• Romans Historiques

     

    Romans Historiques

     

    SOMMAIRE ROMANS HISTORIQUES

     

    - A - 

    Ashford Lindsay, La Dame de l'Orient-Express

    Audouard Antoine, Adieu mon Unique 

    - B - 

    Baker Jo, Une saison à Longbourn 

    Barthel Jocelyne, Mademoiselle de Pâquelin 

    Benzoni Juliette, Ces Femmes du Grand Siècle 

    Benzoni Juliette, De Deux Roses l'Une 

    Benzoni Juliette, La Florentine, Intégrale, t1 : Fiora et la Vengeance

    Benzoni Juliette, La Florentine, Intégrale, t2 : Fiora et l'Amour

    Benzoni Juliette, La Guerre des Duchesses, t1 : La Fille du Condamné

    Benzoni Juliette, La Guerre des Duchesses, t2 : Princesse des Vandales 

    Benzoni Juliette, La Petite Peste et le Chat Botté 

    Benzoni Juliette, Les Chevaliers Intégrale 

    Benzoni, Un Aussi Long Chemin 

    Berest Claire et Anne, Gabriële

    Berest Claire, Rien n'est Noir

    Bourassa Marie, Le Maître des Peines, t1 : Le Jardin d'Adélie 

    Bourassa Marie, Le Maître des Peines, t2 : Le Mariage de la Licorne 

    Bourassa Marie, Le Maître des Peines, t3 : Le Salut du Corbeau

    Bourdon Françoise, Le Maître Ardoisier 

    Bourdon Françoise, Les Tisserands de la Licorne 

    Boysson (de) Emmanuelle, Le Temps des Femmes, t1 : Le Salon d'Emilie

    Boysson (de) Emmanuelle, Le Temps des Femmes, t2 : La Revanche de Blanche

    Boysson (de) Emmanuelle, Le Temps des Femmes, t3 : Oublier Marquise 

    Broca (de) Alexandra, Monsieur mon Amour 

    Brussolo Serge, Marion des Pierres, t1 : Pèlerins des Ténèbres 

    Brussolo Serge, Marion des Pierres, t2 : La Captive de l'Hiver

    - C - 

    Caillé-Bastide Virginie, Le Sans Dieu

    Calmel Mireille, La Marquise 

    Calmel Mireille, Les Lionnes de Venise, t1 

    Carolis (de) Patrick, Letizia R. Bonaparte : dans l'intimité de la mère de Napoléon

    Chandernagor Françoise, L'Enfant des Lumières 

    Charréard Alex, Philis : une Héroïne, une Femme 

    Chauveau Sophie, Fragonard, l'Invention du Bonheur 

    Chauveau Sophie, Le Siècle de Florence, t2 : Le Rêve Botticelli 

    Chauveau Sophie, Le Siècle de Florence, t3 : L'Obsession Vinci 

    Chevalier Tracy, A l'Orée du Verger 

    Chevalier Tracy, La Dernière Fugitive 

    Chouraqui Véronique, D'un Rouge Incomparable 

    Cilento Antonella, Lisario ou le Plaisir Infini des Femmes 

    Contrucci Jean, La Vengeance du Roi-Soleil 

    - D - 

    Dédéyan Marina, De Tempête et d'Espoir, t1 : Saint-Malo

    Dédéyan Marina, De Tempête et d'Espoir, t2 : Pondichéry 

    Dédéyan Marina, Moi, Constance, Princesse d'Antioche 

    Deschamps Fanny, La Bougainvillée, t1 : Le Jardin du Roi

    Deschamps Fanny, La Bougainville, t2 : Quatre-Épices 

    Desprat Jean-Paul, Les Couleurs du Feu, t3 : Rouge de Paris 

    Desprat Jean-Paul, Les Princesses Assassines

    Di Fulvio Luca, Le Gang des Rêves 

    Diwo Jean, Demoiselles des Lumières 

    Duchêne Jacqueline, La Dame de Vaugirard

    Duchêne Jacqueline, La Femme du Roi-Soleil 

    Duchêne Jacqueline, Madame l’Étrangère 

    Dufaux Jean et Delaby Philippe, Murena, t1 : La Pourpre et l'Or (BD)

    Dufaux Jean et Delaby Philippe, Murena, t2 : De Sable et de Sang (BD) 

    Dupuy Marie-Bernadette, Angélina, t1 : Les Mains de la Vie 

    Dupuy Marie-Bernadette, Angélina, t2 : Le Temps des Délivrances 

    Dupuy Marie-Bernadette, Les Enfants du Pas du Loup 

    - E - 

    Ebershoff David, Danish Girl

    - F - 

    Fajardie Frédéric H., La Lanterne des Morts 

    Fellowes Julian, Belgravia 

    Fernandez Dominique, La Course à l'Abîme

    Fischer Elise, Mystérieuse Manon 

    Ford Mackenzie, Un Amour Dérobé 

    Fraser Emma, Quand soufflera le Vent de l'Aube

    Frydman Sarah, La Saga des Médicis, t1 : Contessina

    Frydman Sarah, La Saga des Médicis, t2 : Le Lys de Florence

    Frydman Sarah, La Saga des Médicis, t3 : Lorenzo ou la Fin des Médicis 

    - G - 

    Glasfurd Guinevere, Les Mots entre mes Mains 

    Grèce (de) Michel, Le Rajah Bourbon 

    Grèce (de) Michel, Le Vol du Régent 

    Gregory Philippa, La Dernière Reine

    Gregory Philippa, La Princesse Blanche

    Gregory Philippa, La Reine Clandestine 

    Grissom Kathleen, La Colline aux Esclaves

    Grissom Kathleen, Les Larmes de la Liberté

    Grondin Nicolas, L’Énigme de la Diane, t1 : De l'Iroise aux Caraïbes

    Grondin Nicolas, L’Énigme de la Diane, t2 : Des Antilles aux Mascareignes 

    Gyasi Yaa, No Home

    - H - 

    Hermary-Vieille Catherine, La Bourbonnaise 

    Hermary-Vieille Catherine, Le Rivage des Adieux 

    Hope Anna, Le Chagrin des Vivants 

    Hug Nathalie, 1, Rue des Petits-Pas 

    - I - 

    - J -

    Janzing Jolien, Audrey et Anne 

    - K - 

    Keane Mary Beth, La Cuisinière 

    Kertanguy (de) Inès, Les Héritiers de Kervalon 

    Khadra Yasmina, Ce que le Jour doit à la Nuit 

    - L - 

    Lapierre Alexandra, Je te vois Reine des Quatre Parties du Monde 

    Le Nabour Eric, Retour à Tinténiac

    Lenormand Frédéric, Mademoiselle Chon du Barry ou les Surprises du Destin 

    Lesage Mireille, Les Ailes du Matin, t1

    Lesage Mireille, Les Ailes du Matin, t2 

    Leyshon Nell, La Couleur du Lait 

    Lyndon Robert, La Quête 

    - M -

     

    Marchal Eric, La Part de l'Aube 

    Marchal Eric, Le Soleil sous la Soie 

    Marcus Mary, Le Refuge des Souvenirs 

    Mansiet-Berthaud Madeleine, Les Nuits Blanches de Léna

    Mantel Hilary, Le Conseiller, t1 : Dans l'Ombre des Tudors

    Mantel Hilary, Le Conseiller, t2 : Le Pouvoir

    Mazetti Katarina, Le Viking qui voulait épouser la Fille de Soie 

    Michelet Claude, Des Grives aux Loups, t1

    Michelet Claude, Des Grives aux Loups, t2 : les Palombes ne passeront plus 

    Montaldi Valeria, La Rebelle : Femme médecin au Moyen Âge

    Moore Viviane, La Saga de Tancrède le Normand (Intégrale des trois premiers tomes)

    Morell Léon, Le Ciel de la Chapelle Sixtine 

    Mutch Barbara, Une chanson pour Ada 

    - N - 

    Noblet Maryvonne, Médiévales 

    Nohant Gaëlle, La Part des Flammes 

    - O - 

    - P - 

    Perez Chiara, Les Deux Orphelines 

    Perri Audrey, Une Bonne Âme 

    Pesnot Patrick, La Rose et le Bourreau 

    Peyramaure Michel, Le Roman de Catherine de Médicis 

    Poole Sara, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia, t1 

    Poole Sara, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia, t2 : La Trahison des Borgia 

    Poole Sara, Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia, t3 : Maîtresse de Borgia 

    - Q - 

    Quinn Kate, Borgia, t1 : Le Serpent et la Perle 

    Quinn Kate, Rome t2 : L'Impératrice des Sept Collines 

    Quinn Kate, Rome t3 : Les Héritières de Rome 

    - R - 

    Renucci Clélia, Concours pour le Paradis 

    Révay Theresa, L'Autre Rive du Bosphore 

    Rindell Suzanne, Fascinante Odalie 

    - S - 

    Sauvage-Avit Jeanne-Marie, Perline, Clémence, Lucille et les autres... 

    Schackis Jean-Pierre, Amitiés rouge Sang - Le Sang des Âmes 

    Signol Christian, Ce que Vivent les Hommes, t1 : Les Noëls Blancs

    Signol Christian, Ce que Vivent les Hommes, t2 : Les Printemps de ce Monde 

    Simonson Helen, L’Été avant la Guerre 

    Solomons Natasha, Le Manoir de Tyneford 

    Spitzer Sébastien, Ces Rêves qu'on Piétine 

    - T - 

    Troyat Henri, Les Semailles et les Moissons, Intégrale

    - U - 

    - V - 

    Vlérick Colette, L'Herbe à la Reine 

    - W - 

    Willocks Tim, Trilogie Tannhauser, t1 : La Religion

    Willocks Tim, Trilogie Tannhauser, t2 : Les Douze Enfants de Paris 

    Wood Barbara, Inavouable Héritage 

    Wood Barbara, La Fille du Loup 

    Wood Barbara, Séléné 

    - X - 

    - Y - 

    Young Robyn, Les Maîtres d'Ecosse, t1 : Avènement

    Young Robyn, Les Maîtres d'Ecosse, t2 : Renégat 

    Yvert Sylvie, Mousseline la Sérieuse 

    - Z - 

    Zusak Marcus, La Voleuse de Livres 

  • « Passé et avenir se touchaient au présent dans un cercle toujours renouvelé, avec les mêmes effets et les mêmes conséquences sur lesquelles nous n'avions aucun pouvoir. »

    Couverture Mémoire, tome 3 : Mémoire d'exil

     

     

     

         Publié en 2019

      Editions Pocket

      328 pages 

      Troisième tome de la saga Mémoire Froissée

     

     

     

     

    Résumé :

    1440. La guerre de Cent Ans est finie, les Anglais sont partis. Mais à quel prix ? Le royaume est exsangue, saigné, déchiré entre partisans de Charles VII, ennemis désabusés et traîtres à la Couronne...Un bien triste et dangereux spectacle pour deux femmes en voyage, de Champagne en Périgord... La plus âgée, Dame Anne Chauverson, a le coeur plein de l'amour qu'elle compte enfin y retrouver. Quant à Clara, sa petite-fille, plus curieuse et rebelle encore que sa grand-mère, c'est après un savoir interdit qu'elle court tête baissée...Au risque de l'exil...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans ce troisième tome de Mémoire Froissée, on retrouve Anne Chauverson, que l'on suit depuis le premier tome et que l'on a vue grandir, s'épanouir puis vieillir. C'est désormais une vieille dame de soixante-dix ans, qui a connu bien des deuils et des épreuves mais qui connaît aussi le bonheur auprès de sa petite-fille, la vive et intelligente Clara, passionnée d'astrologie comme sa grand-mère a pu l'être de médecine dans son jeune temps.
    Dans ces années 1440, la guerre s'éloigne enfin du nord de la France : si elle n'est pas complètement terminée, on commence enfin à en entrevoir la fin et l'issue. Aidé de Jeanne d'Arc, Charles VII a fait basculer le conflit : alors qu'on donnait perdant le petit roi de Bourges, il est parvenu à se faire couronner à Reims, retrouvant une légitimité que le traité de Troyes de 1420 lui avait enlevé. Désormais, les Anglais ne seront plus jamais maîtres du royaume et le savent.
    A Troyes, Anne veille sur sa petite-fille Clara qui, loin de s'intéresser aux garçons et aux colifichets, préoccupations bien de son âge, ne cesse de courir après la science et le savoir. Et cet intérêt ne manque pas d'inquiéter Anne car en cette fin de Moyen Âge, on assimilerait volontiers la pratique de l'astrologie à des pratiques plus obscures et interdites, comme la sorcellerie...Et voilà d'ailleurs que les pères du couvent des Cordeliers cherchent noisent à la famille Chauverson...Pour Anne, l'occasion de s'éloigner se profile et surtout celle de partir sur les traces d'un homme rencontré plusieurs années plus tôt, dont elle n'a aucune nouvelles mais pour lequel elle nourrit encore un tendre sentiment.
    Accompagnée de Clara, qui ferait bien de se faire un peu oublier, Anne part donc vers le sud du royaume, mal préparée à ce qu'elle va y trouver car si la Champagne commence à respirer, délivrée de l'étau du long conflit franco-anglais, les régions au sud de la Loire sont encore en proie à un chaos sans nom : Anglais et Français continuent de se disputer pied à pied les anciens territoires de l'Aquitaine, anglaise depuis plus de deux cents ans. Et le moins que l'on puisse dire c'est que la farouche région d'Aliénor résiste, à l'image de Bordeaux, l'une de ses plus grandes villes. Beaucoup sont encore fidèles à l'Anglais, suzerain séculaire mais on commence malgré tout à pencher vers Charles VII et le parti français. Pour le peuple, le conflit s'éternise a amené dans son sillage les fléaux habituels : famine, misère, maladies, bandes de routiers qui pillent, tuent, volent et violent, laissant la région à feu et à sang, les châteaux détruits et les routes peu sûres. Mais pour Anne, qui se dirige vers la fière forteresse de Beynac, sur les bords de la Dordogne, ce voyage, malgré les épreuves, ne fait que la rapprocher de cet homme qu'elle n'a jamais oublié, le chevalier Gaétan de Tayac. Mais est-elle bien préparée à ce qui l'attend au bout de la route ? Serait-ce aussi pour Anne le début de la fin ?
    Malgré quelques approximations historiques (Charles VII qui est appelé Charles VI, Jean sans Peur, le duc de Bourgogne, devient à plusieurs reprises Jean sans Terre), ce troisième tome de Mémoire Froissée est très plaisant. Encore une fois, j'ai retrouvé ce que j'avais aimé dans les tomes précédents : des personnages qui vivent certes dans une relative aisance (Anne est la veuve d'un riche libraire de Troyes, son fils a suivi une formation poussée en Italie et a servi le duc de Bourgogne à Bruges comme maître tailleur de pierres et entretient des relations relativement étroites avec Jacques Coeur, Argentier du roi Charles VII) mais qui n'en font pas moins partie du peuple. Ce ne sont pas les grands de ce monde (rois, reines et chevaliers) qui sont mis en avant ici -ni la vie de château- mais des personnages lambda, représentatifs de la société de cette fin du Moyen Âge. Anne est toujours aussi intéressante même si, dans ce troisième tome, on la sent plus lasse, plus âgée, moins patiente. Pour elle, c'est le moment de se retourner sur sa vie et d'en faire le bilan tandis que, par contraste, la jeune Clara s'ouvre à la vie et n'a pas assez d'yeux, ni de bras, ni de jambes pour l'embrasser toute entière, malgré les épreuves traversées et les horreurs de la guerre auxquelles la jeune fille de quinze ans est confrontée dans une Aquitaine qui n'a plus ni foi ni loi. Clara est le symbole de tous ces hommes et femmes de sciences qui, de tout temps, ont étudié, cherché, pour faire avancer le savoir humain, au risque parfois de leur propre sécurité -ou de leur propre vie. Et surtout, ce roman nous montre bien que la science n'est pas l'apanage d'une époque, ni d'un sexe ou d'une civilisation en particulier, la culture non plus d'ailleurs et le Moyen Âge, souvent présenté comme un âge obscur, ne l'est peut-être pas tant que ça. Clara, en tant que femme, est intéressante aussi, parce que son sexe présente un obstacle évident en ce milieu de XVème siècle, à la recherche dans laquelle la jeune fille s'est lancée corps et âme. On a envie de savoir si les objectifs qu'elle s'est fixés seront atteints, en dépit de tout.
    Sortir de Troyes et de la Champagne m'a plu aussi : j'ai retrouvé une région plus familière avec ce sud-ouest que je connais bien et qui est encore alors une terre bien plus anglaise que française. On sillonne les bords de la Dordogne et on découvre le contexte avec intérêt, d'autant plus qu'il est toujours bien raconté par Christine Machureau ? L'imagination prend-t-elle parfois le pas sur les faits historiques ? Peut-être bien, mais cela n'est pas gênant non plus. Ce troisième tome m'a fait l'effet d'une charnière entre les deux premiers et les deux suivants, c'est un peu une sorte de pivot, un basculement d'une histoire - celle d'Anne- à une autre - celle de Clara.
    Encore une fois, une lecture agréable, pleine de rebondissements. Mémoire d'exil m'a rendue curieuse de la suite, j'ai très envie de découvrir maintenant les aventures de Clara. 

    En Bref :

    Les + : un troisième tome plaisant, bien écrit et qui, s'il est la clôture d'une époque, en ouvre aussi une nouvelle, avec Clara, la petite-fille d'Anne, qui prend de plus en plus de place.
    Les - :
    deux ou trois approximations et anachronismes mais rien de grave.


     

    Mémoire Froissée, tome 3, Mémoire d'exil ; Christine Machureau

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     


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  • « Jusqu'ici, les sorcières ont réussi à se cacher à travers tout le pays. C'est comme de chasser des souris : trouvez-en une et vous mettrez la main sur tout un nid. Le roi suspecte de longue date le Lancashire d'héberger des délinquantes et des sorcières. Je ne suis que trop heureux de remettre ces personnes entre vos bonnes mains, afin d'éradiquer le mal, avant qu'il ne contamine le reste du royaume. »

    Couverture Les sorcières de Pendle

     

     

     

       Publié en 2019 en Angleterre

      En 2021 en France (pour la présente édition)

      Titre original : The Familiars

      Editions Pocket

      448 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Lancashire, 1612. A 17 ans, la jeune châtelaine Fleetwood Shuttleworth a déjà par trois fois perdu un enfant à naître. Déterminée à donner un héritier à son époux, elle redoute grandement l'issue de sa quatrième grossesse. Lorsqu'elle croise le chemin d'Alice Gray, une sage-femme qui connaît parfaitement les plantes médicinales, Fleetwood voit en elle son dernier espoir. 
    Mais quand s'ouvre un immense procès pour sorcellerie à Pendle, tous les regards se tournent vers Alice, accusée comme tant d'autres femmes érudites, solitaires ou gênantes. Fleetwood fera tout pour arracher, coûte que coûte, sa bienfaitrice à la potence. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Le Lancashire en 1612. La jeune Fleetwood Shuttleworth, châtelaine de Gawthorpe Hall, est enceinte pour la quatrième fois. Elle n'a pas pu mener à terme ses précédentes grossesses et a perdu les bébés. À dix-sept ans, la jeune femme n'a donc plus qu'un espoir : mener à bien cette quatrième grossesse et donner enfin naissance à un enfant sain. Mais elle en mauvaise santé et craint pour sa vie et celle du bébé. Un jour, dans les bois entourant Gawthorpe, Fleetwood rencontre une jeune femme, Alice Gray. Celle-ci est sage-femme et guérisseuse et accepte de s’occuper de Fleetwood. Mais à Pendle, en cette année 1612, une véritable chasse aux sorcières est orchestrée, après qu’un habitant ait été soi-disant envoûté par une prétendue magicienne. Et Alice Gray se retrouve à son tour accusée de sorcellerie.
    Pour Fleetwood, l’arrestation d’Alice est un drame. Non seulement parce que tout ses espoirs de survivre et de sauver son enfant reposent sur les épaules de la jeune guérisseuse mais aussi parce qu’Alice est venue briser la solitude dans laquelle vit Fleetwood à Gawthorpe près d’un mari aimant mais aussi trop distrait et qui la néglige. Plus que sa sage-femme c’est une véritable amie que Fleetwood va s’échiner à sauver.
    Les Sorcières de Pendle a rencontré un beau succès sur les réseaux sociaux cet automne : pour ma part je l’avais découvert au printemps sur les suggestions d’une autre lectrice et je m’étais dit que je le lirai plus tard. En effet, bien que se passant à la fin du printemps et en été, Les Sorcières de Pendle s’accorde aussi très bien à l’automne de part son ambiance et son sujet. Comme je le pensais, ce roman m’a séduite. Je me méfie en général des phénomènes littéraires encensés unanimement sur les réseaux ou les blogs. Finalement ici, mon ressenti rejoint la majorité : Les Sorcières de Pendle est un très bon roman historique, très bien écrit et qui a le mérite de traiter autrement le sujet de la sorcellerie et des chasses aux sorcières. Stacey Halls donne une tournure résolument féminine -si ce n’est féministe- à cette histoire basée sur des faits avérés : au mois d’août 1612, sur Pendle Hill dans le Lancashire, de prétendues sorcières furent pendues après avoir été les victimes d’un procès instrumentalisé et expéditif. Quant à Gawthorpe Hall, c’est un lieu qui existe véritablement et que l’on peut encore visiter aujourd’hui. Fleetwood, l’héroïne du roman, a également existé : on sait qu’elle est née en 1595 et a accouché de son premier enfant en août 1612.
    C’est une belle histoire d’amitié et de sororité que ce roman, au-delà de l’intrigue historique pure. Fleetwood et Alice n’ont pourtant rien en commun : âgée d’une vingtaine d’années celle-ci est issue d’un milieu plus que modeste et a connu la misère. Elle n’est pas mariée et manipule les herbes et les remèdes ce qui la rend éminemment suspecte pour la société de l’époque. Quant à Fleetwood, elle est représentative de ces femmes de la haute bourgeoisie, riche et oisive, affligée à dix-sept ans d’un mariage et d’une maternité précoces parce qu’il faut se dépêcher de donner un héritier à son époux et ainsi, pérenniser son nom.
    Fleetwood et Alice sont finalement assez complémentaires toutes les deux et peuvent s’apporter un soutien mutuel. Ici, la puissance s’inverse même puisque Fleetwood devient dépendante d’Alice. Son influence sociale et financière ne lui sont alors d’aucune utilité tandis qu’Alice qui n’est riche que de son savoir et de son honnêteté, devient la pierre angulaire de leur duo.
    Le roman montre aussi combien une société patriarcale et foncièrement misogyne peut broyer et briser les femmes, les emportant comme des fétus de paille à la moindre tourmente. À travers l’un des personnages masculins du roman, Stacey Halls montre la force et l’impunité des hommes en ce début du XVIIème siècle et leur mainmise sur la société et la justice (si tant est qu’ils aient eux-mêmes une certaine puissance, souvent innée parce qu’elle ne découle pas d’un quelconque mérite mais seulement de la naissance). Fleetwood se heurte à une laideur et une noirceur calculatrice qu’elle n’avait jusque-là jamais vécues dans son cocon isolé et protecteur de Gawthorpe. Et en même temps, à mesure qu’on la découvre, on se rend compte que Fleetwood n’est pas aussi lisse qu’il n’y paraît et que sa jeune existence n’a pas toujours été drôle ni forcément très lisse. La jeune femme déterminée se mue en véritable enquêtrice et s’enfonce dans cette affaire ténébreuse des sorcières de Pendle avec la ferme intention de tirer Alice des griffes de la justice royale.
    Pour tous ces points là, Les Sorcières de Pendle mérite d’être lu et peut-être même relu. Parce que l’histoire de ces femmes ne peut, avec le recul de quatre siècles, que nous effarer et nous révolter. Parce que Stacey Halls donne une véritable place à une femme enceinte dans son roman : Fleetwood est en effet l’héroïne et non pas un personnage secondaire. Parce que l’histoire qui lie les deux jeunes femmes, Fleetwood et Alice, est aussi forte, aussi puissante qu’une histoire d’amour. Et parce que l’auteure écrit très bien, là, le compte est bon.
    Un bon premier roman dans lequel se plonger si on aime les histoires qui sortent de l’ordinaire.
      

    En Bref :

    Les + : l'aspect sororal du roman, le sujet également,qui a une résonance particulière avec le féminisme actuel et la plume de l'auteure.
    Les - :
     vraiment aucun point négatif à soulever.


    Les Sorcières de Pendle ; Stacey Halls

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Penses-tu que le but de la peinture soit la beauté ? Qu'est-ce que la beauté si elle n'est pas habitée ? »

    Couverture L'Or du Chemin

     

     

     

           Publié en 2019

       Editions Albin Michel 

       144 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Qu’est-ce qu’aimer ? Comment mener une vie qui vise à l’essentiel ? Comment œuvrer à rendre l’homme meilleur ? Ces questions d’hier et d’aujourd’hui sont au cœur de la quête de Giovanni, un peintre florentin du début de la Renaissance. Pauline de Préval nous raconte son parcours singulier : les épreuves qu’il traverse, son combat contre ses doutes, mais aussi contre l’emprise de l’argent qui façonne la société de son temps, comme sa volonté de doter sa vie de sens. Léonora, sa bien-aimée, Brunelleschi, son ami, Starnina, son maître, le guident tour à tour vers le plus intime de lui-même. Dans l’Italie enfiévrée du XVème siècle, un roman initiatique porté par une émotion intense, qui propose à chacun de retrouver la clef du paradis.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Giovanni est un peintre florentin du Quattrocento. Un de plus, me direz-vous. On ne compte plus les artistes italiens et notamment ceux issus de Florence, en ce début de XVème siècle. Ce n'est pas encore la Renaissance mais celle-ci se profile néanmoins à l'horizon, notamment avec la construction du fameux dôme de Brunelleschi, dans la future cité des Médicis...Alors que le reste de l'Europe est encore engluée dans le Moyen Âge, déjà de nouvelles lumières s'élèvent sur la péninsule italienne.
    De Giovanni, on sait peu de choses hormis que l'art est une vocation d'enfance. Fils de teinturier, sa voie semble toute tracée : reprendre un jour l'affaire de son père. Mais le jeune garçon n'aime rien tant que dessiner, faire naître des figures sous sa main et jouer avec les couleurs, les plus belles, les plus puissantes, sans se restreindre aux simples coloris utilisés pour teindre la laine. Giovanni renonce donc à la vie qu'on lui avait promise, mais sans regrets. Il se lance alors dans la recherche d'une toute une vie : comment retranscrire la beauté, si subjective et abstraite, pour la rendre clairement perceptible à chacun ? Comment se faire une place dans le monde fermé des artistes ? Comment retrouver Léonora, son amour perdu, que les hommes puis la fatalité lui ont enlevée ? Dans une longue errance, l'artiste se perfectionne mais l'homme aussi, que Giovanni devient, fort d'une expérience unique et personnelle.
    L'Or du Chemin est un tout petit roman, d'un peu plus cent pages, presque de la taille d'une nouvelle. L'intrigue est pourtant riche et dense, autant que l'errance de Giovanni avant de se trouver est longue. A travers ce personnage fictif, c'est un peu toute l'émulation artistique de l'Italie du XVème, promise à influencer ensuite toute l'Europe, que Pauline de Préval interroge. En ce jeune artiste contemporain de Brunelleschi ou de Masaccio, on retrouve un peu de Giotto, un peu de Lippi, un peu de Léonard...il est un peu tous ces artistes à la fois tout en étant unique aussi par l'expérience de vie que l'auteure lui prête. Les questionnements qu'il se pose sont aussi criants d'une vérite pure.
    Toutefois, peut-être justement parce que le roman est relativement court et que l'auteure ne s'appesantit pas vraiment, j'ai eu l'impression de survoler un peu ces personnages et de ne pas réussir à les visualiser vraiment. Ainsi, je suis restée relativement distante d'eux et si l'intrigue ne m'a pas déplu, j'ai déploré de ne pas pouvoir me sentir plus proche des divers protagonistes du roman, à commencer par Giovanni qui en forme l'armature, la trame. Mais j'ai beaucoup aimé la façon d'écrire de Pauline de Préval, très actuelle mais qui, en même temps, se marie très bien avec son intrigue plus historique. Peut-être ce roman aurait-il mérité un peu plus de développements car il a beaucoup de potentiel et pour moi qui aime beaucoup l'Histoire de l'Art et notamment le XVème siècle italien (les romans de Sophie Chauveau lus il y'a quelques années n'y sont pas pour rien), j'avoue ne pas avoir été déçue et avoir trouvé quelque chose de captivant dans ce roman. Mais j'en aurais bien lu plus, franchement, ne serait-ce que pour rester encore un peu avec la plume de Pauline de Préval, douce et subtile, qui a su me séduire dès les premières pages.

    En Bref :

    Les + : un style doux et subtil ainsi que très moderne, qui se met au service d'une intrigue historique et artistique mais avec une résonance relativement universelle.
    Les - : des personnages à peine ébauchés qui peinent à toucher malgré la noblesse ou le beauté de leurs convictions.


    L'Or du Chemin ; Pauline de Préval

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • «  La vie du corps est-elle la vraie vie ? Et l'esprit rien d'autre qu'une lumière anormale, comme les feux de Saint-Elme que les marins voient entourer le sommet des mâts au milieu de l'Atlantique ? »

    Couverture Dernier requiem pour les innocents

     

     

           Publié en 2011 en Angleterre 

       En 2016 en France (pour la présente édition)

       Titre original : Pure

       Editions Pocket

       432 pages 

     

     

     

    Résumé :

    Paris, 1785. Une odeur pestilentielle s'est emparée du cœur de la capitale. Des caves avoisinantes aux étals des marchands, le cimetière des Saints-Innocents déborde, pourrit à ciel ouvert, contamine tout le quartier. A Versailles, on s'inquiète. 
    Chargé de résoudre le problème, le jeune ingénieur normand Jean-Baptiste Baratte plonge au cœur du Paris des petites gens et des commerçants qui vivent autour du cimetière, et se met à l'ouvrage. Mais pour transférer les fosses vers les catacombes de Denfert, il devra livrer au conservatisme et à la superstition une bataille féroce. Pour faire enfin briller quelques Lumières, au milieu des charniers...

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    1785, Paris. Le quartier du cimetière des Innocents suffoque : le cimetière déborde, littéralement et empoisonne l’atmosphère. Le pouvoir décide alors de le supprimer, ni plus ni moins, d’assainir les lieux et de faire disparaître l’ancien cimetière, qui remonte à des temps immémoriaux (au moins depuis l'époque mérovingienne) et a accueilli des générations de Parisiens dans ses fosses et ses ossuaires.
    Pour ce faire, un jeune ingénieur des Ponts et Chaussées, Jean-Baptiste Baratte, arrive tout droit de sa Normandie natale pour prendre en charge le projet. Idéaliste, plein d’espoir et de projets, le jeune homme se heurte pourtant à une tâche colossale, dont il ne sortira pas indemne. Car rayer un cimetière de la carte, sur le papier, c’est facile. Le pouvoir à Versailles a décrété cela aussi facilement qu’il aurait signé une lettre de cachet envoyant un prisonnier à la Bastille. Mais voilà, sur le terrain, Jean-Baptiste va vite s’apercevoir qu’un cimetière, ce n’est pas qu’une affaire de mort, ni même une simple tâche administrative : aux Innocents vit un vieux prêtre, ancien missionnaire en Chine, un organiste, Armand, avec lequel Jean-Baptiste va se lier d’amitié et le sacristain avec sa petite-fille Jeanne, qui n’a jamais connu d’horizon plus étendu que le quartier et l’entendue herbeuse du cimetière et de ses charniers. Et pour certains habitants du quartier, le cimetière est le point de mire de toute une vie, un lieu familier que l'on s'apprête à détruire. Comme le lui dit si bien la fille de ses logeurs, c'est un peu son enfance qu'il est en train de détruire, pour autant que cela puisse nous paraître surprenant. Pour tous ces gens, les Innocents n’est pas qu’un lieu sordide, putride et nauséabond, c’est un lieu de vie, aussi peu agréable soit-il, où s’accrochent des souvenirs et une existence.
    Et puis, si ce projet s’inscrit parfaitement dans ce contexte hygiéniste et physiocrate qui caractérise la fin du XVIIIème siècle, si les tenants des Lumières sont évidemment pour la disparition de cette relique du passé qui, en plus, empoisonne les riverains, Jean-Baptiste va se rendre compte que, dans ce siècle écartelé entre croyances et raison, athéisme et superstitions, les vieilles légendes ne sont pas mortes. Ne parle-t-on d’une bête infernale mi-loup mi-chien qui hanterait les ossuaires ? Ne se souvient-on pas de l’aubépine des Innocents qui, complètement sèche, aurait soudainement refleuri à l’été 1572, donnant aux catholiques une justification pour le massacre qu’ils s’apprêtaient à perpétrer contre les protestants ? En un mot, le cimetière des Innocents fait partie de la vie des habitants du quartier et Jean-Baptiste l’apprendra à ses dépens…
    De plus, que l’on soit croyant ou non, la déférence envers la mort est humaine et instinctive. On ne plante pas une pelle dans de la terre ayant recueilli des corps, des cercueils, comme dans un carré de terre vierge. Ce que Jean-Baptiste et ses ouvriers vont déterrer n’est pas anodin : reliques de vies anciennes et parfois disparues depuis des siècles, os et parfois même, des corps remarquablement bien conservés, qui mettent brutalement les vivants en face de l’une des peurs les plus enfouies chez l’Homme… on ne détruit pas non plus une église vieille de plusieurs siècles comme on mettrait un coup de pied dans un tas de terre. C’est un travail digne des travaux d’Hercule qui leur est demandé, un travail éprouvant psychiquement et physiquement, choquant parfois. Aucun de ceux qui assisteront à la destruction des Innocents n’a ressortira vraiment indemne.

    Quand les morts débordaient du cimetière de Paris - Le Parisien

     

    Vue du cimetière des Innocents et de son quartier avant sa destruction


    Le récit d’Andrew Miller se base sur un fait avéré : au milieu des années 1780, suite à un printemps particulièrement pluvieux, les soubassements du cimetière des Innocents s’effondrent, déversant dans les caves des maisons voisines les contenus de fosses communes, ossements et cadavres en putréfaction. Complètement imprégnée par les corps, la terre exhale odeurs et miasmes qui finissent par contaminer le quartier entier, entre les rues Saint-Denis, de la Lingerie et de La Ferronnerie. Ce qui pouvait passer pour normal encore un siècle plus tôt, voire moins, est intolérable en cette époque de grand progrès : c’est l’époque des « Lumières », qui rime avec modernité, avec progrès. C’est à ce moment-là, à la fin du règne de Louis XVI, qu’est décrété la suppression du cimetière, qui devra être remplacé par un grand marché (le marché des Innocents, lui-même supprimé en 1858).
    Pour le reste, Dernier Requiem pour les Innocents est une œuvre de fiction, mais basée donc sur un fait historique authentique. Autour de cela, l’auteur brode une histoire humaine, plus petite que la grande Histoire, celle de multiples destins féminins ou masculins : on y croise des personnages tous représentatifs de leur époque, de Jean-Baptiste le jeune ingénieur, incarnant la modernité tout comme l’organiste Armand ou le médecin Guillotin, avec sa vision presque contemporaine de la médecine, aux Monnard, bourgeois parisiens parmi d’autres, en passant par Héloïse, la fille publique. Pendant une bonne centaine de pages, ce roman ne m’a pas mise à l’aise. L’ambiance est trouble, opaque, presque glauque parfois. Elle est épaisse aussi, presque palpable. C’est une atmosphère vraiment particulière et presque gênante. Pour autant, je n’en ai pas détesté ma lecture, bien au contraire : déjà, c’est vraiment bien écrit. Le style est lent, tout est écrit au présent mais une vraie force se dégage du style d’Andrew Miller. C’est précis, c’est très visuel aussi…on vit l’excavation des fosses, l’exhumation des cercueils, des ossements, comme si on y était. Oui, parfois cette évocation fait froid dans le dos. Mais il n’y a pas que ça, ce roman est bien plus riche qu’une simple relation d’événements. Il y’a aussi tout un univers qui se développe en parallèle, des personnages également, qu’on apprend à connaître au fil des pages et qui, comme je le disais plus haut, font partie intégrante de cette histoire car ils sont tous un peu symboliques, entre les représentants d’une certaine modernité et ceux qui continuent à avancer de manière immuable alors que la société française d’Ancien Régime toute entière ne le sait pas encore mais court vers l’abîme.
    Ce roman est particulier, vraiment, on ne peut le nier. Mais si vous aimez les romans historiques, je pense qu’il pourra vous plaire. Personnellement, j’ai eu un peu peur au début de ne pas aimer, je ne savais pas trop quoi en penser. Puis tout s’est dénoué progressivement et facilement, je me suis seulement laissée emporter par l’intrigue qui coule, fluide et cohérente, jusqu’à la fin. Un roman riche, intense et qui ne laisse pas indemne, on ressort de cette lecture quand même un peu secoué. Une bonne surprise et une lecture totalement adaptée à la période automnale ! 

    En Bref :

    Les + : un récit qui coule, cohérent et fluide, des personnages bien travaillés et représentatifs et un sujet qui, on ne peut le nier, n'est pas banal ! 
    Les - : une ambiance particulière qui pourra peut-être en déranger certains mais qui participe malgré tout à l'atmosphère globale du roman et qui ne m'a pas gênée plus que ça personnellement, même si j'ai mis un peu de temps pour m'y habituer. 

      


     

    Dernier Requiem pour les Innocents ; Andrew Miller

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     

     


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  • « La guerre entraîne des atrocités, qui nous font honte la paix revenue. »

    Couverture La bête des Saints-Innocents

     

     

     

         Publié en 2015

      Editions J'ai Lu

      629 pages 

      Cinquième tome des Aventures d'Olivier Hauteville

     

     

     

     

    Résumé :

    Après l'assassinat d'Henri III, Henri de Navarre s'attela à conquérir son royaume que la Sainte Ligue lui refusait. Ayant écrasé l'armée de la Ligue, Henri mit le siège devant Paris. La famine qui s'ensuivit provoqua la mort de dizaines de milliers d'habitants. En examinant la dépouille d'une femme trouvée dans le cimetière des Saints-Innocents, on s'aperçut qu'elle avait été en partie dévorée. D'autres découvertes tout aussi macabres devaient suivre. S'agissait-il de crimes perpétrés par des lansquenets affamés, ou plus effrayant, de forfaits commis par un loup-garou ? Le commissaire Louchart, forcené ligueur, est persuadé de l'existence de la Bête, selon lui un animal venu des Enfers pour meurtrir les Parisiens à la demande de l'hérétique Henri de Navarre. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    1591. Henri III est mort depuis deux ans et son cousin Henri de Bourbon, roi de Navarre, a ceint la couronne. Mais le nouveau roi n'est pas reconnu par une partie de la population car il est protestant.
    Paris, la capitale du royaume, s'apprête à vivre un siège pendant lequel la famine emportera des milliers d'habitants. Épidémies et disette éprouvent les Parisiens prisonniers de leur ville pendant de longs mois. Mais ce n'est pas tout...bien vite, des enfants et des femmes disparaissent et sont retrouvés mutilés, probablement en partie dévorés. Alors que l'on pense au début que les coupables sont des lansquenets, on s'aperçoit très vite que les crimes perdurent, même après leur arrestation. Et parce qu'en cette fin de XVIème siècle, on est aussi religieux que superstitieux, très vite la rumeur qu'une bête diabolique, peut-être à la solde du roi de Navarre, s'est jetée sur Paris pour en massacrer les habitants. Un loup-garou assoiffé de sang humain sévirait-il dans la capitale ?
    Dans un contexte extrêmement éprouvant où la Ligue se déchire en plusieurs factions, où les Espagnols de Philippe II n'attendent que l'occasion favorable pour fondre sur le royaume de France affaibli par des années de guerres civiles et où les armées d'Henri IV encerclent la ville, ces meurtres sanglants viennent en plus rajouter à l'ambiance tendue une terreur dont se seraient bien passés les Parisiens. Alors justement, que se passe-t-il entre les murs de Paris ? Et pourquoi l'ambitieux commissaire Louchart cherche-t-il à utiliser et instrumentaliser cette histoire de loup-garou ?
    Cette cinquième aventure d'Olivier Hauteville est presque un roman à part entière, qui peut très bien se lire indépendamment des autres. Et il a bien changé, le jeune Parisien découvert plusieurs années plus tôt dans Les Rapines du duc de Guise. C'est désormais le cousin par alliance du roi, qu'il a rejoint sans pour autant renier sa foi catholique. Et il semblerait que bien des magistrats parisiens penchent pour cette solution, eux aussi, au grand dam de la Ligue catholique, affaiblie malgré tout par les dissensions de ses membres, certains tenants fidèles des Lorrains (qui, depuis l'assassinat du duc de Guise sont représentés par le duc de Mayenne qui n'a ni charisme ni réelle influence et par sa sœur, aigrie et vieillie par les échecs) tandis que les autres lorgnent de plus en plus vers l'Espagne des Habsbourg...
    Olivier Hauteville, à la faveur de cette affaire louche où un partisan d'Henri IV se retrouve impliqué, va revenir à Paris et peut-être trouver le moyen, enfin, de se venger du commissaire Louchart.
    Comme d'habitude, en partant de témoignages, de chroniques, de mémoires, Jean d'Aillon exhume des faits divers parfois enfouis dans les limbes de l'Histoire et en fait le point de départ d'un roman, prenant plaisir à mêler le vrai du faux jusqu'à ce que la limite entre les deux devienne si floue qu'on n'arrive plus à savoir ce qui est authentique et ce qui ne l'est pas.
    Plus roman historique et d'aventures que réelle enquête policière, ce volume met en avant un contexte intéressant et finalement assez peu connu, où se croisent une myriade de personnages tous plus ciselés les uns que les autres. Étrangement, Olivier Hauteville n'est au centre du roman qu'à partir de la seconde moitié du roman mais cela n'est pas gênant pour autant et on suit ce roman comme un épisode de série avec cette question qui revient sans cesse (même si on connaît la réponse, près de cinq cents ans plus tard ) : qui, de la Ligue ou d'Henri IV sortira vainqueur de ce bras de fer sans merci ?
    Les seuls bémols que je soulèverais concernant ce roman sont les suivants : des coquilles récurrentes et c'est un peu dommage, une ou deux incohérences et les très nombreux personnages que l'on finit par confondre (j'avoue qu'à la fin, ils étaient un peu amalgamés dans mon esprit et j'avais du mal à savoir qui était qui).
    A part ça, si vous aimez les romans historiques rythmés, nul doute que La Bête des Saints-Innocents pourra vous plaire.

    En Bref :

    Les + : un récit historique et rythmé, se passant à une époque que l'on croise peu dans les romans historiques, ce qui est dommage parce qu'elle est au final très intéressante ! 
    Les - :
    de trop nombreuses coquilles et les personnages, foisonnants, que l'on finit par confondre (notamment les personnages secondaires).


    Les Aventures d'Olivier Hauteville, tome 5, La Bête des Saints-Innocnens ; Jean d'Aillon

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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