• La Fiancée de Lammermoor ; Walter Scott

    « Dans une gorge des montagnes qui s'élèvent au milieu des plaines fertiles du Lothian oriental, existait autrefois un château considérable dont on n'aperçoit plus aujourd'hui que les ruines. Ses anciens propriétaires étaient une race de barons puissants, nommés Ravenswood, nom qui était aussi celui du château. »

    La Fiancée de Lammermoor ; Walter Scott

    Publié en 2018

    Date de publication originale : 1819

    Date de publication originale en France :1819

    Titre original : The Bride of Lammermoor

    Editions Archipoche

    408 pages

    Une Chanson pour Ada ; Barbara Mutch

    Résumé :

    Sur la tombe de son père, l'impétueux Edgar Ravenswood a promis de venger son clan, dépossédé de son château et de ses terres par le Garde des Sceaux d'Ecosse, sir William Ashton. Sur le point de châtier l'usurpateur, il tombe sous le charme d'une pure jeune femme aux tresses d'or. Il ignore que Lucie n'est autre que sa fille...

    Prudent et craintif, sir Willim encourage leur amour, pourvu que retombe la colère de son jeune rival. Guidé par l'intérêt politique, il multiplie les gestes de concorde. Mais l'irascible lady Ashton, au contraire, est décidée à empêcher cette union. Elle envoie auprès de Lucie une guérisseuse, chargée de lui conter de vieilles légendes et de sinistres prophéties concernant la famille Ravenswood. La fiancée de Lammermoor, douce et influençable, y perd peu à peu la santé et la raison. Hélas, le contrat de mariage est déjà signé...

    Dans le décor sauvage des Highlands, au début du XVIIIème siècle, le plus shakespearien des romans de Walter Scott mêle la tragédie romantique aux croyances populaires de l'ancienne Ecosse. Parue en 1819, cette histoire d'amour et de mort inspira à Donizetti l'un de ses plus célèbres opéras.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    La Fiancée de Lammermoor est mon premier Walter Scott et j'en profite d'ailleurs pour remercier les éditions de l'Archipel pour cet envoi !
    J'avais au départ prévu de découvrir Walter Scott au travers de son roman le plus connu, le fameux Ivanohé, qui mêle roman historique, Moyen Âge et littérature classique... Et qui a donc tout pour me plaire !
    Finalement, le hasard a voulu que ce soit avec celui-ci que je découvre la plume et l'univers de l'auteur...
    Nous sommes donc en Écosse au début du XVIIIème siècle, une Écosse déchirée entre les partisans des Stuarts et les tenants du pouvoir en place. Edgar de Ravenswood, dépouillé de ses terres familiales par le lord Garde des Sceaux, William Ashton, a juré de se venger de l'affront qui lui a été fait et de la mort de son père, causée par le chagrin d'avoir tout perdu.
    Dans les grandioses et sauvages paysages de l’Écosse du début du XVIIIème siècle se noue alors un vrai drame passionnel et familial, digne des plus grandes œuvres de Shakespeare. Car l'amour, dans ce roman, loin de combler les cœurs, les brise et de ce, de façon irrémédiable. Il y'a effectivement un soupçon de Roméo et de Juliette dans nos deux personnages, Edgar Ravenswood et Lucie Ashton, que l'amour jette au bas du précipice. Il y'a aussi un fond de vrai puisque c'est dans l'histoire, authentique, de la famille Stair que Walter Scott a puisé l'inspiration de son roman : la jeune Lucie du roman s'appelait en réalité Janet Dalrymple et elle était la fille du vicomte de Stair. Elle se serait fiancée, à l'insu de ses parents, à un certain lord Rutherford, que la famille n'agréait point. Le vicomte de Stair et son épouse, Margaret Ross, qui deviennent dans le roman lord et lady Ashton, auraient alors poussé leur fille dans les bras d'un autre prétendant, qui leur convenait mieux : David Dunbar de Baldoon. Le mariage eut lieu, lord Rutherford étant débouté car, malgré le serment échangé avec Janet, les parents de la jeune fille firent valoir que leur consentement avait force de loi. Le serment était donc nul et non avenu puisqu'ils n'étaient pas d'accord. Le soir des noces, on trouva Baldoon blessé dans la chambre nuptiale et la pauvre Janet Dalrymple qui avait perdu la raison. On dit que c'est le premier prétendant qui avait blessé le mari sous les yeux de la jeune mariée qui en était devenue folle.. Les documents nous disent que lord Baldoon survécut à cet attentat. En revanche, Janet mourut une quinzaine de jours après ses noces, le 12 septembre 1669.
    En changeant les noms et l'époque, c'est finalement, dans les grandes lignes, cette tragédie familiale que reprend Walter Scott dans La Fiancée de Lammermoor. Nous ne sommes plus au XVIIème siècle mais au début du XVIIIème, sous le règne de la reine Anne, sans que la date, cependant, ne soit réellement précisée. Janet ne s'appelle plus Janet mais Lucy...quant à lord Rutherford, il devient le fameux maître de Ravenswood, jeune homme étrange mais fascinant, sur lequel les griffes de la malédiction et de la fatalité semblent se refermer sans qu'il puisse rien y faire.
    La Fiancée de Lammermoor est un roman historique extrêmement riche et dense, servi par une langue d'une grande finesse et d'une grande qualité. Malheureusement, le début est très laborieux et si j'ai réussi à sentir poindre un intérêt sincère dans la deuxième partie du roman, j'avoue que les premiers chapitres m'ont vraiment plombée ! Et pourtant, tout le brio d'un auteur de talent comme Scott transparaît dans ce roman ! S'il y'a bien une chose dont il n'est pas dénué, c'est bien le talent ! Entre drame et comédie, entre accents shakespeariens et humour, Walter Scott nous livre un roman très abouti et qui se termine en apothéose. Seulement voilà, le début est assez ardu et on peine parfois à comprendre où l'auteur veut en venir et veut nous emmener... Ce n'est pas inintéressant, mais, malheureusement, ça n'est pas captivant non plus.
    J'ai assurément préféré la deuxième partie, qui se déroule finalement aussi vite que la première partie met de temps pour décoller ! Un peu comme un écheveau très emmêlé que l'on parvient à dénouer d'un coup ! La fin est finalement aussi abrupte que le début est lent et laborieux mais j'ai aimé la montée en puissance dramatique, avant qu'elle n'explose dans le marasme le plus complet, pour le plus grand malheur des deux héros, que rien ni personne ne sauvera : et on retrouve bien là ce fameux drame shakespearien, si présent dans Roméo et Juliette...
    Si j'ai cependant trouvé l'intrigue aboutie et maîtrisée, en un mot, de qualité, si je n'ai rien trouvé à redire également au style, malheureusement, il m'a manqué ce petit quelque chose pour me sentir happée dès le départ... Il m'a manqué ce petit truc qui nous fait tomber tête la première dans un livre ! L'impression de naviguer à vue dans les premiers chapitres y est pour beaucoup, assurément...
    Je ressors en fait de cette lecture ni complètement déçue, ni complètement satisfaite non plus... Cette première lecture me donne maintenant envie de lire Ivanohé et je pense que c'est bon signe... mais j'aurais aimé l'aimer encore plus ! J'aurais voulu que ce classique me séduise comme ils savent si bien le faire en général. C'est dommage mais je ne doute pas que ce roman pourra peut-être trouver son public. Et, si je n'en fais pas partie, je ne le déconseille pas pour autant...

    En Bref :

    Les + : une intrigue aboutie et maîtrisée, un style d'une grande finesse...
    Les - : un début très laborieux qui peine à captiver...on ne comprend pas où l'auteur veut en venir.


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 7 Septembre à 10:53
    Le Salon Des Lettres

    Je suis très intriguée par ce roman car je considérais Walter Scott comme l'écrivain d'une seule oeuvre, "Ivanohé", que je souhaite ardemment lire d'ailleurs. L'histoire tragique, c'est malheureux de le dire, mais elle m'attire. Je sais que tu es rarement déçue par les oeuvres mais je veux quand même tenter cette lecture afin de découvrir l'auteur et sons style avant de lire sa grande oeuvre :-))

      • Vendredi 7 Septembre à 21:20

        Walter Scott est effectivement très connu pour Ivanohé et moi aussi d'ailleurs, pendant longtemps, j'ai associé son nom à cette unique œuvre ! Au final, je me suis aperçue que son œuvre était beaucoup plus prolifique que je ne le pensais au départ ! happy Et, contrairement à ce que j'ai pu penser aussi, Walter Scott n'a pas été inspiré que par le Moyen Âge, la preuve avec ce roman, qui se passe en Ecosse au XVIIIème siècle ! J'aime bien cette période-là : dernièrement, j'ai lu La Mer en Hiver, de Susanna Kearsley, qui se passe justement à l'époque des premiers soulèvements jacobites, en 1708... Là, nous sommes quelques années plus tard et j'ai trouvé que l'auteur restituait bien le contexte compliqué de l'époque : whigs contre tories, presbytériens contre catholiques, jacobites et tenants du pouvoir en place...

        L'histoire de Lucie de Lammermoor et d'Edgar de Ravenswood est aussi très intéressante ! ! cool Et le style est vraiment de qualité !

        Qu'est-ce que je lui reproche, alors, à ce roman ? Au final, c'est surtout le début extrêmement laborieux qui m'a empêchée d'apprécier pleinement cette lecture ! Si j'avais été captivée dès le départ, assurément aurais-je bien mieux apprécié cette lecture... Surtout que la deuxième partie, au final, m'a bien plu ! ^^ J'ai trouvé que la montée dramatique allait crescendo et on comprend vite, un peu comme dans Roméo et Juliette, que le destin est irrémédiable et que les protagonistes s'y jettent tête la première sans que rien ni personne ne pourra rien y faire ! La Fiancée de Lammermoor est un roman très dense et vraiment intéressant ! Tout amoureux des classiques se délectera de cette langue, vraiment fine et de qualité... Mon seul regret est vraiment de ne pas avoir aimé le début mais je ne déconseille pas cette lecture, bien au contraire !

        J'espère que tu aimeras et, lorsque tu l'auras lu, n'hésite pas à venir en parler avec moi, je serais curieuse de connaître ton ressenti ! yes

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