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Le salon des précieuses

Schuyler Sisters, tome 3, Une maison sur l'océan ; Beatriz Williams

« C'est drôle, les choses ne se passent jamais comme on l'imagine. Même les choses qu'on a voulues pendant des années. »

Couverture Une maison sur l'océan

 

 

       Publié en 2015 aux États-Unis

   En 2019 en France (pour la présente édition)

   Titre original : Along The Infinite Sea

   Éditions Pocket

   576 pages

   Troisième tome de la saga Schuyler Sisters

 

 

 

 

  Résumé :

Etats-Unis, 1966. Pepper Schuyler vient de vendre aux enchères son dernier bien de valeur : une Mercedes de collection. Pour le bébé qu'elle attend, pour repartir de zéro sans dépendre de personne, Pepper avait besoin de cet argent. Poussée par la curiosité, la jeune femme rencontre la mystérieuse acheteuse qui a déboursé une somme folle pour la Mercedes.
Vingt-huit ans plus tôt, Annabelle Dommerich, célèbre violoncelliste, fuit l'Allemagne nazie à  bord de cette voiture et laisse une partie de son coeur à l'intérieur...
En se livrant leurs secrets, les deux femmes se lient d'amitié et y puisent la force qui leur permettra d'affronter le passé.

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

Quel plaisir de retrouver encore une fois Beatriz Williams, même si en ce qui concerne sa trilogie sur les sœurs Schuyler, il s’agit du dernier tome.
Après Vivian dans La vie secrète de Violet Grant et Tiny dans Les lumières de Cape Cod, place à Pepper, la troisième sœur, laissée à la fin des Lumières de Cape Cod dans une assez mauvaise passe et fuyant vers la Floride.
Les sœurs Schuyler, c’est un peu Gossip Girl dans les années 1960 : je n’y avais pas forcément pensé jusque là mais ça m’a sauté aux yeux à la lecture de ce dernier tome, ce côté bling-bling et clinquant de la bonne société new-yorkaise des Trente Glorieuses. Vivian, Tiny et Pepper sont trois « pauvres petites filles riches », new-yorkaises jusqu’au bout des ongles qui ont toujours vécu dans l’abondance et dans le luxe, mais au milieu d’une famille dysfonctionnelle. Si Vivian a su « se ranger » et est désormais mère et épouse (sans avoir pour autant perdu tous ses grains de folie), Tiny quant à elle est, en cette année 1966, en passe d’envoyer valser sa vie de femme mariée un peu trop bien rangée mais rongée par le mensonge et Pepper fait, au cours de l’été, une découverte qui va changer sa vie.
Nous la retrouvons donc terrée en Floride où elle tente tout simplement de se faire oublier de son dernier amant qui est aussi, accessoirement…le père de son bébé. Car la pétillante, éternelle célibataire et jouisseuse Pepper Schuyler est enceinte jusqu’aux yeux d’un amant de passage. Et comme sa famille n’est pas au courant de sa grossesse et qu’elle commence à se trouver à court d’argent, Pepper décide de vendre son dernier trésor : une vieille Mercedes qu’elle a retapée, après l’avoir retrouvée abandonnée dans un cabanon sur la propriété de sa sœur Tiny, à Cape Cod. La mystérieuse acheteuse qui se présente, Annabelle Dommerich, a traversé l’Allemagne nazie à bord de cette voiture en 1938, avant de partir aux Etats-Unis avec sa famille…Découvrant une Pepper bravache mais au fond très seule, Annabelle lui offre un havre de paix où passer sereinement les derniers mois de sa grossesse : sa belle villa floridienne en front de mer, où la célèbre musicienne franco-américaine aime couler des jours heureux et discrets. Mais à peine a-t-elle installé Pepper qu’elle repart pour une mystérieuse destination. Inquiet, son fils Florian embarque alors Pepper à la recherche de cette mère anticonformiste, dont on découvre parallèlement l’aventure qu’elle a vécue dans les années 1930.
Car, comme les deux précédents tomes, Une maison sur l’océan possède une double temporalité : l’histoire autour de Pepper se déroule à la fin de l’année 1966 et nous découvrons aussi ce qui est arrivé à Annabelle un peu plus de vingt ans plus tôt, à l’aube de la Seconde guerre mondiale et pourquoi cette vieille Mercedes est si chère à son cœur.

En bonne fan de Kate Morton que je suis, ces « romans à secrets » me plaisent toujours beaucoup. J’adore les double-temporalités qui donnent un certain rythme au roman et c’est le cas depuis La vie secrète de Violet Grant. L’univers de Beatriz Williams est unique, très personnel, inimitable. J’aime son style un peu décalé, très américain – qui transparaît très bien malgré la traduction. On aimerait détester ces petites bourgeoises filles à papa et en même temps, on ne peut que les aimer parce qu’elles sont touchantes par mal d’aspects. Par exemple, Pepper m’a un peu fait penser à la princesse Margaret, s’étourdissant en apparence mais brisée à l’intérieur par des épreuves personnelles. La vie de Pepper n’est pas si idyllique que ça et Anabelle, qui a traversé une vie chaotique, où elle a connu beaucoup de joie mais aussi des épreuves, ne s’y trompe pas et devient une sorte de mentor pour cette jeune femme qui affirme et affiche haut et fort son indépendance et sa force alors qu’elle est finalement assez fragile.
Cela dit, dans ce dernier volume, j’ai trouvé que l’histoire d’Annabelle prenait un peu le pas sur celle de Pepper, qui n’est finalement pas si développée que ça et j'ai eu du mal à comprendre le lien entre elles, hormis le fait que les rôles se renversent un peu et que la jeune Annabelle découverte dans les années 1930, soutenue par une charismatique aristocrate anglaise dans ses épreuves, devient à son tour cette femme plus âgée prenant sous son aile une femme plus jeune dans l'adversité. Au final, elle servirait presque de faire-valoir pour le récit de celle d’Annabelle, au final beaucoup plus prenante. J’ai eu l’impression que le roman s’arrêtait un peu brutalement, sans que toutes les réponses que l’on pouvait se poser au sujet de Pepper n’aient eu des réponses. Mais le fait que l’intrigue nouée autour d’Annabelle soit passionnante compense un peu ce côté « faiblard », je trouve. J’ai adoré ses allers-retours continuels dans le temps, l’alternance bien rythmée des chapitres, la vision aussi d’une Annabelle désormais mûre, veuve et mère de grands enfants, sur l’Annabelle de la fin des années 1930, alors qu’elle n’a même pas vingt-cinq ans et doit faire face à une avalanche de bouleversements des plus brutaux, dans un pays en passe de tomber dans un marasme sans nom – marasme dans lequel l’Allemagne va entraîner tout un continent. Cette course contre le temps dans un pays de plus en plus fanatique m’a tenue en haleine de bout en bout.
Malgré quelques faiblesses ou inégalités, malgré tout j’ai grandement apprécié cette lecture, c’est peut-être même le tome que j’ai préféré, étrangement (même si l’intrigue autour de Violet, dans le premier tome, m’avait aussi beaucoup plu).
Les romans de Beatriz Williams ont quelque chose de très frais, de très estival, sans que je puisse dire exactement pourquoi je ressens cela : ils sentent le sable chaud, les embruns et les agrumes. Des lectures qu’on apprécié sur une chaise longue, au bord de la piscine ou sur la plage, des lectures divertissantes et palpitantes qui captent votre attention et la retiennent jusqu’au bout. Encore une fois une réussite et peut-être parce que ce roman n’est pas parfait, justement, il en est encore plus savoureux !

En Bref :

Les + : une intrigue efficace à double-temporalité, des personnages féminins toujours intéressant, un rythme dynamique et un univers personnel. 
Les - :
un début un peu long, la partie sur Pepper finalement pas si développée que ça et qui ne semble pas forcément reliée à celle consacrée à Annabelle...

 


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     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

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