• Pour attendre Noël

    Pour attendre Noël

     

     

  • [POUR ATTENDRE NOËL] #1 Traditions du monde entier : le festival des lanternes géantes aux Philippines

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #1 Traditions du monde entier : le festival des lanternes géantes aux Philippines

     

     

    Penser à Noël, c'est imaginer une cabane perdue dans les neiges de Scandinavie, éventuellement dans les forêts du Canada... la maison du Père Noël, les rennes, les elfes, les longues nuits...on se réchauffe avec du vin chaud aux épices, on se déplace en traîneau, les lacs sont gelés...c'est vrai que c'est féerique, non ? 

    Mais il ne faut pas oublier que l'on fête Noël partout et que, dans certaines régions du monde, les images que cette fête convoque ne sont évidemment pas les mêmes que pour nous, en Occident. 

    Aujourd'hui, je vous propose de découvrir une tradition des Philippines, que vous connaissez peut-être déjà mais que je découvre, pour ma part. Il s'agit du Festival des Lanternes Géantes, Ligligan Parul Sampernandu en philippin. Ancienne colonie espagnole, l'archipel des Philippines a conservé une tradition catholique très forte et met un point d'honneur à célébrer l'une des fêtes les plus importantes de l'année : Noël. Elle est attendue depuis septembre, c'est dire ! 

    Les Lanternes Géantes, donc. Oui, oui, vous avez bien lu : les lanternes géantes. Alors de quoi s'agit-il exactement ? C'est un festival qui a lieu le samedi précédent Noël, dans la ville de San Fernando, considérée comme la capitale de Noël des Philippines. C'est une véritable compétition durant laquelle onze villages (barangays) s'affrontent en tentant de construire la plus grande lanterne. 

    Cette manifestation festive puise sa source dans une tradition bien plus ancienne mais encore observée aujourd'hui : pendant les neuf jours qui précèdent Noël, a lieu chaque matin une messe que l'on dit du coq car elle est célébrée à 4 heures du matin. Et, chaque soir, on allume devant les maisons une lanterne que l'on appelle là-bas la parol et qui est faite à la main avec du papier et du bois (de l'espagnol farol, qui signifie lanterne ou lumière). Celle-ci est en forme d'étoile et renvoie directement à la Bible et aux traditions chrétiennes puisqu'elle évoque l'étoile de David qui guida les Rois Mages. Aux Philippines et dans d'autres pays chrétiens d'Asie, l'étoile est aussi symbole d'espoir. Si, au départ, les créations étaient modestes, réalisées avec du papel de hapon (le papier utilisé pour les origamis japonais) et une armature de bambou, mesuraient une cinquantaine de centimètres et étaient éclairées par de petites bougies, aujourd'hui, pour le festival, elles se sont complexifiées et sont devenues spectaculaires : certaines atteignent 5 mètres de diamètre et sont éclairées grâce à des ampoules électriques clignotantes donnant l'impression d'observer un kaléidoscope ! 

    [POUR ATTENDRE NOËL] #1 Traditions du monde entier : le festival des lanternes géantes aux Philippines

     


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  • [POUR ATTENDRE NOËL] #2 Légendes de Noël

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #2 Légendes de Noël

     

     

    La semaine dernière, je vous ai proposé de voyager aux Philippines, à la découverte d'une tradition très suivie là-bas et qui célèbre la lumière, durant la période de l'Avent. Cette semaine, on revient en France et en Europe pour découvrir les légendes ancestrales attachées à cette période de l'année...Animaux soudain doués de la parole, pierres qui bougent...Noël est une période féerique et propice aux légendes, certaines d'origine chrétienne et d'autres, bien plus oniriques...

     

    Les Êtres Inanimés, dans l'Est et le Nord

    En Franche-Comté, on raconte qu'une roche pyramidale, qui domine la crête d'une montagne, se met à tourner trois fois sur elle-même au moment de la Messe de Minuit, quand le prêtre, durant la cérémonie, lit la généalogie de Jésus-Christ.
    La nuit de Noël également, le sable des grèves, les rochers des collines, les vallées, s'entrouvrent pour laisser apparaître tous les trésors enfouis dans le centre de la terre.
    Dans cette région, on raconte aussi l'étrange histoire de la Pierre qui Vire. Il s'agit d'une haute pierre pointue, qui se trouve en équilibre sur un rocher, entre deux villages : Scey-en-Varais et Cler. Elle fait un tour complet sur elle-même lorsqu'elle arrive l'heure de la Messe de Minuit. Dans les Vosges, un peu plus au Nord, c'est la légende la Pierre Tournerose que l'on raconte à la veillée. Cette pierre se trouve près de la ville de Remiremont et elle se mettait subitement en mouvement lorsque les cloches de Remiremont, Saint-Etienne et Saint-Nabord se mettaient à sonner pour appeler les fidèles à la Messe célébrant la Nativité.
    Ces légendes des Êtres inanimés se retrouvent jusqu'en Normandie, à l'opposé de la Franche-Comté. En pays de Caux, par exemple, il existe des légendes de pierres qui se mettent à tourner (pierres tournantes). Ces pierres se mettaient soudain en mouvement lorsque était célébrée la Messe de Minuit et exécutaient trois tours sur elles-mêmes. Les monstres qui étaient censés habiter les profondeurs de ses rochers sortaient à ce moment-là aussi et exécutaient des danses folles atour d'elles. On peut citer pour exemple la Chaise de Gargantua à Duclair, la Pierre Gante à Tancarville ou encore, la Pierre du Diable à Griquetot-sur-Ouville. En pays de Caux, en plus de ces légendes des Êtres Inanimés, on pense que les cloches perdues se mettent à sonner le soir de Noël : par exemple celles de l'église d'Ouville-l'Abbaye, qui serait enfouie dans le Bosc-aux-Moines, à Boudeville.
    Dans le Contentin, à Minières, se trouve un énorme bloc de pierre qui pèserait une tonne mais parvient tout de même à sauter par trois fois le jour de Noël, à minuit pile.

    Les Légendes Bretonnes sur les Pierres Tournantes

    On le sait, la Bretagne est une terre fertile en ce qui concerne les légendes...
    A Carnac, on retrouve la légendes des Pierres Tournantes. En effet, à Carnac, les menhirs se mettent à tourner sur eux-mêmes par trois fois avant d'aller se baigner dans l'océan. Un jour, un malin bien renseigné sa cacha aux abords de Carnac, la nuit de Noël et attendit que les pierres se déplacent vers l'océan pour mettre la main sur les trésors que l'on dit enfouis sous elles. Il se glissa dans un trou mais, étourdi par le scintillement de l'or qu'il trouve là, il ne pense pas à remonter et, le menhir, rafraîchi par son bain de mer, reprend sa place et écrase l'homme trop hardi.Le Calendrier de l'Avent d'A-Little-Bit-Dramatic Comme en Normandie, de nombreuses pierres (mégalithes, menhirs) se mettent en mouvement en cette nuit particulière...c'est le cas à Jugon (Côtes-du-Nord) ou un mégalithe se rend à la rivière de l'Arguenon. Dans le bois de Couardes, c'est, cette fois, un bloc de granit qui descend pour vers un ruisseau tout proche pour aller étancher sa soif. Il regagne ensuite sa place de lui-même. Au mont Beleux, tout au sommet, se trouve un menhir qui, la nuit de Noël se laisse emporter par un merle et laisse ainsi à découvert un fabuleux trésor...Les pierres de Plouhinec vont elles aussi boire à la rivière Intel toute proche tandis que la pierre de Saint-Mirel, elle, est liée à la légende rabelaisienne de Gargantua, qui s'en serait servi pour aiguiser sa faux. Après les moissons, il l'aurait plantée comme on la voit encore aujourd'hui. Elle passe pour cacher un trésor qui appâta, un jour, un paysan des alentours. Ce dernier était très avare et lorsqu'il sut que les roches, à la Noël, laissait à découvert de fabuleux trésors pendant qu'elles descendaient vers les ruisseaux pour se désaltérer, songea à s'en emparer.
    Pour pouvoir récupérer le trésor caché sous la pierre de Saint-Mirel, il fallait au paysan s'emparer d'un rameau d'or qu'il trouverait dans les bois de coudriers. Ce rameau avait autant de puissance que la baguette des fées. Muni de ce rameau magique, le paysan se précipita vers le plateau où se trouvait la pierre. A minuit, il la vit bouger et s'élever au dessus de la terre. Il s'approcha alors du trou béant laissé dans la terre par la pierre mobile et l'éclaira de son rameau d'or. Il fut émerveillé par tout l'or qu'il vit au fond du trou et se mit à l'entasser dans ses poches, dans un sac, dans ses vêtements...mais, aveuglé par cette richesse, il oublia que la pierre allait à un moment où un autre reprendre sa place...lorsque celle-ci s'élanca pour se remettre dans le trou comme si elle n'en avait pas bougé, l'avare s'y trouvait toujours. Il fut broyé par la masse de la pierre et son sang arrosa le fabuleux trésor de Saint-Mirel.

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #2 Légendes de Noël

     

    Les légendes animalières

    La croyance la plus populaire est que les animaux, la nuit de Noël sont soudainement doués de la parole, comme les humains et se mettent donc à conserver pendant la Messe de Minuit, notamment pendant la lecture ou le chant de la Généalogie du Christ. C'est sans doute les restes des mystères médiévaux de Noël où l'on faisait parler les animaux présents dans la crèche de la Nativité. 
    Dans les Vosges, on veille bien à donner beaucoup à manger aux animaux avant de se rendre à la Messe. Dans le Val-d'Ajol on croit en effet que les animaux se mettent à parler entre eux. Un habitant de Cornimont se jura d'en avoir le cœur net. Il alla donc se coucher, discrètement, dans un coin de son écurie et attendit. Lorsque minuit sonna, il vit l'un de ses bœufs se réveiller, s'approcher de l'un de ses compagnons et lui demander ce qu'ils feraient le lendemain. Son compagnon lui répondit qu'ils mettraient leur maître en terre. Le pauvre homme fut saisi d'une telle frayeur qu'il tomba raide mort et les bœufs menèrent ainsi leur maître au cimetière comme ils l'avaient prédit ! Une semblable mésaventure arriva à une habitante d'un petit village proche de Remiremont, qui, allant visiter ses étables pendant la Messe de minuit entendit ses boeufs dire qu'ils ne tarderaient pas à la porter en terre.
    Dans les Landes, on assure aussi que les animaux de la crèche se mirent à parler le soir de Noël, évoquant la naissance du Christ : le bébé n'avait alors que leur haleine pour se réchauffer. Ce don miraculeux est envoyé chaque année aux animaux de la crèche en souvenir de la Nativité. Cependant, entendre les animaux parler le soir de Noël causera un grand malheur au curieux qui tendra l'oreille : il tombe mort à l'instant même !

    Les légendes liées au Diable

    La nuit de Noël est une nuit de fête, certes, mais c'est aussi une nuit...particulièrement mystérieuse ! A l'approche de Noël, Satan se met à détester encore plus que d'habitude les humains. En effet, la naissance de Jésus lui remet en mémoire son propre et cuisant échec (n'oublions pas que Satan est un ange déchu qui tomba du Paradis). Il jette sur les chemins des pistoles, qui ne manqueront pas d'attirer, par leurs reflets, les fidèles en route pour la Messe de Minuit. Au pied des croix et des oratoires champêtres, il ouvre des gouffres où des millions de monnaies d'or ruissellent. Malheur à celui qui voudra remplir ses poches de cette manne inespérée ! Les pistoles lui échapperont mais laisseront sur ses doigts une trace noire indélébile et une sensation de brûlure terrible rappelant les Feux de l'Enfer !
    Le Malin est partout et on le rencontre, surtout dans la campagne, sous des formes souvent inattendues !
    Il y'a longtemps, au collège Saint-Anand, un vieux domestique racontait l'aventure qui lui était arrivée, le 25 décembre de l'an 1783. Il était jeune alors et avait tendu ses collets dans un ancien cimetière, malgré les mises en garde de son père. Pendant la Messe de Minuit, il courut à son collet et trouva un lièvre pris au piège. Ce dernier, le voyant arriver, se coupa alors la patte avec les dents et détala. Le jeune homme se met à poursuivre sa proie, qui file, malgré sa blessure. Ils arrivent alors au bord du Cher et l'animal saute, alors que le jeune chasseur allait mettre la main sur lui. Le Diable -car c'était bien lui, métamorphosé en lièvre-, reprit sa forme initiale et lança au jeune homme, plus qu'effrayé, on peut s'en douter : « Eh bien ! L'ami, est-ce bien sauté pour un boiteux ?»
    Dans la campagne limousine on pense au contraire que tous les maléfices et autres sortilèges perdent toute leur puissance lors de la nuit de Noël. Il est ainsi possible d'accéder à tous les trésors possibles, les monstres ou êtres surnaturels les gardant en temps normal n'ayant plus aucun pouvoir en cette nuit bénie et magique.

    Croyances et superstitions populaires

    Noël est souvent associé à la chance : ainsi, un enfant né le jour de Noël est, selon la croyance, voué à un avenir très prometteur. Par exemple, on pense que l'enfant né un 25 décembre est automatiquement sauvé de la pendaison et de la noyade et que toute sa vie, il connaîtra la chance et le bonheur.
    La personne qui parvient à trouver un noisetier, à minuit, verra qu'il y pousse un rameau d'or. Si elle parvient à le couper entre les douze coups de minuit, elle sera riche pour toujours. Par contre, si minuit achève de sonner et que le rameau n'est pas coupé, l'imprudent va rejoindre le royaume des morts.
    Il se passe de nombreuses choses en cette nuit de Noël : démons et sorcières sillonnent le ciel (le Père Noël et ses rennes ne sont donc pas les seuls de sortie cette nuit-là), les animaux sont soudainement doués d'un langage aussi humain que possible, les abeilles s'agitent dans les ruches et les arbres fruitiers se couvrent de fleurs qui disparaissent au douzième coup de minuit. A Marienstein, par exemple, un sanctuaire particulièrement aimé de la Suisse septentrionale et de l'Alsace, une magnifique rose particulièrement odorante, fermée toute l'année, s'ouvrait chaque soir de Noël : c'est la rose de Noël ou Rose des Neiges.

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #2 Légendes de Noël

     


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  • [POUR ATTENDRE NOËL] #3 Traditions du monde entier : La fête de la sainte-Lucie en Suède

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #3 Traditions du monde entier : La fête de la sainte-Lucie en Suède

      

    Le 13 décembre est jour de la sainte Lucie et donne lieu à une première réjouissance de Noël en Suède. Cette tradition est aussi observée en Italie, mais, étrangement, elle est bien plus respectée en Suède qu'en Italie, d'où la sainte est originaire.
    D'ailleurs, peut-être vous demandez-vous qui est-elle ? Sainte née vers 283 à Syracuse en Sicile, elle est célébrée par toutes les églises chrétiennes, des catholiques aux Anglicans, en passant par les orthodoxes, les luthériens et les Eglises orientales. Patronne des malvoyants, opticiens, ophtalmologues, écrivains, commerçants, entre autres, elle est aussi la protectrice des ville de Pérouse, Syracuse et Mtarfa. L'iconographie religieuse la représente souvent portant ses yeux sur un plateau qu'elle tient entre ses mains : des sources écrites mentionnent qu'on lui aurait, lors de son martyr, arraché les yeux ou bien qu'elle-même les ait arrachés pour les envoyer à son fiancé menaçant de dénoncer son appartenance à la religion chrétienne et son reniement des dieux romains. Après cela, la Sainte Vierge lui en aurait apporté de plus beaux encore. Son nom, Lucie ou Luce, dérivé du mot latin « lux » qui signifie lumière l'associe donc aux nombreuses fêtes de la lumière, notamment en Scandinavie et plus particulièrement en Suède, qui ont lieu au mois de décembre, peu avant Noël.

     

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    La nuit du 13 décembre est, selon la tradition, la plus longue de l'hiver. C'est donc une nuit propice à l'apparition d'être maléfiques et terrifiants. Alors, quoi de mieux pour les chasser que de la lumière ? Ainsi, pour illuminer cette longue nuit et se protéger des esprits malins, on désigne en Suède une jeune fille vêtue de blanc et portant un bandeau sur lequel sont allumées des bougies : elle devient ainsi la sainte Lucie, qui avait pour mission d'aller d'une ferme à l'autre, accompagnée de son cortège.
    Aujourd'hui, le déroulement de la fête n'a quasiment pas changé : on continue d'élire sainte Lucie et dans beaucoup de villes et villages de Suède, des cortèges d'enfants et adolescents, filles et garçons confondus (ceux-ci sont parfois déguisés en « Pepparkaksgubb », littéralement « bonhomme de pain d'épices »), défilent dans les rues, portant une bougie blanche entre les mains. Le 13 décembre n'est pas un jour férié mais la fête est malgré tout très observée, encore aujourd'hui. On confectionne de petites brioches parfumées au safran, les « Lussekatter », que l'on mange à l'école pour le goûter, ou bien au petit-déjeuner. Dans les familles, c'est la fille aînée qui revêt le costume de sainte Lucie puis, accompagnée de ses frères et sœurs plus jeunes, elle apporte le petit-déjeuner à ses parents. La fête de sainte Lucie donne lieu à des réjouissances ou de grands repas, comme dans les universités où les étudiants se rassemblent avant de retourner dans leurs familles pour les fêtes.

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    Sainte Lucie de Syracuse, sainte chrétienne du IVème siècle. 


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  • [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

     

     

    Pour ce dernier dimanche avant Noël, je vous propose un article gourmand, avec un tour d'Europe des desserts d'Europe et, en prime, une recette de pain d'épices, parce que c'est trop bon et de saison... 

    ALLEMAGNE

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

    Le Christstollen : c'est le gâteau traditionnel allemand, dont l'origine est très ancienne. Le stollen est un gâteau traditionnellement consommé durant la période de l'Avent en Allemagne. Il s'agit en fait d'un pain garni de fruits secs et confits et farci d'une pâte d'amande.
    La première mention du stollen daterait de 1330, ce qui remonte à relativement loin, et pourtant ! La tradition du stollen remonterait à encore plus loin au Moyen Âge, ce qui en fait un gâteau très ancien. En effet, il servait déjà de symbole lors des fêtes païennes. A la suite de la christianisation de l'Europe il est devenu un symbole chrétien et a été parfois rebaptisé Christstollen, sa forme rappelant, pour certains, l'enfant Jésus nouveau-né dans ses langes. Les villes allemandes revendiquant la paternité du stollen sont nombreuses et ont même une version à leur nom, par exemple, le Dresdner Stollen ou encore, le Kölner Stollen.
    La recette originale ne comporte que de la farine, de l'eau, de la levure et de l'huile. Aujourd'hui, elle a évolué mais ceci s'est fait progressivement, au fil du temps. Ainsi, la découverte de nouveaux territoires, le commerce et les approvisionneents souvent incertains ont fait se greffer à la recette originale des épices et des fruits divers. La variété des ingrédients du stollen a souvent été liée, également, à la richesse de la famille qui le préparait.
    Comme aujourd'hui on peut trouver toute l'année un large panel de fruits confits, en qualité constante, on peut donc acheter des stollen farcis de citrons et oranges confits, de raisins secs macérés dans du rhum, des amandes effilées et entières, de la muscade, de la cannelle, de la vanille...En ce qui concerne la pâte d'amande, on la choisit de préférence très riche en fruit. Une partie de la pâte sert à faire le pas à proprement parler tandis que l'autre sert à le farcir.
    Bien que fabriqué, parfois, dès le mois de septembre, les puristes ne consommeront le stollen qu'à partir du mois de décembre uniquement. Le stollen peut se servir froid ou alors, tiédi au toaster, mais toujours coupé en très fines tranches.

    FRANCE

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

    La bûche de Noël : en France, mais aussi dans les pays francophones en général comme le Québec, le Liban, la Belgique, le Vietnam, on consomme à Noël la traditionnelle bûche de Noël. Cette tradition culinaire reproduit en fait un autre rite lié à la célébration du solstice d'hiver. C'est donc un héritage païen, attesté au Moyen Âge et qui s'est ensuite répandu dans toute l'Europe. Au Moyen Âge, également, on faisait brûler dans la cheminée une bûche, généralement très grosse, qui allait donc se consumer lentement. Avant d'être brûlée, cette bûche était bénie avec une brance de buis ou de laurier, conservée depuis la fête des Rameaux au début de l'année. L'idéal, c'était que cette bûche puisse brûler les douze jours du cycle, c'est-à-dire, jusqu'au Nouvel An (même si, au Moyen Âge, on ne fête pas le Premier de l'An le 1er janvier mais le jour de Pâques). Pour garantir une bonne récolte, on faisait parfois brûler une bûche issue d'un arbre fruitier et pour s'assurer de bonnes vendanges, on pouvait arroser la bûche, pendant sa combustion, avec du vin ou alorsn avec du sel, pour se prémunir des sorcières. On peut penser que le gâteau découle de ce rite-là également.
    En patois, dans certaines régions on disait en l'allumant «Cachafio, Bouto Fio», ce qui signifie « Cache le feu (ancien), allume le feu (nouveau); Dieu nous comble d'allégresse ». Le membre le plus ancien de la famille arrosait alors le bois soit de lait, soit de miel, en souvenir des délices de l'Eden, soit de vin, en souvenir de la vigne cultivée par Noé lors de la Rénovation du Monde.À Marseille, en portant la bûche de Noël, on ne cessait de crier en patois : « Noël vient, tout bien vient ». Ensuite, le plus âgé de la famille s'approchait de la bûche pour la bénir, y verser le vin en invoquant la Sainte-Trinité...et enfin, il y mettait le feu. En Bourgogne, avant d'allumer le feu, le père de famille ordonnait à l'un de ses enfants d'aller dans un coin de la chambre prier Dieu que la souche « donne des bonbons ». Pendant que l'enfant priait, les parents disposaient au bas de chaque bout de la bûche des petits paquets de sucreries et de confiseries que les enfants découvraient, émerveillés, pensant réellement que la souche avait donné ces sucreries. Le vigneron ou le paysan qui n'avaient pas de quoi offrir des bonbons à leurs enfants disposaient marrons, noix ou pruneaux sous la bûche.
    La disparition des grands âtres met fin à la coutume des grosses bûches qui y étaient brûlées pendant douze jours. La date de naissance du dessert qui les a remplacées reste par contre inconnue mais on suppose qu'elle est plutôt récente puisque certains évoquent la création de ce desser par un pâtissier en 1945 mais le gâteau roulé est tout de même traditionnel, du moins dans certaines région comme le Poitou-Charentes, depuis le XIXème siècle.
    La tradition veut qu'une véritable bûche de Noël soit réalisée avec de la crème au beurre mais depuis quelques années, la bûche glacée a fait sa grande apparition et séduit de plus en plus de gourmands. Pour ce qui est des parfums principaux, on retrouve la vanille, le praliné, la liqueur de Grand Marnier, le café, le chocolat et la fraise. La bûche, glacée ou non, doit petre décorée de divers attributs rappelant le folklore de Noël comme des petits Père Noël, des scies, des haches, des lutins, des champignons, en sucre ou en plastique.
    Selon les régions, on consomme aussi des desserts typiques, comme le kouglof alsacien, que la reine Marie-Antoinette aurait mis à la mode en devenant l'épouse du dauphin Louis-Auguste en 1770. En effet, c'était un gâteau très célèbre en Autriche mais dans d'autres pays de l'Est également. Et on ne peut pas ne pas parler de la tradition provençale des treize desserts (calenos). On retrouve également cette tradition des treize desserts au Portugal. En Provence, ils sont servis à la fin d'un gros repas servi lors de la vigile de la fête de Noël. Sont ainsi servis du nougat, de la fougasse, des dattes, des pâtes de fruits, des fruits confits...

    ANGLETERRE

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

    Le Christmas Pudding : le gâteau emblématique anglais est le Christmas Pudding. Il est consommé le jour de Noël en Angleterre mais aussi en Irlande. Cela dit, il est originaire d'Angleterre et est parfois « nommé plum pudding », terme plus général qui peut désigner toutes sortes de puddings bouillis et contenant des fruits secs.
    Le pudding a pris sa forme finale dans l'Angleterre victorienne mais il existait depuis la fin du Moyen Âge, les années 1420 pour être précis. Le pudding ne fut d'abord pas une confiserie ou un dessert mais un moyen de préserver la viande à la fin de la saison. A cause des pénuries de fourrage, le bétail en surplus était abattu à la fin de l'été ou en début d'automne et la viande était alors stockée dans de grands plats à gâteaux remplis de fruits séchés qui agissaient alors comme des conservateurs pour la viande. On obtenait alors de grandes tartes de viande hachée et ces dernières pouvaient être utilisées pour nourrir un bon nombre de personnes, particulièrement à la période des fêtes. Cependant, l'ancêtre du pudding moderne était le Plum pottage, un brouet composé d'un mélange de viandes et de légumes, qui datait de l'époque romaine ! Ce brouet était préparé dans un grand chaudron et les ingrédients étaient mis à cuire longuement, avec des fruits séchés, du sucre et des épices.
    Les plus anciennes références au standing pottage remontent à 1420 et désignaient alors un plat à base de veau, de mouton, de poulet confit, épaissi avec du pain et rougi avec du bois de santal et des groseilles. Sous le règne d'Elizabeth Ière, des pruneaux furent ajoutés au plat originel. La recette devint si populaire que ce mets fut désormais connu sous le nom de « Plum pottage », « plum » signifiant « pruneaux » en anglais.
    Au XVIIIème siècle, les techniques de conservation des viandes ayant évolué, les ingrédients salés de la tarte de viande hachée et du Plum Pudding ont diminué tandis que le contenu plus doux et sucré a, lui, augmenté. On s'approche doucement du Pudding sucré qui se fixera sous l'ère victorienne, au XIXème siècle. Si la tarte de viande hachée a gardé son nom, le brouet originel, lui, se voit de plus en plus appelé « plum pudding ». Ce plat a toujours été servi lors de célébration mais, à l'origine, c'était lors de la Fête de la Moisson (Harvest Festival) et non pour les fêtes de Noël. Ce n'est qu'à partir des années 1830 que cette boule de farine, de graisse de rognon, de sucre et d'épices, rehaussée de houx, prit son apparence définitive et fut de plus en plus associée à Noël, qui retrouvait alors toute son importance en Angleterre, après un grand désamour de la population envers cette fête trop catholique, trop papiste. C'est Elisa Acton qui fut la première à le désigner comme Christmas Pudding dans son livre de cuisine.
    En ce qui concerne la recette actuelle, de nombreuses familles ont la leur propre et celles qui procurent le plus de fierté sont bien sûr celles qui ont été transmises de génération en génération. Ces recettes utilisent des ingrédients qui étaient traditionnellement chers et luxueux comme les aromates doux, qui sont particulièrement importants pour développer l'arôme si particulier du Christmas Pudding. Ce dernier est un pudding lourd, cuit à la vapeur avec des fruits secs, des noix et généralement conçu avec de la graisse de rognon ( ! ). Il a souvent une apparence sombre voire complètement noire, conséquence de l'utilisation, dans l'élaboration du gâteau, du sucre brun et de mélasse noire. Le mélange peut être humidifié avec du jus d'agrumes, du Cognac ou d'autres alcools (certaines recettes utilisent de la bière, par exemple).
    Traditionnellement, le pudding était bouillis dans un tissus et étaient bien souvent ronds mais, depuis le début du XXème siècle, ils sont le plus souvent préparés dans des jattes. Généralement, on commence à préparer le Christmas Pudding durant le Stir-up Sunday, le dimanche du mélange, cinq semaines avant Noël. Il demande plusieurs heures de cuisson à la vapeur, mais cette durée peut être raccourcie si l'on utilise une cocotte-minute et sans altérer la qualité du dessert. Ensuite, au moment des fêtes et juste avant le service, le gâteau est réchauffé à la vapeur et servi avec du cognac flambé. Il est traditionnellement décoré de feuilles de houx.
    Le pudding est entouré de traditions...il doit être préparé cinq semaines avant la célébration de Noël, chaque membre de la famille doit le remuer ou tout au moins, chaque enfant, et faire un voeu par la même occasion, et, parfois, on incluait au pudding des petites pièces de monnaie qui étaient ensuite conservées par celui qui les trouvaient dans sa part de gâteau. La pièce de monnaie trouvée dans le Christmas Pudding était sensée apporter la richesse dans l'année à venir. Mais cette pratique a ensuite disparu car, lorsque les pièces d'argent véritables se sont faites plus rares, on craignait que les pièces faites en alliage ne viennent gâter le dessert. D'autres petits symboles de bonne fortune pouvaient être inclus au gâteau comme un petit os de poulet en forme de V (le bréchet, qui porte bonheur), un dé à coudre en argent ou une ancre, pour symboliser le retour au port en toute sécurité.
    Il est très facile de conserver le pudding et, dans certaines familles, on conserve ce gâteau de Noël pour le manger à un autre moment de l'année, à Pâques, par exemple.

    ITALIE

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

    Le panettone : il s'agit d'une brioche fourrée de raisins secs, fruits confits et zestes d'agrumes. C'est le gâteau traditionnel des habitants de la Lombardie, mais aussi du Milanais et du Piémont. Sa dégustation fait partie des traditions de Noël en Italie. Ce gâteau est en forme de dôme et mesure entre 12 et 15 cm de hauteur. Il est servi en tranches verticales et accompagné de vins doux comme l'asti spumante ou le moscato ou encore, des vins plus corsés comme le Recioto della Valpolicella ou Gattinara. Le vin peut être aussi remplacé par des boissons chaudes.
    Le panettone se mange de différentes façons : on peut en effet couper les tranches fines ou épaisses et elles sont soit servies au petit-déjeuner ou en dessert, à la fin du repas, donc. Le panettone est aussi consommé aux Etats-Unis où, là, il est servi grillé, pour le petit-déjeuner, nappé de sauces, recouvert de crème ou fourré.
    L'origine de ce gâteau reste un grand mystère et il fait d'ailleurs l'objet de nombreuses légendes. Ainsi, certains pensent que le panettone a été inventé dans le Milanias aux alentours du XVème siècle. Mais, dès le XIIIème siècle, on connaît à Vérone, en Vénétie, un gâteau analogue, appelée le nadalin. Il sera ramené par des pâtissiers vénitiens à la cour royale des Habsbourg, à Vienne. Il semble que ce soit ce gâteau médiéval qui soit à l'origine du panettone mais le mystère demeure.
    Selon une autre légende, le panettone aurait été servi à la cour du duc de Milan, Ludovico Sforza dit le More (1452-1508), au moment des fêtes de Noël. Le chef cuisinier se trouvait alors à court de dessert et il eut l'idée de servir la brioche préparée par un simple marmiton, du nom de Toni. Le gâteau ayant plu à la cour du duc de Milan, le chef cuisinier ne s'appropria pas pour autant le succès de la recette et en rendit tout le mérite au jeune marmiton. La brioche fut nommée : le Pan del Ton ou le pain de Toni.
    Au début du XXème siècle, la préparation des panettone s'industrialise et les plus grand fabricants sont Angelo Motta, Ruggiero Bauli, Gioacchino Alemagna et Le tre Marie. D'ailleurs, le nom de Motta est synonyme de panettone, en Italie ! Aujourd'hui, c'est un produit d'exportation pour l'industrie alimentaire italienne qui a rapporté environ 560 000 millions d'euros en 2002, ce qui est tout de même exceptionnel.
    La technique de fabrication traditionnelle a été modifiée il y'a peu, afin de se conformer aux directives de l'Autorité européenne de sécurité des aliments. En effet, l'élaboration traditionnelle de cette brioche demandait deux périodes de levage ainsi qu'une période de cuisson courte afin que le gâteau garde toute sa mollesse. Il fallait également faire fermenter les raisins.
    En raison de la forte diaspora italienne en Amérique, la consommation du panettone s'est diffusée dans de nombreux pays, notamment les Etats-Unis mais aussi le Pérou, par exemple, où l'on ne peut concevoir une table de Noël sans panetón.

    SUÈDE

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

    Le porridge de Noël et autres douceurs : en Suède, à Noël, la coutume veut que l'on déguste un porridge. Il s'agit en fait d'un riz au lait saupoudré de cannelle et servi avec du lait glacé. On peut aussi y glisser une amande. Celui qui trouve l'amande doit faire un voeu. Mais, comme en Suède, on est friand de confiseries, on les inclut elles aussi au repas de Noël. Les plus populaires sont les knäck et les ischoklad. Les knäck sont des caramels tendre fabriqués avec du scure, du sirop et de la crème ; les ischoklad sont, eux, des bonbons fondants au chocolat.
    Avec les restes du porridge de Noël, les Suédois confectionnent ensuite le riz à la Malta ou ris à la Malta, en suédois. Il suffit tout simplement de saupoudrer le porridge avec du sucre en poudre, du sucre en poudre, d'ajouter un peu de crème et de bien mélanger le tout. On consomme aussi, mais là, dans toute la Scandinavie, des Joulutortut, des petites tartelettes à la confiture de prune. Dans le Nord, on déguste aussi les traditionnels pains d'épices.

    NORVÈGE

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    La crème de riz et autres desserts : traditionnellement, le dessert est une crème de riz servie avec une sauce à base de baies rouges : on l'appelle le Risalamande, du français riz à l'amande. A Noël, les enfants dégustent aussi une boisson rouge et pétillante, sorte de limonade, qui leur est réservée.
    Que ce soit à Noël ou non, les Norvégiens sont très friands du flan au caramel, qui est aussi servi pour les fêtes. En ce qui concerne les friandises typiques de Noël, on trouve le pain de Noël aux raisins et aux écorces confites ainsi que plusieurs variétés de petits gâteaux secs. Certaines recettes remontent au Moyen Âge et sont toujours aussi populaires, comme les craque-pains dont le « flatbrød », le cousin du pain azyme.
    Autre tradition norvégienne, la maison de pain d'épices (« pepperkaker »). C'est le temps fort de la pâtisserie de Noël dans le pays et une idée-cadeau originale.

    FINLANDE

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    Le pain d'épices et le pain de Noël : la maison en pain d'épices, comme en Norvège, est une pièce phare des pâtisseries de Noël finlandaises. Les Finlandais consomment aussi un pain de Noël appelé Joululeipä, à base de froment et de seigle. Pour sa conception, on utilise du petit-lait, de la levure, de la melasse, des zestes d'orange confits et des grains de cumin moulus, entre autres. Le résultat est une sorte de brioche que l'on pourrait rapprocher du panettone italien.
    Les Finlandais dégustent aussi les Piparkakut, les biscuits de grand-mère, découpés à l'emporte-pièce et, comme les Norvégiens et les Suédois, les fameux Joulutortut, petites tartes à la confiture de prune.

    PORTUGAL

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    Les treize desserts : on retrouve au Portugal la même tradition qu'en Provence et, là-bas, le moment le plus copieux du repas de Noël, c'est le dessert, où l'on ne sert pas moins de treize douceurs en même temps ! A minuit, les fidèles se rendent à l'église pour célébrer la « La Missa do Gallo » ou Messe du Coq et ce n'est que bien plus tard dans la nuit qu'ils vont déguster toutes ces spécialités...parmi elles, on trouve le Bolo rei, gâteau des rois en forme de couronne composé" de fruits secs et de fruits cristallisés. Autrefois, les Portugais servaient cette pâtisserie le 6 janvier, le jour des Rois, qui commémore, chez les catholiques, la visite rendue par les Rois Mages à l'enfant Jésus. Le 6 janvier fut d'ailleurs, pendant longtemps, le jour où l'on échangeait des cadeaux. Aujourd'hui, la consommation de ce gâteau des rois s'est étendue à toute la période de Noël.
    Entre autres, le Portugais dégustent aussi l'Arroz doce, ou riz au lait portugais, qui fait partie des desserts typiques de la gastronomie nationale. Il est légèrement aromatisé au citron et on le décore toujours avec de la cannelle. Parmi les treize desserts, on trouve aussi les Filhós, de gros beignets à base d'un pâte proche de la pâte à pain et souvent parfumée à l'aguardente (littéralement, eau ardente), l'eau de vie locale, ainsi qu'à l'orange. Afin de les savourer chauds, on prépare généralement la pâte avant le repas, pour qu'elle ait le temps de lever convenablement, et les beignets sont frits une fois que les gens sont rentrés de la messe. On les saupoudre de sucre et de cannelle au dernier moment pour que les beignets ne ramollissent pas. Il existe plusieurs variantes du Filhós, dont une, notamment, est préparée à base de potiron.
    On trouve aussi les Rabanadas, aussi appelées fatias douradas. Ce sont des petites sucreries proche du pain perdu, confectionnées avec des tranches de pain rassis, plongées dans du lait puis frites. Elles sont ensuite parsemées de cannelle et de sucre. Le Doce de aletria est une sorte de riz au lait au vermicelle. Les desserts varient aussi selon les régions...par exemple, les Ovos moles sont la spécialité de la ville d'Aveiro. Les Sonhos (rêves), de petits beignets frits ou encore, le Pão-de-ló, gâteau riche en œuf, aromatisé à l’orange ou au citron, sont des spécialités régionales.

    ESPAGNE

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    Une multitude de petits desserts : en Espagne, on peut dire qu'il y'a autant de spécialités de Noël que de régions ! Cela en fait donc un nombre assez conséquent. La gastronomie espagnole est encore très marquée, aujourd'hui, par la présence arabe, qui a tout de même duré huit siècles et laissé pas mal de traces, comme la consommation du riz, des oranges, des amandes ou encore du safran, dans les desserts. Les Arabes ont aussi laissé leur savoir-faire dans le domaine des confiseries.
    En Espagne, pendant les fêtes, on déguste des petits gâteaux à base de miel, d'amande ou de cannelle mais aussi le Turrón, une sorte de nougat, traditionnellement fabriqué avec des amandes et du miel, mais que les commerçant déclinent aujourd'hui de multiples façons : avec du chocolat, par exemple, mais aussi de la noix coco, des fruits confits...Les Turrón les plus authentiques se trouvent aujourd'hui à Alicante et Jijona.
    Les Espagnols dégustent aussi, au moment de Noël, le Mazapán, que l'on peut facilement traduire en Massepain en français. Ce sont de petits biscuits ronds fabriqués avec des amandes, du sucre et des blancs d’œufs. Le plus fameux est celui de la ville de Tolède. On trouve aussi les Polvorones, des sablés aromatisés d'amandes moulues, de citron râpé et de cannelle.
    En Espagne, on a aussi la tradition des paniers garnis. En effet, autrefois, dans les villages espagnols, la tradition voulait que l'on offre aux voisins qui nous avait aidé, un panier en osier remli de produits régionaux comme les amandes, le chorizo, l'huile d'olives, les fruits secs...Aujourd'hui, pendant la période des fêtes de fin d'année, les magasins proposent des paniers garnis des meilleurs produits régionaux du pays. Ces Cestas de Navidad se composent généralement de Cava, un vin pétillant produit en Catalogne, de marrons glacés de Galice, des asperges de Navarre, de jambon d'Andalousie, de Manchego, un fromage de brebis produit en Castille.
    Cependant les produits phrase de la période de Noël restent les confiseries encore aujourd'hui préparées, souvent, dans les couvents par les religieuses.

    AUTRICHE

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    La Linzer Torte et le Strudel : ces gâteaux se consomment toute l'année mais aussi, à l'époque de Noël. La Linzer Torte, littéralement « tarte de Linz », est une recette à base de confiture de fruits rouges (ou fruits des bois). Pour la pâte, on utilise du sucre, du beurre, des amandes ou des noisettes ainsi que de la farine. On mélange ensuite à cette pâte de la cannelle ou des clous de girofle. Pour farcir la tarte, on utilise généralement de la confiture de framboise pour la farce. On tartine la confiture sur la pâte, on réalise un treillis avec le reste de pâte et on enfourne. Ce gâteau existe depuis 1653.
    En Autriche, comme en Alsace et autres pays de culture germanique on déguste aussi le Strudel. Ce gâteau a été popularisé en France par Marie-Antoinette. C'est un gâteau parfumé à la cannelle, composée de plusieurs couches de pâte filo beurrées au pinceau et qui entourent une garniture, pour former un cylindre qui sera ensuite doré au four (le mot strudel dérive du Moyen haut-allemand et signifie « tourbillon »). Cette garniture se compose généralement de pommes hachées et de fruits secs comme des raisins ou des amandes. L'Apfelstrudel est un strudel aux pommes. Parfois, il peut aussi être garni d'une base de fromage blanc. On peut aussi garnir le Strudel non pas avec des pommes mais avec des cerises : il s'agit du Kirschenstrudel.

     

    [POUR ATTENDRE NOËL] #Gourmandises d'Europe : les desserts de Noël traditionnels

     

    Le pain d'épices est une spécialité que l'on retrouve dans beaucoup de pays, notamment en Europe du nord mais aussi en Espagne et en France (en Alsace, le pain d'épices a même son musée, à Gertwiller).

    Voici une recette de ce produit incontournable des tables de fêtes, apprécié comme une gourmandise sucrée ou avec un foie gras en sucré/salé. 

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    Ingrédients :

    - 250 g de miel
    - 250 g de farine
    - 100 g de sucre en poudre
    - 1 sachet de levure chimique
    - 1 sachet de sucre vanillé
    - 1 cuillère à café d'anis vert
    - 1 cuillère à café de muscade râpée
    - 1 cuillère à café de cannelle en poudre
    - 1 cuillère à café de gingembre en poudre
    - 1 cuillère à café de quatre épices
    - 2 œufs
    - 10 cl de lait

    Préparation :


    1. Faire chauffer 250 g de miel à la casserole ou au micro-ondes, puis le verser bien chaud dans un saladier sur 250 g de farine, mélangée à 1 paquet de levure chimique, les deux sucres et 1 cuillère à café de chaque épice : anis vert, muscade râpée, cannelle, gingembre.

    2. En remuant cette préparation avec une cuillère en bois, incorporer petit à petit 2 œufs, puis un peu de lait juste tiède pour amalgamer le tout.

    3. Préchauffer le four à thermostat 5/6 (160°C).

    4. Verser la préparation dans un moule à cake bien beurré et fariné.

    5. Enfourner et laisser cuire pendant 1h à 1h15.

    6. Démouler le pain d'épice lorsqu'il a totalement refroidi. Attendez 24 heures au minimum avant de le déguster.

    7. Il se garde une semaine, enveloppé dans du papier d'aluminium.


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  • [POUR ATTENDRE NOËL 2020] #1 : Les santons, une tradition de Noël venue de Provence

     

     

    [POUR ATTENDRE NOËL 2020] #1 : Les santons, une tradition de Noël venue de Provence  

     

    Bonsoir à tous !
    Aujourd'hui, on se retrouve pour le premier article de Noël sur le blog ! Il y'en aura encore quelques uns d'ici le 25 décembre. Pour commencer ce petit marathon d'avant fêtes, on va partir en Provence, à la découverte d'une tradition bien particulière : celle des santons. 

     

     

    Une carte postale ancienne qui représente trois personnages emblématiques de la crèche provençale : le Boumian (ou Bohémien), la Margarido et lou Ravi (le Ravi). 

    • Les santons de Provence, c'est quoi ?

    Les santons sont de petites figurine d'argile très colorées et qui représentent bien souvent, dans la crèche de Noël la scène de la Nativité autrement dit : l'enfant Jésus, sa mère la Vierge Marie, son père, saint Joseph, l'âne et le bœuf, les deux animaux de la crèche, qui sont censés réchauffer le nouveau-né de leur souffle, les Rois Mages et les bergers. Mais on trouve aussi toute une série de petits personnages qui n'ont rien à voir avec l'épisode biblique mais qui figurent en fait les habitants d'un village provençal, avec les costumes et les métiers traditionnels. Tous ces personnages cheminent vers l'étable où l'enfant Jésus est né, pour lui apporter un présent. Le paysage est, généralement, constitué d'une colline, une rivière avec un petit pont et des oliviers. Quant l'étable est surmontée d'une étoile.

    • Histoire des santons de Provence

    Les origines de la crèche de Noël remontent au Moyen Âge, au XIIIème siècle exactement, avec François d'Assise dont la mère était originaire de Tarascon et qui mit en place la première crèche vivante, en 1223 : le moine la mit en scène dans son église de Greccio, en Italie. Les personnages étaient alors joués par des gens du village et les animaux étaient réels. Cette crèche vivante a donné naissance à une tradition qui s'est ensuite perpétuée avec les siècles. Mais, aujourd'hui, même si les crèches vivantes existent encore, elles sont beaucoup plus rares et les acteurs en chair et en os ont été très largement remplacés par des personnages de bois, de cire, de carton pâte ou encore, de faïence ou de verre. Les premières crèches ressemblant à celles que nous connaissons font leur apparition dans les églises à partir du XVIème siècle seulement. 
    La première crèche connue date de 1775 et a été créée à Marseille, par un dénommé Laurent. Elle était constituée de mannequins articulés habillés de costumes locaux. Pour ajouter une touche d'exotisme à cette crèche, le créateur y avait placé des rennes, des girafes et même... des hippopotames. Jean-Paul Clébert raconte : « À l'époque du Concordat, Laurent montrait même un carrosse qui s'avançait vers l'étable ; le pape en descendait, suivi des cardinaux. Devant eux s'agenouillait toute la Sainte-Famille et le pape lui donnait sa bénédiction. Pendant l'adoration des bergers, un rideau se levait, dévoilant la mer sur laquelle voguait un bâtiment de guerre. Une salve d'artillerie saluait l'enfant Jésus qui, réveillé en sursaut, ouvrait les yeux, tressaillait et agitait les bras. ».
    La Révolution, qui éclate en 1789 entraîne une vague de déchristianisation et de fermeture des églises : la messe de minuit est supprimée. C'est alors qu'apparaissent en Provence de petits personnages appelés là-bas les « santoun » ou « petits saints ». Ils permettaient qu'une crèche familiale puisse être élevée chaque année, au cœur de chaque foyer provençal pour respecter la tradition dans l'intimité. 
    En 1803, peu après la signature du Concordat entre Napoléon et le pape, la première foire aux santons a lieu à Marseille, où elle se tient d'ailleurs toujours, de fin novembre à début janvier, en haut de la Canebière. Outre les petits santons peints, on peut trouver à cette foire des santons habillés, c'est-à-dire en costume traditionnel provençal et portant chacun les insignes de son métier. On peut y acquérir également tout le décor nécessaire pour créer sa crèche : étable, puits, pont, étoile, du papier pour imiter le ciel et les rochers, de la mousse fraîche en guise d'herbe...

    • La fabrication des santons

    Fabrication

    Les premiers santons ont été confectionnés avec de la mie de pain mais, petit à petit, c'est avec de l'argile rouge de Provence qu'on les fabrique. Au début, les santons étaient réalisés avec de l'argile crue et étaient donc très fragiles. Aujourd'hui, l'usage d'argile cuite s'est largement répandu. Le véritable santon de Provence, confectionné en argile non cuite, a été créé pour la première fois à Marseille par Jean-Louis Lagnel au XVIIIème siècle. D'abord concurrencé par les santibelli, d'origine italienne, fabriqués en plâtre et vendus par des marchands napolitains sur le Vieux-Port de Marseille, les santons ont fini par se vendre très bien et il existe encore aujourd'hui une forte concentration de santonniers sur la Côte d'Azur, entre Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence, Arles. La tradition se retrouve également dans les départements du Vauculuse, du Var, des Alpes-de-Haute-Provence ou encore, les Alpes-Maritimes. 

    Pour réaliser un santon parfait, les santonniers passent par sept étapes bien précises : d'abord ils réalisent un modèle dans de l'argile crue, placé ensuite sur un socle qui fera partie du sujet. Puis a lieu la fabrication du moule coulé en plâtre. Le moulage se fait en pressant un morceau d’argile fraîche dans une moitié du moule qui a été talqué. Après une pression à la main des deux parties, le surplus est ébarbé et le santon sorti du moule est mis à sécher. La dernière opération manuelle consiste en un ébarbage plus fin pour ôter toute trace de moulage. Puis le santon est remis à sécher avant d'être cuit dans un four à 800 °C. L'ultime opération est la décoration qui se fait toujours à la main.

    Aujourd'hui, la fabrication des santons s'est diversifiée. « On en fabrique des grands de plus de 10 centimètres dont les bras sont collés après la cuisson et d'autres en fil de fer habillés de tissus dont seuls les mains et la tête sont en argile. La fabrication des santons qui sont habillés étaient à l'origine confiés à des familles qui confectionnaient leurs vêtements. »

    • Les principaux personnages 

    Dans la crèche provençale, on trouve différents groupes de santons, qui complètent les personnages de la Sainte-Famille, les Rois Mages, l'âne et le boeuf, qui sont les personnages traditionnels. Les santons sont divisés en plusieurs catégories : ceux qui apportent les cadeaux à l'enfant Jésus, ceux qui figurent les différents métiers de Provence, les animaux et enfin, les accessoires nécessaires pour constituer un village provençal typique (étale, maison, rivière, pont, moulin, église...).
    Apparaissent donc, auprès des personnages classiques et religieux, le vieux et la vieille, lou Pistachié (le un valet de ferme), le ravi, le tambourinaire mais aussi le pêcheur, la poissonnière, le porteur d'eau, le bûcheron, la jardinière, la fermière (qui porte les produits de la ferme), le meunier (avec son sac de farine), le boulanger, le vannier, le rétameur, le rémouleur, la lavandière, le chasseur et le ramoneur. On peut aussi voir, dans certaines crèches, le curé, le moine et le Maire associés à l'Arlésienne (qui porte le costume traditionnel de la ville d'où son nom), les Bohémiens (le boumian et la boumiane), l'aveugle et son fils. Et, bien sûr, il ne faut pas oublier les bergers, personnages bibliques mais aussi incontournables de la vie traditionnelle provençale. Le berger est représenté enveloppé d'une cape, tenant à la main un bâton et parfois accompagné de son chien. 
    En ce qui concerne les animaux, l'âne et le bœuf sont bien évidemment immanquables dans une crèche provençale ! Couchés dans l'étable près du nouveau-né installé dans la mangeoire, il le regardent et sont censés le réchauffer de leur souffle. Les moutons sont également essentiels : ils représentent les troupeaux des bergers venus offrir à la crèche un agneau. Parfois, on peut aussi trouver un chien de berger ou de chasse, des poules et des coqs et un âne portant la farine du meunier.
    L'ange de la crèche, en Provence, se nomme Boufarèu et c'est lui qui guide les bergers vers la crèche, annonçant la naissance de l'enfant Jésus.

          

     

    En Provence, on ne plaisante pas avec les santons ! Ainsi, un écomusée du santon a été créé en 1987 à Fontaine-de-Vaucluse. Il regroupe environ 2 000 pièces, dont une des plus petites crèches au monde, qui tient dans une demi-coque de noix. Outre ce musée, il existe un musée du Santon à Le Val, aux Baux-de-Provence et au musée du Terroir Marseillais à Château Gombert ainsi qu'un musée de la Crèche Provençale à Cavaillon et un musée des santons animés à Maussane-les-Alpilles, enfin le musée du santon Marcel Carbonel, à Marseille, regroupe plus de 2 400 pièces de la fin du XVIIIème à nos jours et présente des pièces du monde entier.
    Quant au Conservatoire du Santon d'Arles, il présente une collection de 2 000 santons exposés depuis les moules originaux de Jean-louis Lagnel aux principaux santonniers actuels. On peut y voir deux crèches complètes ayant valu à leurs créatrices la médaille d'or au concours de meilleur Ouvrier de France.


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