17 Janvier 2016
« Demain nous courrons plus vite, nos bras s’étendront plus loin... C’est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé. »

Publié en 2008
Date de publication originale aux Etats-Unis : 1925
Date de publication originale en France : 1926
Titre original : The Great Gatsby
Editions Le Livre de Poche
250 pages
Résumé :
Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes. C'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Mille légendes courent sur son compte, qui n'empêchent pas les gens chic -et moins chic- de venir en troupe boire ses cocktails et danser sur ses pelouses. Gatsby le Magnifique joue la carte des folles dépenses pour éblouir Daisy, mariée à Tom Buchanan, un héritier millionnaire. Le jour où l'espoir de conquérir sa bien-aimée s'évanouit, la fête prend fin brutalement...Gatsby le Magnifique est un des romans emblématiques de la littérature américaine du XXe siècle.
Ma Note : ★★★★★★★★★★
Mon Avis :
Nous sommes à New York dans les années 1920. La Grande Guerre est terminée depuis quelques années, et sur le Vieux Continent et aux Etats-Unis, on cherche à s'étourdir et à s'enivrer, après des années terribles. Sur la côte est, la jeunesse dorée passe de fêtes en fêtes et de garden party en garden party. Les maisons sont sublimes, les gens riches, les robes superbes et les filles qui sont dedans ne le sont pas moins.
Nick Carraway, jeune homme d'une trentaine d'années, originaire du Middle West, débarque à New York où il devient agent de change. Il habite une petite maison qui ne paye pas de mine, dans le secteur de Long Island, mais il se trouve qu'il est le voisin d'un homme mystérieux au luxe voyant, vivant dans une maison opulente, toujours pleine d'invités. Cet homme, Jay Gatsby, personne ne sait réellement quoi que se soit sur lui. Mais Nick va vite devenir son ami, du moins l'une des rares personnes ne le fréquentant pas seulement pour son argent et ses fêtes et le jeune homme va vite se rendre compte qu'il serait peut-être bien plus lié à son voisin qu'il ne le pensait, notamment par le biais de sa cousine, Daisy Buchanan, qui vit de l'autre côté du détroit, juste en face de chez Gatsby...et si, justement, ce n'était pas un hasard ? Nick va alors être embarqué dans une histoire peu banale, un véritable tourbillon, dans lequel il va rencontrer une jeune femme qui lui plaît et avec qui il va nouer une fugace relation, mais il va aussi découvrir comment, dans ce monde où l'on est si pressé de vivre, on peut se brûler les ailes aussi rapidement pour ne plus jamais s'en relever.
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Gatsby le Magnifique version 1974 avec Robert Redford dans le rôle titre et Mia Farrow dans le rôle de Daisy (film réalisé par Jack Clayton)
Roman dans lequel surnage un certain relent de déchéance, Gatsby le Magnifique est aussi un portrait gangrené de l'Amérique de l'après-guerre. Car dans l'étourdissement général, la soif de vivre, de faire la fête, d'aimer, l'ivresse n'est jamais loin et les choses les plus sordides non plus. C'est l'Amérique de la Prohibition, quand les nouvelles fortunes voisinent de plus en plus dangereusement avec celles, bien établies, remontant à des décennies. Un peu comme dans Le Guépard, de Lampedusa, où la famille ancestrale doit cohabiter avec l'insolente fortune des parvenus qui sont en train de devenir plus riches qu'eux et qu'elle ne comprend pas. Ici, c'est un peu la même chose. Et si Gatsby représente ces nouvelles fortunes un peu troubles, dont les origines se noient dans des limbes brumeuses qu'il ne ferait peut-être pas bon écarter, il se heurte à la condescendance et au mépris des fortunes installées, comme celle de Tom Buchanan, le mari de Daisy. Le roman va ainsi crescendo, de l'insouciance jusqu'au drame inextricable.
Gatsby le Magnifique est un roman aux qualités littéraires indéniables mais je crois être passée totalement à côté de ma lecture. Je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, le début m'a paru très long et laborieux et ce n'est finalement que sur les derniers chapitres que mon attention a été quelque peu retenue, quand l'histoire gagne en intensité dramatique et donc, en teneur -il en va d'ailleurs de même pour les personnages. D'ailleurs, parlons d'eux. J'ai plutôt apprécié Nick, le narrateur, même s'il reste relativement effacé, si on occulte bien sûr le fait qu'il est omniprésent en sa qualité de narrateur. Pour ce qui est ensuite de toutes les aventures qui arrivent aux personnages principaux, on a plutôt l'impression qu'il y est entraîné de force, jamais de son plein gré. Il est un spectateur un peu impuissant du drame qui se noue doucement entre Gatsby, Tom, la maîtresse de celui-ci...J'ai par contre apprécié Gatsby qui est l'un de ses seuls personnages qui paraisse humain dans cette histoire, avec des failles, un passé un peu trouble voire malheureux dont il a voulu s'émanciper en s'étourdissant dans le luxe et en côtoyant des gens qui, peut-être, le méprisent mais profitent aussi allègrement de ses largesses, lui donnant ainsi l'impression d'être incontournable et aimé. Peu importe ensuite la façon dont il a fait fortune, il y'a quelque chose chez lui de touchant. Il est aussi l'un des seuls personnages dont nous connaissons plus ou moins le passé ; même Nick, le narrateur, ne s'étend pas sur le sien, comme s'il était plutôt pressé de raconter ce qui s'est passé durant son séjour à New York et non pas ce qu'était sa vie à Chicago, avant sa rencontre avec Gatsby, qui est déterminante pour lui, on le comprend vite. Il n'y a donc que Jay Gatsby dont on sait plus ou moins ce qu'a été sa jeunesse et, peut-être pour cette raison il est plus proche du lecteur que les autres. Ses plaies et ses blessures anciennes le descendent aussi de son piédestal. Pour ce qui est ensuite des autres personnages, notamment Daisy et son époux, je ne m'y suis absolument pas attachée car ils m'ont semblé trop superficiels.
Bref ce roman est bon, je ne peux pas le nier. C'est un classique de la littérature américaine, avec une identité propre, ça encore, on ne pas dire le contraire. Mais voilà, je crois qu'il ne m'a pas correspondu. Je ne peux pas dire qu'il ne m'ait pas plu car je ne l'ai pas trouvé déplaisant non plus, mais il ne m'a pas transcendée, il ne m'a pas captivée, il ne m'a pas entraînée. J'ai eu l'impression de lire ce livre de façon mécanique et détachée. Dommage.

La version 2013 avec Leonardo DiCaprio dans le rôle titre et Carrey Mulligan dans le rôle de Daisy (film réalisé par Baz Luhrman)
En Bref :
Les + : des qualités littéraires certaines, notamment le style.
Les - : une histoire un peu trop froide et distanciée, des personnages superficiels auxquels on ne s'attache pas.