage aux femmes qu'aux hommes pour parvenir à se sortir des embûches qui ne manquaient pas de naître sur leur route. 
Au final, ce roman dont je n'attendais rien m'a paru savoureux et il ne tombe pas dans la facilité, ce que j'ai apprécié. Bref, vous l'aurez certainement compris, sans que je m’étende plus : Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia est un roman historique qui a su me séduire de bout en bout. Et bien évidemment je le recommande ! 

En Bref : 

Les + : une intrigue enlevée et bien maîtrisée, des personnages fictifs attachants. Quant aux protagonistes ayant réellement existé, Sara Poole sait vraiment leur redonner vie. 
Les - : 
quelques mots qui, parfois, me sont apparus comme un peu incongrus dans une intrigue censée se passer au XVème siècle, en un mot, un peu trop modernes.

 

 

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L
Je ne peux m'empêcher de penser à la série Borgia que j'ai vu cet été. Du coup, ça me dirait bien de lire ce livre en prolongement. En plus, tu en as pensé du bien. Je me demande déjà comment elle finira car j'imagine que si elle échoue, elle est très mal !
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C
Comme souvent quand je passe chez toi : je note ce titre ! S'il est convaincant, dense et porté par une héroïne intéressante, ça devrait me séduire ! Je ne connaissais pas du tout ! J'espère que la suite sera à la hauteur du début alors !
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S
Merci pour cet avis qui me confirme après en avoir vu d'autres que ce roman pourrait me plaire. Je connais très mal la période de la Renaissance italienne, mais ça m'a l'air passionnant 
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