Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le salon des précieuses

Un parfum de rose et d'oubli ; Martha Hall Kelly

« Après tout, nous ne pouvions pas faire grand chose pour changer ce que Dieu nous réservait. »

Couverture Un parfum de rose et d'oubli

 

 

 Publié en 2019 aux Etats-Unis 

 En 2020 en France (pour la présente édition)

 Titre original : Lost Roses

 Editions Pocket 

 656 pages 

 Fait partie de la saga Les Femmes Ferriday mais peut   être lu indépendamment 

 

 

 

Résumé :

1914. Si l'ombre noire de la guerre se déploie sur la vieille Europe, c'est une autre menace, rouge celle-ci, qui guette la sainte Russie. Dans le tourbillon révolutionnaire qui, bientôt, s'empare de Saint-Pétersbourg, trois femmes s'apprêtent à vivre les heures les plus tragiques de leur existence. Sofya l'aristocrate, dépouillée de tout et jetée sur les routes de l'exil. Eliza l'Américaine philanthrope, sans nouvelles de ses amis russes. Varinka la paysanne, au cœur lourd d'espoirs et de contradictions. 
Entre ces trois femmes, un seul combat compte vraiment : il s'appelle Max, et c'est un enfant...

Ma Note : ★★★★★★★★★

Mon Avis :

Début des années 1910. En Europe comme aux États-Unis, des rumeurs de conflit créent l’inquiétude. Pour autant, dans les hautes sphères, on continue de mener grand train. La New-Yorkaise Eliza Ferriday et son amie russe Sofya Streshnayva ne s'en doutent pas encore mais leur destin va être bouleversé tant par le conflit que par la révolution qui, en Russie, va renverser le régime tsariste et jeter sur les routes des milliers de réfugiés et d'émigrés. Parmi eux, Sofya qui, apparentée à la famille impériale, représente une cible de choix des bolcheviks. Le monde ne sera jamais plus comme avant : Sofya et Eliza non plus.
Un parfum de rose et d’oubli est une saga de femmes et une grande fresque historique comme je les aime, qui nous emmène de Saint-Pétersbourg à Paris, en passant par New York et les petites villes pittoresques de la Nouvelle-Angleterre. Avec cette lecture je découvre l’univers de Martha Hall Kelly, connue notamment pour son roman Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux qui a été très bien reçu par les lecteurs ces dernières années. Chronologiquement, Un parfum de rose et d’oubli est antérieur mais se passe dans le même univers. Caroline Ferriday, qui se trouve au centre du récit du Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, est ici une jeune fille et on découvre sa mère, Eliza, qui va se battre pour les émigrés russes et surtout pour retrouver son amie Sofya.
En plus de ces deux jeunes femmes, Martha Hall Kelly en met une autre sur le devant de la scène, la jeune Varinka, petite paysanne russe qui voit dans la révolution une manière de s’extirper de la condition modeste et dépendante dans laquelle elle se trouve. Et ces trois femmes vont se retrouver unies par quelque chose qui les dépasse, un petit garçon, Max, le fils de Sofya.
Un parfum de rose et d’oubli est un roman efficace et qui se lit tout seul, les pages se tournent avec facilité. Et pourtant, j’ai trouvé le début un peu abrupt et laborieux : on est jeté dans l’intrigue sans forcément avoir eu le temps de s’y habituer, de se familiariser avec les personnages, l’univers. Heureusement cela se dissipe assez vite et malgré quelques inégalités j’ai trouvé que ce roman faisait « le boulot » pour présenter les choses de façon un peu triviale. Une fois qu’on a bien compris qui était qui, les liens entre les personnages, on découvre un univers d’une richesse incroyable. Martha Hall Kelly a su décrire sans surenchère les bouleversements du premier conflit mondial, les horreurs de la révolution russe, sans pour autant minorer les injustices et les violences du régime tsariste. Et, comme souvent dans ce type de romans, le souffle de la grande Histoire se mêle à de plus petites : celle d’une influente Américaine, celle d’une aristocrate russe qui s’apprête à tout perdre et celle d’une petite paysanne qui n’a rien et va commettre la pire des erreurs en tentant de se créer sa vie rêvée à la faveur de l’instabilité politique qui suit l’abdication de Nicolas II.
Malgré les premiers chapitres qui ont peiné à me convaincre, je n’ai pas trouvé le reste du roman difficile à lire, bien au contraire. Finalement l’histoire est cohérente et coule relativement bien, elle est rythmée et on ne s’ennuie pas une seconde.
J’ai beaucoup aimé les trois personnages féminins au centre du récit. Alors que Sofya et Eliza mènent grand train, vivent une existence privilégiée et absolument pas dans le besoin, on se sent malgré tout relativement proche d’elles : elles n’ont rien ni d’hautain ni de méprisant et le combat d’Eliza pour aider les réfugiées russes aux États-Unis malgré l’hostilité bien des Américains, comme celui de Sofya pour s’en sortir après avoir dû renoncer à tout forcent l’admiration. Quant à Varinka, c’est un personnage assez ambivalent qui pourrait susciter une réaction négative chez le lecteur : certains de ses choix sont clairement des erreurs mais sa naïveté et en même temps une certaine ténacité en font quelqu’un d’assez désarmant. Qui après tout peut se targuer d’avoir toujours pris les bonnes décisions, même si, je vous le souhaite, vos propres mauvaises décisions n’auront sûrement pas les mêmes conséquences que celles de Varinka.
Bref, cette jolie brique d’un peu plus de 600 pages m’a convaincue et la surprise est d’autant plus agréable que j’ai cru au départ ne pas être convaincue. Je n’ai maintenant qu’une hâte, lire Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux et Le tournesol suit toujours la lumière du soleil qui va nous emmener au XIXème siècle à la rencontre des ancêtres féminines d’Eliza et Caroline, pendant la guerre de Sécession.

En Bref :

Les + : une saga familiale et historique rythmée et qui nous tient en haleine jusqu'au bout. La grande force du récit aussi, je pense, ce sont ses trois personnages, Eliza, Sofya, Varinka, très différentes mais qui apportent chacune un petit quelque chose.
Les - :
de premiers chapitres un peu abrupts, qui nous lancent tête baissée dans l'intrigue sans que l'on ait forcément toutes les clefs en main.  J'ai aussi remarqué une ou deux approximations dans la chronologie mais franchement, rien de grave. 


Un parfum de rose et d'oubli ; Martha Hall Kelly

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article