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Le salon des précieuses

Les douze classiques qui ont marqué ma vie de lectrice

 

 

 

Coucou tout le monde !

Je reviens aujourd'hui pour un nouvel article thématique, qui tournera autour des classiques. Genre littéraire que j'affectionne tout particulièrement, les classiques font partie intégrante de ma vie de lectrice et ce, depuis très longtemps. Je crois que je peux même dire que c'est grâce à eux que j'ai opéré une réelle transition entre les lectures jeunesse du collège, par exemple, à des lectures plus adultes. Je ne les ai plus jamais quittés, même si j'en lis beaucoup moins qu'avant, il est vrai. Ils ont quand même gardé une place spéciale.
J'ai eu l'idée de cet article parce que cet été, cela fera dix ans (déjà !) que j'ai vraiment découvert Zola, grâce à son roman L'Assommoir, dont mon prof d'Histoire de l'époque nous avait parlé. J'ai lu ce roman et j'ai eu une révélation. Je n'ai plus jamais délaissé Zola et j'ai découvert, de là, d'autres romans et d'autres auteurs.
Un petit tour d'horizon de ces classiques qui m'ont marquée...

 

Les douze classiques qui ont marqué ma vie de lectrice

Madame Bovary, Gustave Flaubert (1857)

Madame Bovary fait partie de ces rares lectures scolaires que j'ai aimées. Il y'en a peu et ce roman se distingue tout particulièrement. Je ne peux pas expliquer ce qui m'a plu, ce qui m'a parlé mais je l'ai relu par la suite : deux fois, et j'ai ressenti la même chose. La qualité littéraire est là, bien sûr, mais il y'a autre chose. 

Tout le monde connaît l'histoire d'Emma Bovary, qui inspire encore, notamment le cinéma. Jeune normande naïve, la tête farcie des romans d'amour qu'elle lit en permanence, elle ne cessera de chercher dans sa propre vie ce romanesque qu'elle aime tant et qu'elle ne trouvera jamais, ce qui est son drame d'ailleurs. Elle va connaître une véritable descente aux enfers, jusqu'à l'irréparable. Le destin d'Emma Bovary a quelque chose de tragique et irrémédiable, qui m'a toujours plu et effrayée, quelque part.

 

L'Assommoir, Emile Zola (1877)


Si j'avais su, à l'été 2008, quand j'ai acheté ce livre par hasard, que j'allais tomber amoureuse d'un auteur, d'une plume, d'un univers ! Parfois, un coup de coeur, ça tient à peu de choses. Je suis certainement l'une des rares à avoir aimé L'Assommoir...Dites-moi que je ne suis pas la seule, s'il vous plaît ! L'histoire, terrible, de Gervaise, m'avait horrifiée, parce que ce XIXème siècle miséreux et violent que décrit Zola n'est finalement pas si éloignée de nous que cela. Le roman est dur, terrifiant mais tellement dense. Une vraie claque.
Je ne l'ai jamais relu. Cela va faire dix ans et pourtant, j'en garde un souvenir énormément précis, alors que certaines lectures plus récentes ne m'ont pas autant marquée. Cette lecture m'a donné envie de découvrir les autres romans des Rougon-Macquart, ce que j'ai fait. Je les ai lus entre 2008 et 2009...Et maintenant, je les relis. Non seulement ils me rendent nostalgique parce qu'ils me rappellent des souvenirs, mais ce sont aussi des livres tellement plaisants : un thé, un plaid, un feu de cheminée, un Zola...Pour moi, c'est un monde parfait.

 

La Faute de l'Abbé Mouret, Emile Zola (1875)


Voilà certainement, sur les vingt romans qui composent la saga Les Rougon-Macquart, celui qui m'a le plus touchée, qui a fait le plus écho en moi. Pastiche de l'Eden ou de Roméo et Juliette, au choix, La Faute de l'Abbé Mouret m'avait émerveillée et fait vibrer. L'histoire d'amour, bien que tragique, qui est au centre du récit, est certainement l'une des plus belles de la littérature française. Je ne me suis jamais autant attachée à un duo : j'ai une affection toute particulière pour Serge, jeune abbé torturé par un amour instinctif qu'il voue à la Vierge Marie et par sa conscience religieuse et pour Albine, la jeune sauvageonne qui vit comme dans un jardin d'éden immaculé, au sein du domaine du Paradou. Comme pour L'Assommoir, je garde de ce roman un souvenir extrêmement fort et que je retrouve chaque fois que je le relis. Je crois que je l'ai relu déjà trois fois. Et je le relirai très certainement, dans un avenir plus ou moins proche.

 

 Les Misérables, Victor Hugo (1862)


Une autre émotion d'été... L'été 2007, cette fois. J'étais encore au lycée, j'aimais lire, mais beaucoup moins qu'aujourd'hui. Je crois que j'avais à l'époque perdu énormément de plaisir à la lecture parce que je me consacrais surtout à des lectures imposées et ça n'a franchement pas la même charme. Je n'ai jamais lu Les Misérables au collège ou au lycée et je remercie mes professeurs de n'en avoir jamais eu l'idée ! J'ai ainsi pu découvrir ses romans toute seule, quand j'en ai eu envie. Et ce fut une véritable révélation. J'ai lu les quatre tomes en un mois. Cette histoire est magistrale, tant sur le fond que sur la forme : une somme de personnages extraordinaires, qu'on ne présente plus et qui est aboutie et ciselée juste ce qu'il faut, un contexte qui, pour nous, est historique et nous apparaît dans toute sa grandeur, sa violence et sa beauté. J'avoue m'être un peu ennuyée au début du deuxième tome : cents pages pour décrire la bataille de Waterloo, c'est un peu long, quand même...mais une vague impulsion m'a toujours poussée à aller plus loin et j'ai bien fait. En plus, je crois que je suis un peu tombée amoureuse de Marius, au cours de ma lecture ! En général, quand on me demande quels sont mes classiques préférés, Les Misérables me viennent tout de suite en tête. Ils ne font pas naître la même émotion chez moi que les Zola, donc en général, je les classe ex-aequo, mais il est vrai que cette saga est magistrale. 

 

Germinal, Emile Zola (1885)

 

Impossible de ne pas citer ce roman. Celui-là, je l'ai découvert en Seconde, mais d'abord en version abrégée. Ca m'avait plu mais très vite, j'ai eu envie de lire le roman intégral. Et quelle claque ! Zola est magistral dès qu'il s'agit de décrire la société de son époque : il n'est pas naturaliste pour rien. Et je crois qu'il est particulièrement doué pour décrire les plus déshérités, les ouvriers, les paysans...Ici, au travers des yeux d'Etienne Lantier, l'un des fils de Gervaise, c'est le monde terrible des mines de charbon qui est décrit au lecteur. Ce roman industriel, dans lequel est abordé la lutte des classes mais aussi beaucoup d'autres sujets, est pour moi l'un des meilleurs de notre littérature et il est à lire, ne serait-ce que pour se rappeler ces mineurs de fond qui souvent ont laissé leur vie dans les galeries souterraines et ont permis à l'industrialisation de perdurer et de se développer. 

 La Terre, Emile Zola (1887)


Quelle appréhension j'avais en démarrant cette lecture. J'avais cherché des infos dessus un peu avant et je savais que cette lecture serait extrêmement violente : la vie des paysans à l'époque, avant la mécanisation, était encore extrêmement difficile. Mais c'est aussi toute la violence d'une communauté, fruste, sans éducation, mal dégrossie, en somme. Zola ne fait pas dans le bon sentiment et on le lyncherait aujourd'hui pour avoir décrit de cette manière le monde de la terre ! Et pourtant... ce qu'il décrit n'était peut-être pas si éloigné de certains villages isolés. A travers le personnage de Jean Macquart, frère de Gervaise et qu'on retrouvera ensuite dans La Débâcle, c'est une paysannerie presque barbare que décrit l'auteur, avec peut-être un peu d'exagération parfois mais sans aucune concession.

 

 La Reine Margot, Alexandre Dumas (1845)


Mon premier Dumas, qui m'a fait découvrir le souffle, la verve, l'énergie du style de l'auteur ! On ne présente pas la reine Margot, fille d'Henri II et Catherine de Médicis, présentée ici comme une princesse sulfureuse collectionnant les amants et ayant même, peut-être, des relations dégénérées avec ses propres frères. Dumas a participé à véhiculer des idées fausses sur bien de nos personnages historiques. Et pourtant... lire Dumas, c'est tellement...extraordinaire ! Ce qu'il écrit ne vaut rien historiquement parlant mais... alors ! Quel souffle et quelle qualité ! Je n'ai jusqu'ici, jamais été déçue !

 

 Salammbô, Gustave Flaubert (1862)


Voilà un classique très particulier et dont je garde encore un excellent souvenir (même si je serais, là maintenant tout de suite, incapable de me souvenir en quelle année je l'ai lu). Flaubert nous décrit un monde onirique, celui de la princesse carthaginoise Salammbô. Le roman prend corps dans une Antiquité un peu imaginaire et sublimée mais qui a su me séduire. J'ai eu l'impression de lire un conte des milles et une nuits, plein de rêve. 

 

 Jane Eyre, Charlotte Brontë (1847)


Jane Eyre fut une révélation à retardement. Il m'a fallu énormément de temps pour me plonger dans ce livre. Le début, je me souviens, m'avait mise extrêmement mal à l'aise. J'ai démarré ce livre un matin, avant d'aller en cours. J'étais en fac alors et je reprenais petit à petit un vrai rythme de lecture, avec des livres qui me donnaient vraiment envie et qui n'étaient pas des lectures obligatoires. L'histoire, puissante, de Jane Eyre, m'a beaucoup plu mais elle m'avait tourné dans la tête toute la journée après avoir en avoir lu ces premiers chapitres qui m'avaient si perturbée ! Charlotte Brontë est la première des soeurs que j'ai lues et son univers ainsi que sa plume m'avaient parlé. L'histoire de Jane et de Mr. Rochester est sublime et tellement forte ! Une très bon souvenir.

 

Une Vie, Guy de Maupassant (1883)


Avec Maupassant, au départ, ça n'a pas passé. J'avais dû lire Le Horla pour les cours, au collège et j'avais laissé tomber cette lecture, qui m'avait fait peur et ne m'avait absolument pas parlé, faute certainement d'explications. Je n'ai lu Une Vie que bien plus tard. C'était en 2013. Je savais qu'on était loin du fantastique du Horla, loin de cet univers un peu torturé qui m'avait effrayée. Avec Une Vie, on revenait à ces classiques réalistes qui me plaisent beaucoup et, effectivement : j'ai été très agréablement surprise et j'ai fait une très belle découverte, même si l'intrigue n'est pas évidente, avec ce couple qui se délite lentement, entraînant dans son sillage les inévitables ressentiments, humiliations et désillusions.

 

Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas (1844 - 1846) 


Avec Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas expérimente un genre vraiment particulier. Il délaisse l'historique pour nous livrer un roman étrange, qui serait presque un conte oriental et surtout, une lente et machiavélique variation sur la vengeance. Son talent ne se dément pas ceci dit et c'est avec beaucoup de curiosité et de plaisir que je me suis lancée, moi aussi, à la suite d'Edmond Dantès, entre les salons parisiens, les belles maisons bourgeoises où il se passe souvent les choses les plus laides, les cellules du château d'If et les merveilles de l'île de Monte-Cristo, en pleine Méditerrannée.

 

 Les Liaisons Dangereuses, Pierre Choderlos de Laclos (1780)


L'amoureuse du XVIIIème siècle que je suis ne pouvait pas ne pas parler de ce roman. Découvert au lycée, le célèbre roman de Laclos m'avait laissée de marbre. Je l'ai relu l'an dernier, avec dix ans de plus, une expérience de lectrice plus importante. Et je me suis délectée de bout en bout, parce que ce roman représente si bien et à lui seul ce que fut le XVIIIème siècle, tout en contrastes et en paradoxes. Qui ne connaît pas la perfide Merteuil, le non moins roué Valmont, la naïve Volanges, la prude Tourvel, l'amoureux Danceny ? Si cette lecture a été très laborieuse la première fois et m'avait laissée relativement indifférente la première fois, j'en ai bien mieux pris la mesure la deuxième fois et cela, pour mon plus grand plaisir, découvrant non seulement un auteur mais aussi un style comme on n'en fait plus. 

 

 

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L
Ton article me permet de remarquer deux choses : d'abord, que tu adores Zola (je le savais déjà). Il est mentionné de nombreuses fois dans ton top. D'ailleurs, il me semble que tu avais recommencé à les relire il y a un ou deux ans non ? Ensuite, que les lectures marquent certaines périodes de nos vies. Tel roman lu en été au collège... Cela me fait pareil pour les chansons !<br /> Et puis je vois aussi que bien que littéraire, au sens où tu lis quotidiennement, les lectures obligatoires ne t'ont pas enchanté dans ton enfance. Pour ma part, j'ai rarement détesté mes lectures scolaires et j'ai peu eu à me plaindre (même si aujourd'hui je remarque qu'on me faisait peu lire de femmes de lettres et je ne me remets pas des Mémoires de De Gaulle au programme de Terminale L).<br /> Si je devais faire un top comme toi, toutes mes lectures se battraient entre elles pour les premières places. Donc je serai bien incapable de donner un ordre mais comme toi, des classiques m'ont marqué. "Au bonheur des dames" d'Émile Zola notamment. Une découverte de l'origine des grands magasins, qui m'a permis de faire un parallèle avec la société d'aujourd'hui. Un bijou ! J'aime aussi beaucoup "La Princesse de Clèves", les pièces de Molière, de Racine, Stendhal... Les classiques sont ce que je préfère par dessus tout. Je me suis d'ailleurs mise très tard à lire des contemporains.<br /> Cependant, je me faisais la réflexion pas plus tard qu'aujourd'hui que j'en lis beaucoup moins. Il faut dire qu'en ce moment je ne lis pas de roman (c'est mal parti pour mon Challenge des 12 Thèmes ! Tu ne m'en voudras pas si je rate quelques mois ? Je suis dans une sorte de panne de lectures depuis deux mois - fait très rare - et en même temps j'ai tellement de magazines ou journaux à lire que ces lectures-ci m'accaparent). Je n'ai plus de cours de lettres depuis un an, ce qui peut peut-être l'expliquer. Mais, pourtant, j'aime tellement les classiques ! Est-ce que cela signifie que les classiques sont uniquement liés à des études littéraires et qu'en grandissant on s'en éloigne (cette c'est horrible si c'est le cas) ? Et toi, tu as des explications du fait que tu lis moins de classiques ?
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K
Cette petite liste de classiques me donne envie de me plonger dans certains livres que je dois lire depuis longtemps. Comme toi, les lectures imposées au lycée ont considérablement ralenti mon rythme de lecture (ma prof de seconde m'a dégoûté de la lecture pendant une année entière, alors que je lisais depuis toute petite, je n'ose même pas imaginer ce qu'il en est pour ceux qui n'aiment pas particulièrement la lecture). Dans cette liste, j'ai lu Madame Bovary, Jane Eyre, Les liaisons dangereuses et Une vie. J'ai découvert Les liaisons dangereuses au lycée et mon amour pour ce roman épistolaire n'a pas faibli depuis ! J'ai beaucoup aimé Une vie, même si on souffre pour l"héroïne pendant toute la durée du roman. Jane Eyre est évidemment un énorme coup de coeur de ma vie de lectrice. J'ai préféré Madame Bovary à L'éducation sentimentale, mais c'est sûrement parce que j'étais un peu trop jeune pour lire le second (j'étais au lycée). <br /> J'ai eu une véritable révélation pour Zola. Je ne l'ai pas étudié en cours, à mon grand regret, car je suis tombée amoureuse de sa plume. Du coup, j'ai commencé la saga des Rougon-Macquart (dans l'ordre parce que c'est une manie de lire dans l'ordre chez moi XD). Pour le moment, je n'ai lu que La Fortune des Rougon et La curée et j'ai adoré. J'ai vraiment découvert un auteur, une plume, une époque également. A tel point que je me suis procurée une biographie de Zola, ainsi que ses correspondances avec sa femme, mais aussi avec sa maîtresse. J'ai donc hâte de découvrir la suite de cette saga :)
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Z
Quand je vois ce genre de listes, je me rends compte à quel point j'ai du retard en ce qui concerne les classiques.... dans ta liste, je n'en ai lu qu'un seul (!!!) Jane Eyre et encore il y a pas longtemps... J'ai lu des classiques surtout au collège et au lycée et en lectures plaisir, je lisais d'autres choses, même si j'ai aimé des classiques, il y avait un petit côté scolaire et contraint qui me déplaisait.<br /> Aujourd'hui, j'essaye de rattraper mon retard mais c'est pas facile il y a tellement de livres qui m'attirent et ça dans tous les genres !! ;-)
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C
Je partage ton avis sur Germinal, Les liaisons dangereuses, Jane Eyre (évidemment !) ! Trois livres que j'adore plus que tout !<br /> J'aimerais beaucoup lire La reine Margot et Le comte de Monte Cristo.<br /> Dans mes classiques chouchous il y a les trois cités au dessus mais sans doute aussi Le Petit Chose d'Alphonse Daudet. Je ne sais pas pourquoi mais je suis folle de ce roman. Anna Karénine compte aussi beaucoup beaucoup pour moi !
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