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Le salon des précieuses

Le tournesol suit toujours la lumière du soleil ; Martha Hall Kelly

« La seule chose qui compte, c'est la liberté. »

Couverture Le tournesol suit toujours la lumière du soleil

 

 

       Publié en 2021 aux Etats-Unis

   En 2022 en France (pour la présente édition)

   Titre original : Sunflower sisters

   Éditions Pocket

   696 pages

 

 

 

 

 

Résumé :

Etats-Unis, printemps 1861, en pleine guerre de Sécession. 
A New-York, Georgeanna Woolsey va à l'encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s'engage comme infirmière sur les champs de bataille. Jemma, jeune esclave d'une propriété du Maryland, se retrouve face à un choix cruel : saisir l'occasion inespérée de s'échapper ou demeurer auprès des siens. Quant à Anne-May, qui mène d'une main de fer la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l'exposer à un terrible sort...En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s'effondrer, ces trois femmes vont décider de défier les règles que le monde leur impose. 

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

1861 : la guerre de Sécession démarre, plongeant les Etats-Unis dans les affres de la guerre civile, le Nord abolitionniste (l’Union) s’opposant au Sud esclavagiste (la Confédération). Dans ce contexte trouble et violent, des destins se révèlent, notamment celui de femmes…ici, nous en suivrons trois : Georgeanna Woolsey, jeune new-yorkaise fortunée qui décide, ainsi que sa mère et ses sœurs, de faire sa part en devenant infirmière. Elle devra supporter stoïquement le mépris des médecins masculins et fera son baptême du feu sur le champ de bataille peut-être le plus célèbre de la guerre de Sécession, Gettysburg (1er - 3 juillet 1863). Nous suivrons également Jemma, une jeune esclave dans une plantation de tabac du Maryland, qui ne cherche que la liberté et la reconnaissance et sa maîtresse, Anne-May, originaire de Louisiane, esclavagiste convaincue et dont l’ambition dévorante la fera flirter avec les eaux troubles de l’espionnage, au risque de tout perdre.
Suivant le schéma qui a fait son succès dans Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux (Seconde guerre mondiale) et Un parfum de rose et d’oubli (Première guerre mondiale et Révolution russe), Martha Hall Kelly nous offre un roman historique et rythmé, dans lequel trois femmes se retrouvent sur le devant de la scène au milieu d’un contexte complexe et éprouvant. A nouveau, la romancière fait la part belle à une figure un peu plus sombre, ici l’esclavagiste Anne-May, que l’on peut rapprocher de Herta, la médecin nazie du Lilas… et de Varinka, la jeune paysanne russe de Un parfum de rose… qui fera de mauvais choix pour se protéger, au risque de plonger dans l’illégalité. Née en Louisiane où l’esclavage est fortement implanté et absolument pas remis en question (l’Etat de Louisiane est d’ailleurs réputé pour le traitement violent que les planteurs infligent à leurs esclaves dans les plantations de coton), Anne-May hérite d’une belle propriété dans le Maryland qui, au moment où la guerre civile éclate, se trouve un pied dans l’Union et un autre dans la Confédération…redoutant de perdre son train de vie et la main d’œuvre gratuite offerte par les esclaves, Anne-May fera les mauvais choix tandis que, en parallèle, nous suivons la famille Woolsey fermement abolitionniste et la jeune Jemma, qui offre le point de vue de l’esclave ne souhaitant qu’une chose : la liberté pour elle et pour les siens, après avoir souffert dans l’enfer d’une plantation sous la férule d’une maîtresse brutale et d’un contremaître sadique.
J’ai lu les deux précédents tomes en décembre 2021 et en mai dernier : si j’avais raisonnablement aimé Un parfum de rose et d’oubli, qui n’a cependant pas été un coup de cœur, j’ai frôlé ce dernier avec Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, qui nous emmène en plein cœur de la Seconde guerre mondiale, entre les Etats-Unis, la Pologne et le camp de concentration féminin de Ravensbrück.
Des trois, je dirais que Le tournesol suit toujours la lumière du soleil est celui qui m’a le moins plu…je n’ai pas été déçue mais de nombreuses longueurs dans la dernière partie du roman ont un peu, je l’avoue, parasité mon rythme de lecture : alors que j’ai trouvé les trois cents premières pages rythmées et assez haletantes, j’ai eu l’impression que le rythme retombait un peu après, le roman se perdant alors dans des longueurs un peu superflues… je m’attendais aussi à ce que le conflit soit bien plus au centre du récit : alors certes, on suit brièvement Georgy et d’autres personnages à Gettysburg ou dans des hôpitaux militaires où l’on découvre, grâce à des descriptions assez fines, l’exercice de la médecine dans des conditions de guerre et le quotidien des infirmières, souvent soumises au mépris et à la condescendance des médecins et de leurs homologues masculins, qui les considèrent plus comme des cailloux dans leur chaussure que de véritables professionnelles, mais j’avoue être restée un peu sur ma faim.

LA BATAILLE DE GETTYSBURG | Le site de l'Histoire | Historyweb

La bataille de Gettysburg oppose les troupes de l'Union et celle de la Confédération en Pennsylvanie, au début du mois de juillet 1863


Ces longueurs m’ont donné un sentiment d’inégalité, d’autant plus que le rythme monte crescendo et redescend brutalement. En soi, ce n’est pas dramatique car j’ai passé un bon moment avec cette lecture qui aborde plein de sujets intéressants et importants (notamment la maltraitance subie par les esclaves dans les plantations qui, à l’instar des expérimentations médicales dans les camps nazis ne devraient pas sombrer dans l’oubli – par son œuvre, Martha Hall Kelly participe ainsi au devoir de mémoire et c’est tout à son honneur) mais j’aurais aimé rester captivée jusqu’à la fin, d’autant plus que le roman, comme ses deux prédécesseurs, est basé sur des événements authentiques et met en scène des personnages ayant existé (notamment les sœurs Woolsey, dont la cadette, Caroline, sera la mère et la grand-mère des héroïnes d’Un parfum de rose et d’oubli du Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux).
Bref, je ressors de cette lecture malheureusement pas pleinement convaincue mais pas déçue pour autant, ce qui est l’essentiel. Cette trilogie centrée sur les femmes Ferriday et Woolsey, connues pour leurs engagements philanthropiques tout au long du XIXème siècle et de la première moitié du XXème, mérite d’être connue et c’était vraiment une bonne idée de la romancière de les mettre ainsi en avant, dans une saga historique mêlant habilement faits historiques authentiques et épisodes imaginaires. Les amoureux de sagas historiques et féminines y trouveront probablement leur compte.

 

 

Photographie d'infirmières et de responsables de la U.S Sanitary Commission en 1864 en Virginie

En Bref :

Les + : une saga historique, féminine et familiale captivante, mettant en scène des personnages contrastés et bien traités, avec une psychologie fine et personnelle... 
Les - :
beaucoup trop de longueurs dans la dernière partie du roman, c'est dommage car cela casse le rythme qui s'était instauré au départ.

 


Le tournesol suit toujours la lumière du soleil ; Martha Hall Kelly 

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

 

  • Envie d'en savoir plus sur les romans de Martha Hall Kelly ?

Découvrez mon avis sur Un parfum de rose et d'oubli juste là.

Et mon billet sur Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux, qui fut presque un coup de cœur, juste ici.

 

 

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