18 Décembre 2022
« Ce n'était pourtant pas faute de souligner tout ce que la chose aurait eu de désirable. Du fond de son âme, elle soupirait après les charmants plaisirs que sont les branches de houx et les mince-pies. »
Publié en 2022
Date de publication originale : 1876
Titre original : Christmas at Thompson Hall
Éditions RBA (collection Romans Éternels)
325 pages
Résumé :
Depuis son mariage, lequel avait été contracté près de huit ans auparavant déjà, jamais Mrs Brown n'avait passé Noël en Angleterre. Ce n'était pourtant pas faute de souligner tout ce que la chose aurait eu de désirable. Du fond de son âme, elle soupirait après les charmants plaisirs que sont les branches de houx et les mince-pies. Il y avait toujours eu des réunions de famille à Thompson Hall, même si elles n'étaient pas aussi spéciales, ni aussi importantes pour le clan tout entier que celle qui allait bientôt rassembler tous ses membres. Plus d'une fois, elle avait exprimé le souhait de vivre encore une fois un de ses Noël d'antan dans la demeure ancestrale, parmi tous les visages aimés. Mais son mari avait toujours argué d'une certaine faiblesse de sa gorge et de sa poitrine pour justifier leur séjour ininterrompu au milieu des délices de Pau. Année après année, elle avait cédé, mais soudain cet appel impérieux leur était parvenu...
Ma Note : ★★★★★★★★★★
Mon Avis :
Souvent comparé à Dickens, son contemporain, Trollope est l'un des romanciers britanniques de l'époque victorienne les plus connus. Et pourtant, en France, on a plus lu Dickens que Trollope, dont la bibliographie est pourtant particulièrement prolixe.
La publication dans la collection des Romans Éternels du recueil Noël à Thompson Hall, rassemblant quatre nouvelles dont l'une a donné son titre au recueil, était donc un bon moyen de découvrir cet auteur dont je n'avais fait la connaissance avec l'oeuvre qu'au travers de l'adaptation cinématographique de l'un de ses romans, Le Docteur Thorne, publié en 1858 et qui fait partie des Chroniques du Barsetshire, cycle romanesque publié entre 1855 et 1867.
Si la première nouvelle nous plonge en effet dans l'effervescence d'une veille de Noël (Mr et Mrs Brown, invités à fêter Noël à Thompson Hall, le domaine familial, doivent traverser la France pour arriver à temps à Londres...mais rien ne va se passer comme prévu), les trois autres (La Fille du télégraphe, Alice Dudgale et Les deux héroïnes de Plumplington) ne mentionnent pas ou très peu la périodes des fêtes de fin d'année. Titre mensonger, me direz-vous ? On aurait pu s'attendre à un titre un peu racoleur des éditions RBA mais non, ce n'est pas le cas, puisque ce recueil est bien publié sous ce titre-là en 1876.
Est-ce que cela m'a gênée ? Pas le moins du monde. Je pense que j'aurais apprécié de lire quatre nouvelles sur le thème de Noël, comme j'ai apprécié ici, de découvrir les quatre nouvelles présentées sans que Noël ne soit un fil conducteur des quatre récits.
J'ai apprécié l'humour contenu dans Noël à Thompson Hall, qui pourrait rappeler un peu une comédie familiale contemporaine, alors que le réveillon approche dangereusement et que rien, pour les protagonistes, ne se passe comme prévu.
J'ai aimé aussi les réflexions sur le mariage et la place qu'il occupe dans la société victorienne et l'importance que revêt un beau mariage pour les jeunes femmes du XIXème siècle, qui sont au centre de Alice Dudgale et Les deux héroïnes de Plumplington. La Fille du télégraphe est peut-être la nouvelle qui m'a le moins captivée, même si le dévouement amical d'une jeune femme pour sa jeune amie et collègue qui ne semble peut-être pas mériter autant de désintéressement, véhicule malgré tout un assez beau message.
Dans Alice Dudgale et Les deux héroïnes de Plumplington, je me suis parfois plu à retrouver une plume proche de celle, mordante, fine et ironique, d'une Jane Austen. Le style est dynamique et sautillant et même si, comme je le disais plus haut, Noël n'est peut-être pas aussi présent qu'on pourrait l'escompter, ce recueil se lit avec beaucoup de plaisir et d'intérêt et c'était un plaisir de découvrir cet auteur dont je ne connaissais rien.
Parce que Noël est une période propice à la lecture des classiques, je suis assez contente d'avoir trouvé et pris le temps de lire ce recueil qui m'a agréablement surprise.

Le Noël victorien, en Angleterre, est fortement inspiré de la tradition germanique, avec notamment le sapin décoré et illuminé
En Bref :
Les + : un classique victorien qui aborde au travers de quatre nouvelles, des thèmes aussi variés que les fêtes de fin d'année, le mariage, le rang social et l'amitié.
Les - : pas vraiment de points négatifs à soulever, c'était une belle découverte.
