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Le salon des précieuses

Une rivière dans les arbres ; Jacqueline O'Mahony

« Avance jour après jour. A partir de maintenant, jour après jour. Je serai avec toi, et on verra bien. Tu ne peux pas en faire plus. »

Couverture Une riviere dans les arbres

 

 

     Publié en 2015 en Irlande

  En 2021 en France (pour la présente édition)

  Titre original : A river in the Trees

  Éditions Pocket

  365 pages

 

 

 

 

Résumé :

Irlande, 1919. Le pays est tiraillé entre les colons britanniques et les indépendantistes. Bravant le risque d'être découverts, Hannah O'Donovan et sa famille cachent un petit groupe de rebelles. Hannah fait alors la connaissance de leur chef, O'Riada, un jeune homme sombre et courageux, sans se douter de lourdes conséquences qu'aura cette rencontre.
Londres, 2019. Ellen, qui a quitté l'Irlande il y a plusieurs années, est dans une impasse : endeuillée, elle voit son mariage vaciller et sa carrière s'enliser. Lorsqu'elle apprend que la ferme de ses ancêtres est mise en vente, elle revient dans le pays de son enfance. Pourquoi sa famille a-t-elle toujours refusé de parler d'Hannah, sa mystérieuse arrière-grand-tante ? Cette plongée dans son passé permettra-t-elle à Ellen de reconstruire sa vie ?

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

1919, en Irlande : la famille O’Donovan prend fait et cause pour les indépendantistes irlandais contre les Anglais. A ses risques et périls. L’aînée des filles, Hannah, très investie dans la lutte, ne sait pas que la décision de son père et la sienne entraînera des conséquences irréversibles sur leur existence. Dans un contexte trouble et violent,  la jeune femme va devoir apprendre à faire des choix.
Cent ans plus tard, en 2019, Ellen, trente-huit ans, mène une vie qui ne lui convient pas ou plutôt, qui ne lui convient plus : on comprend que des événements compliqués ont jalonné ses dernières années, qu’elle a dû faire le deuil de quelque chose et que cela la ronge elle qui, dans sa jeunesse, a tout eu (la beauté, l’argent etc…). Lorsqu’elle revient en Irlande pour visiter la vieille ferme de sa famille maternelle, mise en vente, Ellen va déterrer les fantômes du passé et apprendre le terrible secret de sa famille. Que s’est-il passé dans les années 1920 ?  Qu’est-ce qui a ainsi bouleversé l’existence des O’Donovan mais qui a été soigneusement caché par ceux qui savaient ? Ellen, non sans douleur, part sur les traces de ses ancêtres et notamment de la mystérieuse Hannah, émigrée aux Etats-Unis et qui n'a jamais revu l’Irlande.
Une rivière dans les arbres est un roman relativement confidentiel, que j’ai découvert un peu par hasard un jour sur le site Lisez ! qui regroupe la plupart des plus grandes maisons d’éditions françaises. En premier lieu, ce qui m’a intriguée, c’est le contexte : comme tout le monde j’ai évidemment entendu parler du conflit anglo-irlandais qui a marqué le XXème siècle : la guerre d'Indépendance d'abord marquée par des événements comme les Pâques sanglantes en 1916, puis les Troubles des années 60 aux années 90 pendant lesquels ont émergé des figures comme celles de l'opposant Bobby Sands, célèbre pour avoir mené une grève de la faim en prison, le terrible massacre de Londonderry en 1972 qui a inspiré la chanson Sunday Bloody Sunday au groupe irlandais U2, l’IRA… ce sont des événements ou des noms qui nous disent quelque chose mais ce n’est pas pour autant que je connaissais à fond le contexte. Je me suis dit que j’allais en apprendre un peu plus en lisant ce roman et oui, ce fut le cas.
Et puis il y a la double temporalité aussi : si vous me suivez depuis un moment, vous savez combien je suis fan de Kate Morton, dont j’adore les romans pleins de secrets familiaux, de mystères, de vieilles demeures…je m’attendais à trouver un peu la même chose et c’est vrai que les deux univers peuvent se ressembler, même si je n’ai pas trouvé celui de Jacqueline O’Mahony forcément aussi abouti que celui de Kate Morton, mais bon il faut dire que cette dernière est une maîtresse du genre, quand même. Bref !

Description de cette image, également commentée ci-après

Une brigade de l'IRA pendant le conflit


Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire…c’est mauvais signe, quand on commence une chronique comme ça, non ? Ca veut forcément dire qu’il y a un « mais ». Et oui, effectivement, il y’a un « mais » : je ressors assez mitigée de cette lecture. Une fin un peu abrupte qui n’apporte pas forcément de réponses, un personnage contemporain assez insupportable malgré sa fragilité palpable, sa sensibilité à fleur de peau, que j’ai comprise mais qui ne m’a pas touchée. Et que dire des premiers chapitres que j’ai ressentis…c’est difficile à expliquer sans tout gâcher pour ceux qui souhaiteraient lire le roman mais j’ai trouvé que certaines choses étaient exprimées de manière peut-être un peu maladroite, bien que ce soit censé refléter les propres pensées de la narratrice, Ellen. Alors effectivement, les pensées d’un personnage sont subjectives mais malgré tout, j’avoue que cela m’a mise un petit peu mal à l’aise. Ellen en général, m’a mise mal à l’aise, ses réactions, son comportement m’ont empêchée de me sentir proche d’elle, même si ce qu’elle a vécu et que l’on découvre petit à petit, n’est pas évident. On sent bien qu’il a fallu qu’elle fasse des choix, qu’elle a connu des renoncements, des sacrifices…sa vie ne la satisfait pas, il lui manque quelque chose d’essentiel qu’elle n’aura probablement jamais. Son mariage bat de l’aile…je crois que tout était fait pour qu’elle nous touche mais elle m’a laissée froide, distanciée, je n’ai pas réussi à me sentir partie prenante de ces chapitres contemporains où les personnages sont vraiment bizarrement traités.
Très honnêtement, je pense que ce roman aurait pu se suffire à lui-même s’il avait été purement historique. L’idée de mêler deux intrigues, distantes l’une de l’autre de cent ans, dans un contexte historique intéressant était plutôt séduisante au départ. Peut-être y aurait-il eu matière à développer l’intrigue autrement mais je ne suis pas dans la tête de l’auteure et Jacqueline O’Mahony a évidemment fait ce qu’elle voulait de son récit. Le secret de famille, c’est effectivement vendeur, cela donne un certain suspense dès le début, on a envie de le connaître, alors on tourne les pages… mais je me suis aperçue rapidement que j’avançais bien mieux sur les chapitres centrés sur Hannah, en 1919-1920. Je crois honnêtement que le personnage d’Ellen n’était pas forcément nécessaire. C’est terrible à dire comme ça, mais un peu comme dans Un goût de cannelle et d’espoir, les chapitres historiques étaient tellement intéressants que les personnages contemporains ne pouvaient pas rivaliser et finissaient par apparaître fades.
Une rivière dans les arbres n’a donc pas été une complète réussite pour moi, mais pas une déception non plus. Découvrir l’histoire contemporaine chaotique de l’Irlande était très intéressant. Découvrir la résistance de la population, la violence larvée d’une société voire parfois, franchement ouverte…c’était un vrai conflit, sanglant, injuste, difficile, qui a marqué des générations d’Irlandais et continue d’avoir aujourd’hui des répercussions dans le pays. Oui, pour cela, je peux dire que j’ai aimé le roman. Certains aspects malheureusement m’ont trop gênée pour que je puisse dire que je suis pleinement satisfaite mais je ne regrette pas de l’avoir lu et d’être arrivée au bout, même si je suis un peu frustrée de ne pas avoir eu les réponses à toutes les questions que je me posais, de ne pas avoir vu certains aspects du roman, qui ont retenu mon attention, plus développés. Mais ça fait partie du jeu. C'est toujours dommage, mais pas catastrophique.

En Bref :

Les + : l'intrigue historique et le personnage d'Hannah, sans aucun doute. 
Les - :
des questions soulevées qui ne sont pas forcément résolues, une fin un peu abrupte et un personnage contemporain (Ellen) pas spécialement attachant, dont les réactions m'ont parfois déroutée.


Une rivière dans les arbres ; Jacqueline O'Mahony

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

 

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