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Le salon des précieuses

[POUR ATTENDRE NOËL 2025] Les origines païennes de Noël

 

  • Le solstice d'hiver 

Le solstice d’hiver se produit dans l’hémisphère nord vers le 21 décembre. Le mot solstice vient du latin solstitium (de sol, « soleil », et statum issu de stare, « se tenir debout, demeurer immobile »). Cela fait référence à l’époque de l’année (elles sont deux) où le soleil  atteint sa plus forte déclinaison et paraît donc être stationnaire pendant quelques jours.

Au moment du solstice d’hiver, nous vivons la plus longue nuit de l’année. Mais, paradoxalement, alors que nous entrons dans l’hiver, les jours vont commencer à rallonger peu à peu jusqu’au printemps, qui surviendra quelques mois plus tard. La même chose se produit au mois de juin, avec le solstice d'été : alors que nous vivons le jour le plus long de l'année, le retour des longues se prépare et les jours vont progressivement commencer à diminuer. 

Bien avant que le christianisme ne fixe à cette période de l’année la fête de la nativité (la naissance de jésus), de nombreuses célébrations hivernales prenaient donc place à cette période très importante de l’année.

Ainsi, dans la roue de l’année le mois de décembre correspond à la période de Yule : elle suit Samhain (le début de la saison sombre mais aussi le nouvel an) et précède imbolc, sabbat généralement célébré vers le début du mois de février et que l’on a associé en Irlande avec la célébration d’une sainte chrétienne, Brigid (Lá Fhéile Bríde). Ces célébrations, qui correspondent à un paganisme plus ou moins contemporain, parfois inspiré de la wicca, ont cependant une réalité historique. 

Découvrons ensemble les célébrations anciennes et pré-chrétiennes qui, par certains de leurs aspects, ont inspiré les fêtes de la Nativité. 

  • A Rome : les Saturnales et Sol Invictus

Les célébrations hivernales de la Rome Antique ont lieu pendant la semaine du solstice d'hiver, soit entre le 17 et le 23 décembre environ. On les appelle les Saturnales et on commémore à ce moment-là non seulement le dieu Saturne, le dieu du temps mais aussi l'âge d'or. 
C'est une fête extrêmement populaire et très suivie à Rome, suscitant de nombreuses réjouissances. Durant cette période, les barrières sociales s'effacent (ainsi, l'autorité des maîtres sur les esclaves n'a plus cours pendant les Saturnales), des repas sont organisés, on échange des cadeaux et les maisons sont décorées à l'aide de plantes qui restent vertes à cette période de l'année, comme le gui, le lierre ou le houx. Certains éléments que l'on retrouvera par la suite à Noël, comme l'échange de cadeaux ou les festins, existaient donc déjà à l'époque romaine.

La tradition de Sol Invictus (Soleil Invaincu) est un peu plus tardive et est d'origine orientale. Elle se confond avec le culte de Mithra, qui aura un grand succès à Rome à la fin de l'Empire. Le culte de Sol Invictus est même officialisé par l'empereur Aurélien en 274 et la date de naissance de la divinité fixée au 25 décembre, soit aux alentours du solstice d'hiver. L'empereur Constantin en fera un jour officiel de repos puis, lorsque la tradition chrétienne va se diffuser dans l'Empire romain, on va progressivement assimiler la date de naissance de la divinité solaire avec celle de Jésus. La date de Noël sera d'ailleurs fixée au IVe siècle par le pape Libère, en 354 exactement.

  • Chez les peuples nordiques et germaniques : la fête de Yule

Le Julbock (un bouc en paille tressée) est un symbole très ancien de Noël en Scandinavie, qui remonte à l'époque pré-chrétienne et aux mythes d'Odin et de Thor

Yule est une célébration païenne célébrée historiquement par les peuples germaniques et nordiques, au moment du solstice d'hiver. Comme ces civilisations utilisaient généralement un calendrier lunaire, la date de Yule pouvait varier, entre le début du mois de décembre et le début du mois de janvier. 
Le mot Yule est issu du vieil anglais et provient probablement lui-même du vieux norrois jól (le solstice). Peu à peu, comme les fêtes romaines des Saturnales ou du Soleil Invaincu ont fini par être associées au Noël chrétien, Yule a aussi été assimilé à cette fête, à tel point que les noms finissent par se confondre : ainsi, on parle de Jól en islandais moderne, ou Jul en norvégien moderne pour noël. En finnois, Noël se dit Joulu. 
De nombreuses traditions marquent les célébrations de Yule : en Scandinavie préchrétienne par exemple, on célèbre le dieu Heimdall, protecteur d'Asgard et du pont Bifröst, l'immense arc-en-ciel qui sépare le monde des dieux des autres mondes. Le royaume de Heimdall est situé dans le Pôle Nord et la tradition veut que la divinité, aux alentours du solstice et donc des fêtes de Yule (jól) vienne visiter les enfants et apporter des présents à ceux qui s'étaient bien conduits tandis que les enfants qui n'avaient pas été sages ne trouvaient au matin qu'une offrande de cendres. On dit aussi qu'à la période de Yule, les dieux se retrouvent pour festoyer et les humains font de même dans leur monde. 
Yule marque, pour les peuples germaniques comme nordiques, le début du retour de la lumière et la promesse des beaux jours.

  • Chez les Celtes et les Gaulois : on anticipe le retour de la lumière pour supporter la saison froide

Comme pour les Germains et les peuples nordiques, les Celtes ont des célébrations associées au solstice d'hiver, une période importante dans l'année. Les fêtes celtiques païennes sont des équivalents du Yule nordique et on les appelle Alban Arthan. La fête du solstice pour les Celtes est aussi une fête de la lumière puisque le mot Alban Arthan signifie Lumière de l'Hiver. A ces époques lointaines, l'hiver préfigurait pour tous ces peuples une période longue, froide et sombre et il convenait donc de célébrer le retour imminent du soleil, comme une promesse de renouveau. La période sombre prendra fin pour les Celtes au printemps, avec la fête de Beltane (ou Beltaine), à l'occasion de laquelle seront allumés de nombreux feux qui honorent le dieu de la lumière, Bélénos.  au moment du solstice d’hiver, c’est la naissance de Cernunnos, le dieu cornu, qui est célébrée par les celtes. celui-ci amorce un cycle qui connaît son apogée au moment du printemps, puis un lent déclin jusqu’à sa mort, à la période de Samhain.

Pour des peuples dont la survie est extrêmement liée aux récoltes, à l'agriculture, le retour du Soleil, promesse d'abondance, est donc bien plus important qu'une simple fête, puisque c'est même une question vitale et c’est probablement pour cette raison que de nombreux rituels s’y rattachent. la fertilité, la notion de terre-mère sont donc fondamentales dans les croyances des anciens celtes et elles sont célébrées en même temps que le solstice d’hiver.

  • La légende du Roi-Houx et du Roi-Chêne : un mythe commun aux peuples d’Europe du Nord

Le mythe du Combat opposant le Roi Houx et le Roi Chêne, qu'on retrouve aussi dans les traditions nordiques, semble être celte au départ. Ce combat est symbolique et personnifie l'affrontement entre la saison hivernale, froide et sombre et la saison estivale, qui est chaude. La première est associée au Roi Houx, la seconde au Roi Chêne. Les deux rois s'opposent pour savoir qui aura le privilège de régner le plus longtemps. Le combat se déroule au moment du solstice ou de Yule (pour les peuples nordiques) : le Roi Chêne prend alors le dessus sur le Roi Houx, lui coupe la tête et prend sa place sur le trône jusqu'à la mi-saison. Ce combat symbolise le triomphe de la saison claire sur la saison sombre. c’est donc une légende qui célèbre l’espérance et l’assurance qu’après les longues nuits, les beaux jours, la chaleur et l’abondance reviendront.

 

  • Houx, Gui, Lierre : des plantes symboliques du solstice d’hiver

Le houx : 
le houx est la plante hivernale par excellence, encore de  nos jours et cela ne nous surprend pas de la voir orner nos tables de fêtes par exemple. Mais, des celtes en passant par les romains ou les anciens scandinaves, le houx est la plante hivernale par excellence car il reste vert, même pendant les jours froids. Le houx symbolise donc la vie, en plein cœur de l’hiver.

Le gui : 
comme le houx, le gui est une plante appréciée en hiver car elle ne perd pas son éclat à cette période de l’année. Aujourd’hui encore, le gui est considéré comme une plante porte-bonheur et s’embrasser au moment du nouvel an (une coutume qui nous vient du royaume-uni) sous une boule de gui est censé porter chance. 
le gui doit sa réputation de plante sacrée aux druides gaulois et celtes, qui considéraient que la plante était une protectrice des foyers. le fait qu’il soit rare et ne pousse pas partout lui conférait aussi une aura magique. au fil du temps, le gui est devenu symbole de prospérité, de santé, de paix, que l’on associe d’ailleurs aux vœux du 1er janvier.

Le lierre : 
à nouveau, si le lierre est apprécié au moment des fêtes du solstice (et plus tard des fêtes de noël) c’est parce que la plante reste verte, comme le gui, le houx et les conifères. Le lierre est symbole de naissance ou de renaissance et l’on peut donc l’associer en quelque sorte à la renaissance du soleil à cette période de l’année. on associe aussi le lierre à la force car la plante, qui en colonise une autre pour prospérer, peut survivre un moment après la mort de son hôte.

 

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L
Oh j'adore cet article car j'aime tellement Noël que j'ai envie d'en savoir le plus possible sur ses origines, etc. Une fois de plus, tu m'apprends des choses, comme la légende du Roi-Houx et du Roi-Chêne, que je ne connaissais pas du tout. Je trouve que c'est tellement intéressant 😇
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A
Merci beaucoup. J'ai pris un grand plaisir à rédiger cet article et à partir sur les traces des fêtes très anciennes de la période du solstice. On se rend compte que la plupart des civilisations anciennes (celtes, nordiques, germaniques, romaines) accordaient beaucoup d'importance à cette période de l'année, au retour de la lumière et des beaux jours. <br /> J'ai découvert récemment la légende du Roi-Houx et du Roi-Chêne et je l'ai trouvée très symbolique. :)