• Romans Historiques

     

    Romans Historiques

     

    SOMMAIRE ROMANS HISTORIQUES

     

    - A - 

    Ashford Lindsay, La Dame de l'Orient-Express

    Audouard Antoine, Adieu mon Unique 

    - B - 

    Baker Jo, Une saison à Longbourn 

    Barthel Jocelyne, Mademoiselle de Pâquelin 

    Benzoni Juliette, Ces Femmes du Grand Siècle 

    Benzoni Juliette, De Deux Roses l'Une 

    Benzoni Juliette, La Florentine, Intégrale, t1 : Fiora et la Vengeance

    Benzoni Juliette, La Florentine, Intégrale, t2 : Fiora et l'Amour

    Benzoni Juliette, La Guerre des Duchesses, t1 : La Fille du Condamné

    Benzoni Juliette, La Guerre des Duchesses, t2 : Princesse des Vandales 

    Benzoni Juliette, La Petite Peste et le Chat Botté 

    Benzoni Juliette, Les Chevaliers Intégrale 

    Benzoni, Un Aussi Long Chemin 

    Berest Claire et Anne, Gabriële

    Berest Claire, Rien n'est Noir

    Bourassa Marie, Le Maître des Peines, t1 : Le Jardin d'Adélie 

    Bourassa Marie, Le Maître des Peines, t2 : Le Mariage de la Licorne 

    Bourassa Marie, Le Maître des Peines, t3 : Le Salut du Corbeau

    Bourdon Françoise, Le Maître Ardoisier 

    Bourdon Françoise, Les Tisserands de la Licorne 

    Boysson (de) Emmanuelle, Le Temps des Femmes, t1 : Le Salon d'Emilie

    Boysson (de) Emmanuelle, Le Temps des Femmes, t2 : La Revanche de Blanche

    Boysson (de) Emmanuelle, Le Temps des Femmes, t3 : Oublier Marquise 

    Broca (de) Alexandra, Monsieur mon Amour 

    Brussolo Serge, Marion des Pierres, t1 : Pèlerins des Ténèbres 

    Brussolo Serge, Marion des Pierres, t2 : La Captive de l'Hiver

    - C - 

    Caillé-Bastide Virginie, Le Sans Dieu

    Calmel Mireille, La Marquise 

    Calmel Mireille, Les Lionnes de Venise, t1 

    Carolis (de) Patrick, Letizia R. Bonaparte : dans l'intimité de la mère de Napoléon

    Chandernagor Françoise, L'Enfant des Lumières 

    Charréard Alex, Philis : une Héroïne, une Femme 

    Chauveau Sophie, Fragonard, l'Invention du Bonheur 

    Chauveau Sophie, Le Siècle de Florence, t2 : Le Rêve Botticelli 

    Chauveau Sophie, Le Siècle de Florence, t3 : L'Obsession Vinci 

    Chevalier Tracy, A l'Orée du Verger 

    Chevalier Tracy, La Dernière Fugitive 

    Chouraqui Véronique, D'un Rouge Incomparable 

    Cilento Antonella, Lisario ou le Plaisir Infini des Femmes 

    Contrucci Jean, La Vengeance du Roi-Soleil 

    - D - 

    Dédéyan Marina, De Tempête et d'Espoir, t1 : Saint-Malo

    Dédéyan Marina, De Tempête et d'Espoir, t2 : Pondichéry 

    Dédéyan Marina, Moi, Constance, Princesse d'Antioche 

    Deschamps Fanny, La Bougainvillée, t1 : Le Jardin du Roi

    Deschamps Fanny, La Bougainville, t2 : Quatre-Épices 

    Desprat Jean-Paul, Les Couleurs du Feu, t3 : Rouge de Paris 

    Desprat Jean-Paul, Les Princesses Assassines

    Di Fulvio Luca, Le Gang des Rêves 

    Diwo Jean, Demoiselles des Lumières 

    Duchêne Jacqueline, La Dame de Vaugirard

    Duchêne Jacqueline, La Femme du Roi-Soleil 

    Duchêne Jacqueline, Madame l’Étrangère 

    Dufaux Jean et Delaby Philippe, Murena, t1 : La Pourpre et l'Or (BD)

    Dufaux Jean et Delaby Philippe, Murena, t2 : De Sable et de Sang (BD) 

    Dupuy Marie-Bernadette, Angélina, t1 : Les Mains de la Vie 

    Dupuy Marie-Bernadette, Angélina, t2 : Le Temps des Délivrances 

    Dupuy Marie-Bernadette, Les Enfants du Pas du Loup 

    - E - 

    Ebershoff David, Danish Girl

    - F - 

    Fajardie Frédéric H., La Lanterne des Morts 

    Fellowes Julian, Belgravia 

    Fernandez Dominique, La Course à l'Abîme

    Fischer Elise, Mystérieuse Manon 

    Ford Mackenzie, Un Amour Dérobé 

    Fraser Emma, Quand soufflera le Vent de l'Aube

    Frydman Sarah, La Saga des Médicis, t1 : Contessina

    Frydman Sarah, La Saga des Médicis, t2 : Le Lys de Florence

    Frydman Sarah, La Saga des Médicis, t3 : Lorenzo ou la Fin des Médicis 

    - G - 

    Glasfurd Guinevere, Les Mots entre mes Mains 

    Grèce (de) Michel, Le Rajah Bourbon 

    Grèce (de) Michel, Le Vol du Régent 

    Gregory Philippa, La Dernière Reine

    Gregory Philippa, La Princesse Blanche

    Gregory Philippa, La Reine Clandestine 

    Grissom Kathleen, La Colline aux Esclaves

    Grissom Kathleen, Les Larmes de la Liberté

    Grondin Nicolas, L’Énigme de la Diane, t1 : De l'Iroise aux Caraïbes

    Grondin Nicolas, L’Énigme de la Diane, t2 : Des Antilles aux Mascareignes 

    Gyasi Yaa, No Home

    - H - 

    Hermary-Vieille Catherine, La Bourbonnaise 

    Hermary-Vieille Catherine, Le Rivage des Adieux 

    Hope Anna, Le Chagrin des Vivants 

    Hug Nathalie, 1, Rue des Petits-Pas 

    - I - 

    - J -

    Janzing Jolien, Audrey et Anne 

    - K - 

    Keane Mary Beth, La Cuisinière 

    Kertanguy (de) Inès, Les Héritiers de Kervalon 

    Khadra Yasmina, Ce que le Jour doit à la Nuit 

    - L - 

    Lapierre Alexandra, Je te vois Reine des Quatre Parties du Monde 

    Le Nabour Eric, Retour à Tinténiac

    Lenormand Frédéric, Mademoiselle Chon du Barry ou les Surprises du Destin 

    Lesage Mireille, Les Ailes du Matin, t1

    Lesage Mireille, Les Ailes du Matin, t2 

    Leyshon Nell, La Couleur du Lait 

    Lyndon Robert, La Quête 

    - M -

     

    Marchal Eric, La Part de l'Aube 

    Marchal Eric, Le Soleil sous la Soie 

    Marcus Mary, Le Refuge des Souvenirs 

    Mansiet-Berthaud Madeleine, Les Nuits Blanches de Léna

    Mantel Hilary, Le Conseiller, t1 : Dans l'Ombre des Tudors

    Mantel Hilary, Le Conseiller, t2 : Le Pouvoir

    Mazetti Katarina, Le Viking qui voulait épouser la Fille de Soie 

    Michelet Claude, Des Grives aux Loups, t1

    Michelet Claude, Des Grives aux Loups, t2 : les Palombes ne passeront plus 

    Montaldi Valeria, La Rebelle : Femme médecin au Moyen Âge

    Moore Viviane, La Saga de Tancrède le Normand (Intégrale des trois premiers tomes)

    Morell Léon, Le Ciel de la Chapelle Sixtine 

    Mutch Barbara, Une chanson pour Ada 

    - N - 

    Noblet Maryvonne, Médiévales 

    Nohant Gaëlle, La Part des Flammes 

    - O - 

    - P - 

    Perez Chiara, Les Deux Orphelines 

    Perri Audrey, Une Bonne Âme 

    Pesnot Patrick, La Rose et le Bourreau 

    Peyramaure Michel, Le Roman de Catherine de Médicis 

    Poole Sara, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia, t1 

    Poole Sara, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia, t2 : La Trahison des Borgia 

    Poole Sara, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia, t3 : Maîtresse de Borgia 

    - Q - 

    Quinn Kate, Borgia, t1 : Le Serpent et la Perle 

    Quinn Kate, Rome t2 : L'Impératrice des Sept Collines 

    Quinn Kate, Rome t3 : Les Héritières de Rome 

    - R - 

    Renucci Clélia, Concours pour le Paradis 

    Révay Theresa, L'Autre Rive du Bosphore 

    Rindell Suzanne, Fascinante Odalie 

    - S - 

    Sauvage-Avit Jeanne-Marie, Perline, Clémence, Lucille et les autres... 

    Schackis Jean-Pierre, Amitiés rouge Sang - Le Sang des Âmes 

    Signol Christian, Ce que Vivent les Hommes, t1 : Les Noëls Blancs

    Signol Christian, Ce que Vivent les Hommes, t2 : Les Printemps de ce Monde 

    Simonson Helen, L’Été avant la Guerre 

    Solomons Natasha, Le Manoir de Tyneford 

    Spitzer Sébastien, Ces Rêves qu'on Piétine 

    - T - 

    Troyat Henri, Les Semailles et les Moissons, Intégrale

    - U - 

    - V - 

    Vlérick Colette, L'Herbe à la Reine 

    - W - 

    Willocks Tim, Trilogie Tannhauser, t1 : La Religion

    Willocks Tim, Trilogie Tannhauser, t2 : Les Douze Enfants de Paris 

    Wood Barbara, Inavouable Héritage 

    Wood Barbara, La Fille du Loup 

    Wood Barbara, Séléné 

    - X - 

    - Y - 

    Young Robyn, Les Maîtres d'Ecosse, t1 : Avènement

    Young Robyn, Les Maîtres d'Ecosse, t2 : Renégat 

    Yvert Sylvie, Mousseline la Sérieuse 

    - Z - 

    Zusak Marcus, La Voleuse de Livres 

  • « À présent, elle prend conscience que les arbres, les oiseaux, les nuages et les animaux possèdent un sens qui leur est propre, qui ne dépend en rien des activités humaines. »

     

     

        Publié en 2014 aux Etats-Unis

      En 2020 en France 

      Titre original : Flight of the Sparrow

      Editions 10/18 (collection Domaine Etranger)

      456 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Baie du Massachusetts, 1672. Bonne mère, bonne épouse, Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d'Angleterre. Lorsque son village est attaqué par des Indiens, elle est capturée et mise au service d'une femme puissante de la tribu. Séparée de ses enfants, réduite en esclavage, souffrant du froid et de la faim, Mary va pourtant découvrir peu à peu des coutumes et une liberté qui vont faire vaciller le socle rigide sur lequel reposait son univers corseté. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Colonie du Massachussetts, années 1670. Mary Rowlandson est une bonne épouse, une mère dévouée. Elle vit dans la petite ville frontière de Lancaster, au milieu d’une population empreinte de rigorisme et de religiosité. Un jour de l’hiver 1675, la communauté est attaquée par les Indiens et Mary est faite prisonnière, ainsi que d’autres femmes et enfants de Lancaster. Elle passera trois mois captive des Indiens, les suivant dans leur pérégrinations, découvrant leur mode de vie au plus près de la nature. Surtout, Mary connaîtra l’humiliation et l’indignité de l’esclavage, mise au service de Weetamoo, une puissante femme de la tribu. Cette expérience la change pour toujours : retournée à la vie « civilisée » c’est-à-dire la vie des colons anglais, Mary n’aura de cesse de s’élever contre les exactions commises contre les tribus indiennes et contre l’esclavage des natifs amérindiens et des peuples d’Afrique. Cela, évidemment, contre l’opinion générale qui ne la comprend pas. Mary devra alors assumer la méfiance et les commérages tandis qu’elle-même se débat dans un véritable cas de conscience, voyant toutes ses certitudes vaciller et se craqueler.
    Comment revenir dans un monde auquel on ne croit plus ?
    Ce que décrit Amy Belding Brown, c’est un peu un « syndrome de Stockholm », cet attachement qui parfois naît chez un prisonnier à l’égard de son geôlier, son ravisseur. D’abord terrifiée par les Indiens, oscillant entre un désir de fuite et parfois de mettre fin à ses jours, Mary, petit à petit, s’ouvre à ce monde nouveau : et si ces païens, présentés comme des sauvages, étaient en fait capables de faire preuve de bonté et de charité, comme n’importe quel chrétien et parfois même, encore mieux qu’un croyant ? Mary découvre progressivement leurs coutumes, leur culture, s’aperçoit que ce qu’elle avait imaginé comme une vie rude ne l’est en fait pas tant que ça ou, du moins, pas plus qu’à Lancaster où les colons anglais sont dépendants d’un environnement hostile, où une vague de forte chaleur l’été peut anéantir tout aussi bien les récoltes que le froid mordant de l’hiver, exposant alors la population au plus grand dénuement, à la famine et aux épidémies. Et même si les Indiens se montrent parfois changeants, lui octroyant parfois quelques grâces et se montrant un moment plus tard hostiles, Mary finit par s’accoutumer à cette vie au plus près de la nature, dans une relative liberté qu’elle découvre, elle, la femme chrétienne assujettie à la communauté et au patriarcat. Quand il faudra revenir à la vie normée de la colonie anglaise, le choc sera tout aussi brutal que l’enlèvement initial et l’attaque de Lancaster. Et Mary se retrouve alors tiraillée envers la loyauté qu’elle ressent envers les Indiens et qu’elle ne peut pas verbaliser et celle qu’elle doit, légitimement, ressentir envers sa communauté d’origine et son époux, Joseph.
    L’histoire de Mary Rowlandson est d’autant plus puissante et édifiante qu’elle est…vraie. Basée sur des faits réels, devrait-on dire, parce que l’auteure a un peu extrapolé à partir des archives disponibles, qui ne sont pas nombreuses et parfois contradictoires.
    Mary White est probablement née vers 1637 en Angleterre. Elle émigre avec sa famille en 1639 vers la colonie du Massachussetts, où ses parents s’installent dans la petite ville de Wenham. Les White font partie de ces vagues d’émigration qui touchent l’Angleterre dans un contexte politico-religieux des plus tendus : depuis 1625 c’est le roi Charles Ier qui a ceint la couronne. Or, Charles Ier, comme sa célèbre grand-mère Marie Stuart, est catholique. Les protestants les plus rigoureux, les conservateurs, les quakers, les puritains, quittent le royaume en masse. Direction les jeunes colonies des Amériques, qui ne sont pas encore les Etats-Unis (en 1620, c’est le cas des passagers du fameux Mayflower, par exemple). Mary passe donc toute son existence dans les colonies britanniques de l’autre côté de l’Atlantique. Elle y mourra vers 1711, à l’âge de soixante-quatorze ans.
    Mariée à Joseph Rowlandson, un pasteur rigoriste, elle en aura plusieurs enfants, qui apparaissent d’ailleurs dans le roman. Joseph n’est pas à proprement parler un fanatique, mais il ne jure et ne voit pas que par Dieu. Tout est signe et œuvre de Dieu, aucune rébellion n’est tolérable, aucune mise en cause du système ou du discours en place. Ces premières colonies des Amériques vivent et respirent en ayant toujours sur les lèvres le nom de Dieu, on lit la Bible toute la journée, la religion n’est même pas une habitude, c’est un mode de vie adopté dès la naissance et que l’on ne quitte plus jamais.
    Par le plus grand des hasards, Mary trouvera sa liberté et son échappatoire de la plus violente des manières. Mais comment s’émanciper de quelque chose que l’on ne discute pas, dans les années 1670 ?
    L’autre aspect du roman que j’avais pressenti, mais sans certitude, c’est la nature, les grands espaces. On est loin, au XVIIème siècle, d’un pays ultra urbanisé comme c’est le cas aujourd’hui. Les Etats-Unis de 2021 n’ont rien à voir avec les premières colonies européennes implantées dans un paysage grandiose et parfois hostile, au milieu de communautés indiennes natives, qui ont évidemment l’avantage de la connaissance du terrain et défendent, légitimement, leurs territoires. C’est ce que découvre d’ailleurs Mary au contact des Indiens : un mode de vie étroitement lié à la nature, un mode de vie qui s’adapte. Les Indiens vivent en communion avec la nature, quitte à mourir de faim, alors que les colons européens cherchent à modeler un territoire, à l’adapter et non à s’adapter, eux. Leurs croyances les orientent plus volontiers vers la terre, l’eau, les éléments et non vers un déisme abstrait qu’ils ne comprennent pas. J’ai d’ailleurs intégré ce livre à une sous-catégorie « Nature » du Pumpkin Autum Challenge et cela convenait absolument. Et on ne peut s’empêcher de se dire, en lisant ce roman, que ce mode de vie des Amérindiens, si proche de la nature, en communion avec elle, est menacé depuis longtemps mais l’est peut-être plus encore aujourd’hui, à l’ère de la mondialisation et de l’urbanisation galopantes.
    L’Envol du Moineau est aussi un roman très centré sur l’humain. De part l’histoire qu’il raconte, c’est évident. Paradoxalement, je ne me suis pas vraiment attachée à Mary : j’ai ressenti pour elle un peu la même chose que pour Molly, l’héroïne de La Cuisinière, de Mary Beth Keane. J’ai pris plaisir à découvrir leurs histoires mais sans forcément m’attacher à elles : j'ai eu l'impression un peu paradoxale de lire leur histoire de loin tout en ressentant malgré tout une certaine émotion. Cela ne veut donc pas dire que je n’ai pas compati ou que je n’ai pas compris Mary, au contraire. J’ai même trouvé son courage admirable : une fois revenue « à la civilisation », elle sera déterminée à faire valoir sa pensée, en dépit de la réprobation générale, en dépit des réprimandes infantilisantes et condescendantes de son époux, se croyant dans son bon droit et pensant exercer correctement son « devoir » de mari. Comment, quand on a découvert que les femmes peuvent avoir du pouvoir, même sur les hommes, que les femmes sont libres d’aimer leurs enfants comme bon leur semble, que ce qui a toujours été seriné comme la vérité vraie et universelle n’est en fait la vérité que d’une infime part de la population, revenir en arrière ?
    Ce roman, c’est le roman de la résilience, de la prise de conscience, de la découverte, de l’horreur aussi, parce que ce que vit Mary au moment de la prise de Lancaster est innommable et traumatisant. Il nous fait passer par une gamme de sentiments variés, on a parfois envie de tourner les pages, de lire encore et encore, et à un autre moment, on se freine par crainte de découvrir ce qui va se cacher plus loin. Une chose est certaine, c’est qu’il ne laisse pas indifférent.
    La prise de position de Mary contre l’esclavage des Africains et des Amérindiens n’est pas prouvée historiquement mais il est certain que la jeune femme n’a pas dû sortir indemne de sa captivité et il est probable que cette expérience a changé sa façon de voir le monde. Comme je le disais plus haut, le récit n’en est que plus percutant. Bref, si vous aimez les romans historiques, les histoires fortes, les grands espaces, lisez L’Envol du Moineau. Vous découvrirez les Amériques comme vous ne les avez jamais vues.

    En Bref :

    Les + : un récit fort, très bien écrit ce qui ne gâche rien. Il est résonne d'autant plus qu'il est basé sur une histoire vraie. 
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever, concernant cette lecture.


    L'Envol du Moineau ; Amy Belding Brown

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     

     


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  • « Auriane ne peut se départir de l'étrange impression de s'être perdue dans une description de Rousseau, témoin d'un peuple originel sans péché ni passion : paradoxalement celui qui s'approche le plus d'une forme simple et pure du bonheur. »

    Couverture Aux sources du vent

     

     

     

     

        Publié en 2017

      Editions Pocket

      298 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé : 

    1887. A 23 ans, orpheline d'un père couvert de dettes, Auriane accepte de quitter Paris pour devenir préceptrice en Indochine. Après un long voyage, la jeune femme se retrouve en pleine jungle, loin de Saigon et de la douceur de vivre dont elle avait rêvé. Qui plus est, mes deux enfants dont elle devait s'occuper ont été emportés par la maladie. Bientôt livrée à elle-même, Auriane doit trouver sa place dans cet univers à l'équilibre précaire où se côtoient colons, marchands, missionnaires, militaires et indigènes. C'est une toute nouvelle vie, dangereuse et intense, qui l'attend dans ce pays plein de mystères...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1887, la jeune Auriane n’a d’autre choix que de quitter Paris après la mort de son père, couvert de dettes. Contrainte d’accepter une place de préceptrice en Indochine, elle s’embarque sans se retourner, pour cette colonie française du bout du monde. Là-bas, elle découvre un monde bien différent de celui qu’elle vient de quitter : grandiose, certes mais aussi terriblement dépaysant et dangereux pour cette citadine policée qui n’a jamais rien connu d’autre que les trottoirs parisiens. En Indochine, les villes sont minuscules et la nature, immense, empiète sur tout. Deux saisons se succèdent : l’une, très sèche et l’autre, la mousson, où les ruisseaux se transforment en torrents, emportant routes et chemins. De plus, Auriane déchante quand elle pense s’arrêter à Saigon : la concession de ses futurs employeurs, les de Villardière, se trouve isolée dans une jungle luxuriante, au milieu d’un village de quelques baraques. Dans une humidité constante, au milieu d’une nature hostile, les Européens ont du mal à s’acclimater (on est loin de l’Indochine décrite par Marguerite Duras par exemple). Auriane débarque dans une atmosphère tendue : monsieur de Villardière tente comme il peut de maintenir à flots une concession qui ne demande qu’à couler pour de bon, sa femme Cécile, enceinte, semble près de verser dans une folie due à l’isolement et à la mort de leurs deux enfants ainés, qui ont succombé à des fièvres, mettant de fait Auriane au chômage dès son arrivée chez les de Villardière…
    L’ambiance du roman est assez étrange, tout aussi sombre que ce que le récit en lui-même. On est loin d’un roman dépaysant et lumineux comme peuvent l’être ceux de Sarah Lark par exemple (et pourtant, au départ, j’ai un peu rapproché l’histoire d’Auriane et celle d’Helen, l’une des héroïnes du Pays du Nuage Blanc, qui quitte l’Angleterre pour un poste de gouvernante en Nouvelle-Zélande). La concession française perdue dans les forêts de l’Annam a quelque chose d’inquiétant, presque abandonnée et peuplée de personnages qui ressemblent à des spectres. Les Européens vivent dans un désœuvrement total qui les poussent dans leurs derniers retranchements et Auriane, bientôt seule et livrée à elle-même va devoir se débrouiller par ses propres moyens et comprendre que les conséquences de ses actes ne la concernent plus elle toute seule mais toute une communauté qu’elle a du mal à comprendre et qui le lui rend bien.
    Il n’y a rien de réjouissant dans ce roman mais il dépeint en même temps relativement bien les dures réalités de la colonisation : les préjugés raciaux, l’hostilité parfois larvée mais bien présente entre deux peuples, le dominant et le dominé et la difficile acclimatation de ceux pour qui émigrer n’est pas un choix, comme Auriane. La jeune femme, qui a connu une vie relativement confortable jusque là, découvre que gérer une affaire commerciale sans connaître les us et coutumes du pays peut s'avérer dangereux et va commettre le faux-pas de trop, qui l’entraîne sur une pente plus que glissante…Heureusement, elle peut compter sur l’aide précieuse et discrète de François, jeune métis franco-annamite qui est loin de la laisser indifférente et qui lui enseigne comment fonctionnent les natifs de la région. Bientôt Auriane, d’abord imbue de sa supériorité de Blanche, apprendra à respecter ces gens simples sur qui elle peut compter alors que la France semble bien se ficher comme de sa première chemise de cette région inhospitalière perdue au fin fond de la jungle !

    Ecole Française XIXe siècle. Jonques sur une rivière en Indochine. -  Alain.R.Truong

     

    Jonques sur une rivière en Indochine (tableau de l'école française, XIXème siècle)


    Le roman aurait pu être passionnant s’il ne prenait pas soudainement un virage que je ne me suis pas expliqué, auquel je n’ai pas adhéré d’ailleurs et qui, pour moi, n’a rien à faire ici, disons-le clairement. Il est vraiment difficile de vous découvrir ce revirement de situation, ce rebondissement, sans vous le dévoiler entièrement et je ne veux évidemment pas le faire. Mais je dois avouer que, pour moi, c’est un peu le gros point noir de ce roman. Alors que cela démarrait bien, même si l’ambiance dont je parlais un peu plus haut ne met franchement pas à l’aise (on a l’impression d’arriver dans un monde qui se désagrège lentement), on tombe soudainement dans une intrigue aventureuse peut-être un peu trop poussée. Suivre le combat d’Auriane pour sauver la concession, essayer de s’acclimater, peut-être de développer un peu le village, avec l’aide de moins en moins méfiante des habitants, à la limite, pourquoi pas ? Cela serait resté cohérent alors que là on part dans quelque chose qui, en soi, n’est pas complètement fantaisiste mais l’est quand même un petit peu et rien auparavant ne laisse penser que le roman va prendre un tel revirement. J’avoue donc ressortir perplexe de cette lecture : le début m’a plu, la fin également, le milieu a été, comment dire ? Moins évident. Et pourtant, c’est une bonne grosse moitié du récit, quand même. Dire que j’ai été déçue serait très fort mais je ne peux honnêtement pas dire que j’ai aimé sans condition ce roman. Il m’a vraiment manqué quelque chose pour me sentir vraiment bien dans ce récit. J’ai en plus eu du mal avec le personnage d’Auriane, à laquelle je n’ai pas réussi à m’attacher, je l’ai trouvée d’abord trop méprisante, trop imbue d’elle-même puisque lorsque ces traits de caractère disparaissent, malgré tout je n’ai pas réussi à l’apprécier plus que ça. En revanche, le personnage de François m’a intriguée, je regrette presque que le récit n’ait été centré que sur Auriane et pas un peu plus sur lui.
    Aux Sources du Vent est un roman qui a plein de potentiel, qui est bien documenté et précis. On sent que l’auteur n’a pas foncé tête baissée et s’est intéressé à tout le contexte de l’Annam à l’époque de la colonisation française, aux coutumes ancestrales. Une chronologie bienvenue en fin d’ouvrage nous permet d’en apprendre un peu plus sur cette région du monde qui, au court de son Histoire, est passée sous la coupe de nombreux envahisseurs et oppresseurs. Les paysages sont aussi extrêmement bien décrits et on s’y croirait : la vallée du Mékong, les montagnes recouvertes de jungles inextricables, les petits villages faits de bois et de palmes…Mais voilà : à un moment donné, le récit dérape et ne parvient pas à se redresser et je le regrette beaucoup parce que j’ai eu l’impression que cela lui enlevait un peu de vraisemblance. Je ne suis pas contre une dose d’aventures mais il ne faut pas non plus que cela empiète sur le reste. Bref, je ressors mitigée de cette lecture : pas déçue mais malheureusement pas emballée non plus. Je ne regrette cependant pas de m’être fait mon propre avis sur un roman qui a obtenu autant de bons avis que d’impressions un peu plus nuancées. Vous y trouverez peut-être votre bonheur et je vous le souhaite.

    En Bref :

    Les + : un récit appuyé sur des informations solides et concrètes, une idée de départ vraiment pas mauvaise d'autant plus que l'Indochine n'est pas vraiment valorisée dans la littérature, on en parle peu je trouve...
    Les - :
    ...mais une véritable incompréhension pour la deuxième partie du roman qui part en vrille totalement et c'est dommage alors qu'un peu moins de romanesque aurait donné bien plus de vraisemblance et de cohérence au livre. 


    Aux Sources du Vent ; Frédéric Jeorge

     

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « De toutes .les façons de souder un équipage, la mort était peut-être le ciment le plus fort. »

    Couverture Pour les trois couleurs

     

     

         Publié en 2020 

      Editions Pocket

      494 pages

      Premier tome de la saga Les Aventures de Gilles        Belmonte

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Mars 1798. La France révolutionnaire est en guerre contre la plupart des monarchies d'Europe. Parmi ses ennemis, l'Angleterre et sa puissante Royal Navy sont les fers de lance de cette lutte sans merci qui s'éternise. Hélas, la jeune Marine républicaine se consume sur les cendres de la défunte Royale. La flotte française, à court de crédits, souffre d'une corruption généralisée. 
    Engagé à l'âge de treize ans, Gilles Belmonte en a vingt-neuf lorsqu'il accède au grade très convoité de capitaine de frégate. Il se voit confier une mission cruciale pour la survie de la France qui mettra à rude épreuve son humanité et son intelligence. Entre machinations des services secrets, combats navals et amours naissantes, survivra-t-il dans ce monde où l'ennemi n'est pas toujours celui que l'on croit ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Nous sommes en 1798, quelque part sur les mers du globe, où l’ancienne Marine Royale (surnommée simplement la Royale par ses marins) hisse maintenant pavillon tricolore. Le Directoire ne le sait pas encore mais ses jours sont comptés et, dans moins de deux ans, il aura été remplacé par le Consulat d’un jeune général promis à un brillant avenir : Bonaparte, futur Napoléon Ier. Pour le moment, la République doit se débattre dans une guerre contre ses puissants voisins et supporter le blocus maritime anglais de ses ports les plus stratégiques.
    C’est dans ce contexte que nous rencontrons Gilles Belmonte, vingt-neuf ans, dont près de vingt passés sur un navire de guerre. Embarqué à l’âge de treize ans, il n’a jamais plus quitté la Marine et, lorsqu’on le rencontre, il est le second de La Cassiopée. Mais on a pour lui de plus grands desseins et, à Bordeaux, où se jouent des parties diplomatiques qui, parfois, dépassent le simple cadre de la guerre maritime, l’amiral Granger nourrit pour Belmonte des ambitions que, peut-être lui-même n’espérerait même pas. Le voilà soudain propulsé capitaine de vaisseau, avec pour mission de convoyer vers les petites Antilles Manon Desmaret, épouse du gouverneur de la Martinique et sa fille Camille mais aussi chargé d’une mission plus occulte qui devrait l’emmener jusqu’à Boston, aux Etats-Unis.
    Sans mauvais jeu de mots, c’est une mission pleine d’écueils qui attend Belmonte et l’équipage de L’Egalité, le bâtiment dont il a pris le commandement. Mais, bien secondé par Jean Duval qui est aussi, par ailleurs, un ami sur lequel on peut compter et par un équipage déterminé, Belmonte a toutes les cartes en main pour réussir brillamment et déjouer les mauvais tours des ennemis de la République. Des ports atlantiques jusqu’à Madère, en passant par les petites Antilles convoitées, en cette fin de XVIIIème siècle par les Britanniques cherchant à les soustraire à l’influence française, l’histoire se déroule, doucement et puis parfois s’emballe…
    Pour ceux qui s’attendent à des aventures dignes de la flibuste ou de Pirate des Caraïbes, vous serez déçus ! Fabien Clauw, marin lui-même, prend bien le temps de nous décrire un univers qui peut être effectivement un peu abscons pour les néophytes. Cela m’a rappelé un peu l’univers de Nicolas Grondin (L’Enigme de la Diane) qui prenait vraiment le temps de nous faire découvrir l’univers de la Marine militaire à la fin du XVIIIème siècle… Ici, en plus, le contexte est très intéressant : la plupart des marins et des hauts commandants sont des anciens de la Royale et ne peuvent qu’assister impuissants au délitement de la Marine républicaine, en guerre contre ses puissants voisins, à commencer par l’Angleterre et l’Espagne des Bourbons. Et Belmonte comme les autres ne peuvent que déplorer que la Marine française ne soit pas mieux considérée après tous les fiers services qu’elle a pu rendre au pays (notamment pendant la guerre d’Indépendance américaine). Mais la Révolution est passée par là, punissant de bons éléments coupables d’être nés nobles, permettant certes à bien des marins d’accéder à des postes de commandement qu’ils n’auraient jamais pu briguer sous l’Ancien Régime et les guerres incessantes ainsi que les blocus affaiblissent une Marine jeune et qui ne peut pas réellement soutenir la comparaison avec les puissantes flottes anglaise ou néerlandaise.

    Frégate de 18 — Wikipédia

    Tableau représentant une frégate anglaise du XVIIIème siècle, la HMS Amelia

    J’ai trouvé ce roman vraiment passionnant et pourtant, l’histoire militaire et moi, ça fait deux. Je dois dire que ce n’est pas ce qui m’attire le plus en général mais les romans se passant sur les mers me fascinent en général. J’ai beaucoup aimé Le Sans-Dieu de Virginie Caillé-Bastide et j’ai été enthousiasmée il y’a plusieurs années par la saga en deux tomes de Nicolas Grondin, L'Énigme de la Diane.
    Ici, encore une fois, j’ai été emportée ! Ce roman m’a beaucoup plu et a su éveiller mon intérêt parce que ce n’est pas seulement la simple description de la vie à bord d’un navire de guerre. Alors oui, comme je vous le disais plus haut, il n’y a pas une aventure à chaque page, des abordages tous les chapitres et les pirates en sont quasiment absents ! Mais malgré tout, le secret entourant la mission de L’Egalité en Amérique, les ennemis qui ne sont pas francs du collier et semblent vouloir tout faire pour déjouer les plans de Belmonte donne au roman une petite tournure de roman d’espionnage assez sympathique !
    J’ai mis beaucoup de temps à le lire, à mon grand regret parce que ce roman m’a plu mais ce n’était peut-être pas le bon moment, j’aurais peut-être dû le lire en étant davantage disponible, je l’aurais peut-être encore plus apprécié ! Vu mon avis plus qu’élogieux alors que je ne lui ai finalement consacré qu’une petite part de ma concentration, je me dis que j’aurais peut-être même pu avoir un coup de cœur pour ce roman. Oui oui, rien que ça ! Vous vous en doutez, il ne me tarde maintenant plus qu’une chose, c’est de lire le tome suivant et découvrir enfin ce qui arrive à Belmonte, héros certes relativement mystérieux (on ne connaît finalement de lui que son origine bordelaise, sa famille relativement restreinte composée d’une mère et d’une sœur cadette et sa déjà longue expérience à bord d’une frégate mais c’est tout) mais aussi charismatique et dont l’aura émane des pages mêmes du livre, pour venir piquer notre curiosité.
    Un roman enlevé et qui sent les embruns et le sable, mais aussi le sang et la poudre. Un roman qui saura probablement passionner les néophytes comme les passionnés de mer et de bateaux. Un roman fédérateur donc et qui a le mérite, en plus, de se situer dans un contexte historique peu souvent utilisé par les romanciers. Il a donc tout pour lui, vraiment. 

    En Bref :

    Les + : un roman passionnant, précis et bien documenté. On s'y croirait !
    Les - : pour moi, pas vraiment de points négatifs à soulever ! 


     

    Les Aventures de Gilles Belmonte, tome 1, Pour les trois couleurs ; Fabien Clauw 

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « J'ai choisi moi-même quelle direction donner à ma vie. Mes enfants auront également le droit de décider du chemin qu'ils souhaitent prendre. »

    Couverture Waringham, tome 1 : La roue de la fortune

     

     

       Publié en Allemagne en 1997

      En 2019 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Das Lächeln der Fortuna

      Editions Pocket

      559 pages

      Premier tome de la saga Waringham

     

     

     

    Résumé :

    1360. Ses terres. Son nom. Son honneur. Le jeune Robin de Waringham a tout perdu. Son père, accusé de trahison envers la couronne d'Angleterre, vient de se pendre dans sa cellule. Il ne reste au jeune Robin qu'à travailler de ses mains. Comme garçon d'écurie,; chez le nouveau comte. Pour revenir en grâce, il devra prouver courage, intelligence et audace. Mais entre les rivalités des grandes maisons, les errements du roi et les manigances du Prince Noir, la roue de la fortune paraît plus incertaine que jamais...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Avec sa saga historique Waringham, dont le premier tome a été publié en Allemagne en 1997, la romancière Rebecca Gablé a connu un succès mondial.
    Sur le papier, cette saga avait tout pour me plaire : complots, intrigues en tous genres, ambitions personnelles, luttes pour le pouvoir, sur un fond historique des plus passionnants...le Moyen Âge m'attire toujours et j'adore les romans qui se passent à cette époque-là. 
    La Roue de la Fortune démarre en 1360 en pleine Guerre de Cent Ans, alors qu'une trêve fragile est signée avec la France (le traité de Brétigny). Le jeune Robin de Waringham apprend que son père, accusé de haute trahison, s'est pendu dans sa cellule. C'est la honte et l'humiliation pour la famille, la perspective d'un avenir des plus sombres pour Robin et sa jeune sœur Agnes. Contraint de travailler de ses mains ou d'entrer au couvent, Robin revient finalement à Waringham, où il est embauché comme palefrenier par le maître du haras seigneurial. Le jeune homme doit supporter l'installation du nouveau seigneur, Geoffrey Dermond et l'hostilité du fils de ce dernier, Mortimer, qui devient rapidement un ennemi irréductible de Robin, qui lui rend bien son inimitié. Pour espérer un jour retrouver Waringham, son titre, ses terres et ses rangs, Robin va devoir grandir, apprendre, tomber et se relever maintes fois. Quand, en plus, la couronne d'Angleterre est secouée par une crise familiale et le combat à peine dissimulé des grandes maisons du royaume, autant dire que la vie du jeune comte n'est pas de tout repos...
    En démarrant ce roman, j'ai retrouvé un peu l'ambiance des romans de Robyn Young : il m'a évoqué Les Serpents et la Dague qui se passe pendant la Guerre des Deux Roses, un peu plus d'un siècle après l'époque racontée ici...j'ai aussi pensé au premier tome des Maîtres d'Ecosse, où le jeune Robert de Bruce, futur roi d'Ecosse doit, comme Robin, passer par bien des vicissitudes pour parvenir à son but. Mais malheureusement, je dois dire que j'ai été bien moins emballée par l'univers de Rebecca Gablé que par celui de Robyn Young. Et pourtant, son intrigue est riche, bien documentée, l'époque est passionnante et préfigure par bien des aspects la lutte ouverte qui déchirera les lignées de York et de Lancastre dans la seconde moitié du XVème siècle et verra l'avènement de la dynastie des Tudors en 1485...Mais qu'est-ce que c'était long. Une lecture pas inintéressante mais malheureusement inégale et parfois très longue. C'est bien simple, j'ai parfois eu l'impression de lire une juxtaposition de faits sans suivre véritablement une intrigue. Il se passe beaucoup de choses mais certains événements sont traités longuement tandis que certains apparaissent un peu comme un cheveu sur la soupe, sans forcément être plus développés que cela...j'ai trouvé que c'était dommage dans la mesure où le roman a beaucoup de qualités, mais peut-être pas poussées au maximum de leur capacité.
    C'est dommage et je ressors donc assez mitigée de cette lecture. Je ne sais pas si je peux dire que je suis déçue...en tous les cas, je n'ai pas été captivée, ça, c'est certain et mon rythme de lecture s'en est ressenti d'ailleurs. Je n'avais pas forcément envie de me replonger dans ma lecture, je n'ai vraiment pas réussi à entrer dans l'intrigue, sauf un peu sur la fin où je l'ai sentie un peu mieux construite et plus fluide. Est-ce que cela préfigure un deuxième tome un peu plus enlevé et rythmé ? Je l'espère. Ce serait vraiment dommage de rester sur une note négative alors que je pressens vraiment un gros potentiel sur cette saga historique qui, il faut être honnête, est riche et bien documentée. L'Angleterre du XIVème siècle, la lutte des Plantagenêts, l'ambition du Prince Noir -le fils le plus célèbre du roi Edouard III-, la folie et le despotisme de son fils Richard II, qui conduira à sa déposition en 1399, les ambitions des autres frères, dont le duc de Lancastre et le duc d'York, dont les descendants s'écharperont au siècle suivant pour la couronne, revivent sous nos yeux. Gros point positif que je dois soulever aussi : les personnages, que j'ai beaucoup aimés. Robin m'a intriguée au début puis je me suis attachée à lui, j'ai aimé sa loyauté sans faille. Par moments, il m'a fait un peu penser au personnage de Ross Poldark de la saga du même nom, même s'ils vivent à quatre siècles de distance : Robin devient un personnage central de la vie d'une communauté, un homme de confiance, qui donne sa fidélité et ne la reprend plus. Un homme franc et droit, finalement l'incarnation du parfait chevalier médiéval.
    Bref, ce roman n'est pas dénué de qualités et heureusement. Je suis d'ailleurs assez curieuse de découvrir les générations suivantes de Waringham dans les tomes suivants donc je pense que c'est bon signe ! Je croise les doigts pour que mon avis sur le deuxième tome soit bien plus positif.

    En Bref :

    Les + : le riche contexte historique, pas forcément le plus mis en avant dans les romans, les personnages aussi.
    Les - : une intrigue qui met malheureusement trop de temps à se structurer, beaucoup d'événements, de faits qui apparaissent mais n'étaient pas assez développés à mon goût. Dommage.


    Waringham, tome 1, La Roue de la Fortune ; Rebecca Gablé

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     


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  • «  La vérité dessille les yeux et ouvre les cœurs. Un homme sans mémoire avance comme un aveugle et chaque obstacle qu'il rencontre le blesse davantage. »

    Couverture Marco Polo, tome 3 : Le Tigre des mers

     

     

     

         Publié en 2003

      Editions N°1/Stock

      368 pages 

      Troisième tome de la saga Marco Polo

     

     

     

     

    Résumé :

    Dans la Chine du XIIIe siècle, Marco Polo est au faîte de sa gloire. Le Grand Khan lui confie une mission secrète, la rédaction de l'Histoire de l'empire. 

    Alors que la secte du Lotus Blanc fomente complots et assassinats, un mystérieux incendie ravage tous les exemplaires du livre du Grand Khan et la mort inexpliquée de l'héritier du trône ensanglante la cour. 

    Le fils de Marco Polo se retrouve alors impliqué dans un complot contre l'empereur. Perdant ses illusions, le voyageur comprend qu'il sera toujours un étranger indésirable dans ce pays qu'il a tant aimé. La mort dans l'âme, il quitte la Chine avec toute sa famille. 

    Enfin de retour à Venise, nul ne croit aux récits de Marco. C'est en prison à la suite d'une guerre contre Gênes qu'il honorera enfin la promesse faite au Grand Khan. Le Livre des Merveilles restera l'ultime témoignage de son aventure fabuleuse. 

    De 1282 à 1324, le dernier épisode de la vie d'un homme devenu mythe, qui inspira les Grands Voyageurs, de Christophe Colomb à Magellan. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En cette fin du XIIIème siècle, cela fait près de vingt ans que Marco Polo vit en Chine. Mais son étoile pâlit, en même temps que le règne de son protecteur, l’empereur Khoubilaï Khan, s’achemine vers sa fin. Le Vénitien ne le sait pas encore mais son temps en Asie est compté ; bientôt, il va devoir envisager un retour vers Venise et vers l’Europe, quittées alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Mais avant cela, il va se voir confier une mission d’importance par le grand Khan, descendant du célèbre Gengis Khan : consigner son règne dans un manuscrit, qui sera ensuite diffusé dans tout l’Empire. Ce manuscrit, qui connaîtra bien des péripéties, poursuivi par la mystérieuse secte chinoise du Lotus Blanc, est à l’origine du fameux Livre des Merveilles ou devisement du monde, écrit par Polo à la fin de sa vie et qui raconte son voyage et sa vie en Asie.
    Marco Polo est probablement aujourd’hui l’un des Occidentaux les plus connus. Il n’est pourtant ni roi, ni prince, ni religieux, ni véritablement homme de lettres…rien ne le prédestinait à devenir aussi célèbre et pourtant : demandez à n’importe qui ce que le nom de Marco Polo et il évoquera Venise, la Route de la Soie, la Chine, la « légende » des nouilles rapportées par lui en Europe et popularisées par la suite.
    Né en 1254 à Venise, il est le fils de Niccolo Polo, marchand qui commerce régulièrement avec l’Asie. Le jeune Marco, élevé dans la cité lacustre avec sa mère, grandit dans le fantasme de ce père absent qui revient un beau jour, de manière inattendue et débarque non sans mal dans la vie du jeune Marco, alors adolescent. Celui-ci n’a pas vingt ans lorsqu’il est entraîné par Niccolo dans un périlleux voyage à travers le Moyen-Orient jusqu’en Chine, alors aux mains des empereurs mongols descendants de Gengis Khan. Marco ne sait pas encore qu’il passera presque vingt ans de sa vie là-bas, devenant un proche de Khoubilaï, ce qui, évidemment, ne se fera pas sans mal, l’Européen suscitant bien des jalousies. Louvoyant dans un monde inconnu mais avec lequel il va se familiariser, mettant à l’épreuve ses talents de diplomate, Marco Polo va se fondre dans l’Empire, sans jamais pourtant en faire partie intégrante. Et alors que Khoubilaï amorce doucement sa chute, dans l’ombre, on œuvre pour écarter le « favori » européen. La situation de Marco n’a jamais été aussi périlleuse.
    Dans une Chine secouée par les revendications de la population chinoise soumise avec difficulté à l’emprise des Khans (la dynastie mongole des Yuan a succédé à celle des Song, d’origine chinoise, qui a régné sur l’Empire du Milieu de 960 à 1279), Marco Polo va devoir la jouer fine pour conserver sa vie et sauvegarder celle de ceux qui lui sont chers, à commencer par son fils, l’imprévisible Dao Zhiyou, né de sa liaison avec la belle Noor Zade. Il va aussi devoir faire le deuil de la très belle et magnétique mais non moins ambitieuse Xiu Lan, qui ne veut pas se contenter uniquement d’être la maîtresse d’un conseiller européen, fut-il privilégié, mais vise l’empire, rien de moins.
    Ce troisième tome est le tome de la maturité, après un premier volume qui ressemblait à un roman d’apprentissage (La Caravane de Venise) et un tome intermédiaire (Au-delà de la Grande Muraille) racontant la force de l’âge. Ce tome est marqué du sceau des souvenirs et de la nostalgie. Pour la première fois depuis presque vingt ans, Marco doit envisager bien malgré lui de quitter la Chine où, tant bien que mal, il a fait sa vie. Le voyage de retour sera aussi éprouvant que le voyage de l’aller : alors que son premier périple suit le fameux tracé de la Route de la Soie, c’est par mer que Marco, son père, son oncle et son fils rentrent vers l’Europe, traversant la mer de Chine, longeant les côtes sauvages de Sumatra puis de Ceylan avant de remonter vers la Perse, porte d’une Europe qui a bien changé depuis que les Polo ont quitté Venise, vers 1271. Nous sommes alors dans les années 1290, à l’aube du XIVème siècle. Marco apprend avec stupeur que la Terre Sainte est tombée aux mains des musulmans, avec la chute d’Acre en 1291, il découvre la nouvelle monnaie frappée par Venise, le ducat, il retrouve une ville différente de ce qu’il connaissait et en même temps, qui éveille bien des souvenirs en lui…Marco, à la fin de sa vie, est un « déraciné », ni vraiment d’ici, ni de là-bas. Il est de nulle part. Considéré par les Asiatiques comme un étranger, un barbare venu de la lointaine Europe, il se rend compte que ses anciens compatriotes ne sont pas loin de penser la même chose de lui ! Et les Vénitiens de la fin du XIIIème siècle, fortement imprégnés de culture judéo-chrétienne et de religiosité ne peuvent admettre les récits de l’aventurier, qu’ils prennent pour des affabulations, ni plus ni moins. Personne ne sait encore et surtout pas le principal intéressé que quelques décennies plus tard, son Livre des Merveilles inspirera les grands navigateurs de la fin du Moyen Âge, de Magellan à Christophe Colomb.

    Image dans Infobox.

     

    Khoubilaï Khan, empereur de Chine d'origine mongole qui règne sur l'Empire du Milieu de 1271 à 1284


    Aujourd’hui, la communauté historique remet plus volontiers en question les récits de Polo, certains historiens vont même jusqu’à considérer que son voyage n’a peut-être jamais eu lieu. Preuve aussi que l’historiographie est peut-être plus nuancée qu’il y’a quelques années où les chercheurs osant remettre en cause le voyage vers la Chine de Marco Polo se voyaient systématiquement mis au ban de la communauté historique, on accepte aujourd’hui cette thèse et on peut même dire qu’elle est particulièrement répandue. Le Livre de Merveilles est-il effectivement un récit quelque peu romancé mais basé sur des événements avérés ou bien une totale invention ? Marco Polo a-t-il vécu en Chine, proche de l’empereur Khoubilaï ? Rien ne nous permet de le confirmer ni de l’infirmer. C’est cela aussi, parfois, le charme de l’histoire : on reste dans un prudent entre-deux qui permet d’imaginer bien des choses et aux romanciers de s’engouffrer dans la brèche. C’est ce que fait Muriel Romana, encore une fois avec beaucoup de brio. Je déplore vraiment que cette saga soit si peu connue et si difficilement trouvable ! Elle est pourtant bien écrite et richement documentée…entre parenthèses, quand on voit parfois ce qui est republié en poche, on se dit que cette trilogie l’aurait amplement mérité par rapport à d’autres histoires. Loin de moi l’idée de juger tel ou tel univers mais on ne peut s’empêcher d’en arriver à cette conclusion : peut-être que l’édition, parfois, n’est pas motivée que par la qualité. Auquel cas, cette saga aurait sûrement reçu bien plus de visibilité.
    Ce que raconte Muriel Romana dans cette trilogie est, dans la mesure du possible, avéré. Toutes ses descriptions sont le fruit de recherches finement menées. Des personnages fictifs se mêlent à des personnages ayant réellement existé, les jeux politiques et les ambitions de chacun sont très bien amenés. On vit en totale immersion à la Cour du Grand Khan, dans une Chine dépaysante , aux paysages sauvages spectaculaires et aux coutumes si différentes de celles de l’Europe de la même époque ! On voyage, on visualise les lieux, on en sent les odeurs, on en goûte les épices. Et, tandis que le deuxième tome nous avait emmenés jusqu’en Birmanie et en Annam, dans cet ultime tome, on voyage jusqu’aux forêts humides et luxuriantes de l’île de Ceylan.
    Bref, ce roman m’a beaucoup plu et ne m’a pas déçue, comme les deux précédents. J’ai encore une fois passé un bon moment, dans cette Asie médiévale que je connais peu mais bien mieux, je dois l’avouer, qu’avant de commencer cette saga.
    Une saga à lire et à relire si vous aimez les romans historiques teintés d’une pointe d’originalité. Vous ne serez probablement pas déçus !

    Image dans Infobox.

     

    Représentation de Marco Polo au XIXème siècle : il tient dans les mains son Livre des Merveilles

    En Bref :

    Les + : une fin de trilogie efficace et enthousiasmante ! 
    Les - :
    Aucun...le livre aurait été même un peu plus long que ça ne m'aurait pas dérangée !


     

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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