Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le salon des précieuses

La saga des Florio, tome 1, Les lions de Sicile ; Stefania Auci

« Alors tous mes efforts ont été inutiles ? Ils n’auront servi à rien ? Travailler, bâtir un empire économique à partir du peu dont je disposais, expérimenter sans cesse, oser courir des risques que personne n’avait jamais pris en Sicile...ce n’est pas encore assez ?
Non.
Un blason. Du sang bleu. La respectabilité. Voilà ce qu’ils exigent.  »

 

 

  Publié en 2019 en Italie 

  En 2022 en France (pour la présente édition)

  Titre original :  I Leoni di Sicilia, La saga dei      Florio 1

  Editions Le Livre de Poche

  640 pages 

  Premier tome de La saga des Florio

 

 

 

Résumé :

 1799. Paolo et Ignazio Florio quittent leur Calabre natale pour s’installer à Palerme. Passionnés, ambitieux, les deux frères et leur famille n’aspirent qu’à une chose : se hisser parmi les puissants de la ville. C’est compter sans le mépris des palermitains qui voient d’un mauvais œil ces étrangers dont « le sang pue la sueur ». À force d’obstination et de volonté, les Florio, en se lançant dans le commerce d’épices, se frayent un chemin qui, un jour peut-être, leur donnera un empire. Mais leur réussite ne les protège pas de drames plus intimes, car Paolo et Ignazio, pourtant unis comme les doigts de la main, aiment la même femme…

Succès phénoménal en Italie, bientôt adapté à l’écran par les producteurs de L’Amie prodigieuse, Les Lions de Sicile ouvre une fresque passionnée et tourmentée, à l’image de cette Italie du Sud qui en constitue le décor.

Ma Note : ★★★★★★★★★

Mon Avis :

1799. Deux frères, Paolo et Ignazio Florio, décident de quitter leur Calabre natale pour tenter leur chance en Sicile. Ils emmènent dans leur sillage tout ce qu’il reste de leur famille : leur nièce Vittoria, orpheline, Giuseppina la jeune épouse de Paolo et leur fils encore enfant, Vincenzo. Peu importe que Giuseppina supporte mal de quitter définitivement sa région natale et que l’aventure sicilienne ne soit alors qu’un obscur projet, sans certitude de succèsles deux frères Florio ont foi en leur rêve, celui d’ouvrir une boutique d’épices et d’herbes médicinales. Mais si la Sicile est une terre cosmopolite et accueillante, il n’en est pas de même pour ses habitants qui voient d’un mauvais œil arriver ces énièmes ambitieux calabrais. Jamais les Florio ne parviendront à se faire une place à Palerme, où ils s’installent, même lorsque leur boutique commence à croître et à connaître le succès : les commerçants historiques de Palerme ne cesseront jamais de les considérer comme les « gars de Bagnara » du nom de la localité calabraise dont ils sont originaires ou même, plus méchamment « d’hommes de peine ». Leur réussite fait mal aux palermitains mais pourtant, Paolo et Ignazio n’abandonnent pas malgré les revers et l’hostilité à peine masquée et, après la mort du premier, Ignazio reprend seul les rênes de la maison Florio et forme son jeune neveu Vincenzo, qui sera à l’origine de l’empire Florio, développant non seulement l’apothicairerie de son oncle et son père mais se lançant aussi dans le commerce maritime, l’exploitation de madragues et autres spéculations qui l’enrichissent et font de lui un personnage de premier plan. Homme d’affaires génial mais aussi cynique, Vincenzo Florio sera celui qui diversifiera les activités de l’entreprise crée à la fin du XVIIIème siècle par son père et son oncle et la fait entrer de plain-pied dans l’époque moderne.
En parallèle, on découvre toute l’histoire de la Sicile de 1799 jusque dans les années 1860 et la maison Florio se développe au rythme des périodes de prospérité mais aussi d’instabilité politique que traverse l’île – et une bonne partie de l’Europe – dans la première moitié du XIXème siècle.
Saga familiale et historique, presque une fresque à lui tout seul puisque ce premier tome couvre près de soixante-dix ans, Les lions de Sicile donne le coup d’envoi de la trilogie La saga des Florio, de l’autrice italienne Stefania Auci. J’attendais beaucoup de ce roman qui, je dois le dire, ne m’a pas donné exactement ce que j’attendais ou, du moins, pas tout ce que j’en attendais. Cette lecture n’a pas été une déception mais je n’ai pas non plus autant aimé que je l’aurais souhaité. Ce qui m’a beaucoup manqué, c’est de ne pas être parvenue à m’attacher aux personnages. A l’exception d’Ignazio, l’oncle de Vincenzo et de Giulia son épouse, je n’ai pas été touchée par eux. Vincenzo, malgré son génie de l’entreprenariat, son ambition et sa réussite – tout ce qu’il touche semble se transformer en or –, est trop cynique pour moi et ne m’a pas touchée, malgré des blessures d’enfance qui le rendent un peu plus humain. Enfin, j’ai trouvé aussi quelques longueurs mais au vu de la densité du récit, je me dis qu’on ne peut pas réellement y échapper et que c’est donc un moindre mal.
Pour moi, le point fort principal de ce premier tome, c’est sans nul doute le contexte historique : l’histoire de la Sicile n’est pas forcément connue et se confond un peu avec celle de l’Italie aujourd’hui alors que pendant longtemps, les deux royaumes ont avancé dans la même direction, qui conduirait au milieu du XIXème siècle à la réunification de tous les états italiens sous la bannière de Victor-Emmanuel Ier. Île cosmopolite, tour à tour aux mains des Arabes puis des rois Normands (les Hauteville) avant de devenir une terre espagnole gouvernée à la fin du XVIIIème siècle par des rois Bourbons issus de la branche espagnole de la famille, la Sicile est une île au riche passé. Située entre l’Europe et l’Afrique du Nord, ensoleillée et opulente, elle semble aux carrefours de différentes cultures, de différentes histoires. J’ai vraiment apprécié de découvrir ce contexte historique des plus passionnants et qui, comme dans toute saga familiale et historique, vient nourrir le propos et le récit romancé.
Bref, si Les lions de Sicile n’est pas une complète réussite pour moi, je n’en ressors pas pour autant déçue, bien au contraire et j’ai maintenant envie de découvrir la suite qui sera centré sur les descendants de Vincenzo Florio et Giulia Portalupi. Il y a quelque chose de chaud et d’ensoleillé dans ce roman qui sent bon les agrumes et la mer. Une parfaite lecture estivale.

En Bref :

Les + : un contexte historique passionnant, une saga familiale qui utilise avec cohérence et habiletés les ficelles du genre.
Les - :
des longueurs et, malheureusement, des personnages peu attachants, à l'exception de quelques-uns d'entre eux, dommage.
 


La saga des Florio, tome 1, Les lions de Sicile ; Stefania Auci

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article