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    Classiques

     

    SOMMAIRE ROMANS CLASSIQUES 

     

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  • « Vous savez, dit Anne à Marilla sur le ton de la confidence, j'ai décidé de profiter de ce trajet. Si la vie m'a appris quelque chose;, c'est qu'on peut toujours profiter de tout si l'on est fermement décidé à le faire. »

    Couverture Anne... : La Maison aux pignons verts / Anne : La Maison aux pignons verts / Anne de Green Gables

     

     

         Publié en 1908 au Canada

      En 2020 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Anne of Green Gables

      340 pages 

      Premier tome de la série Anne de Green Gables /        Anne : la maison aux Pignons Verts

     

     

     

    Résumé :

    Âme de feu et de rosée, elle ressentait les plaisirs et les peines de la vie avec une intensité décuplée. 

     

    L'important n'est pas ce que le monde nous réserve mais ce qu'on y apporte. 

    LUCY MAUD MONTGOMERY

     

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Anne Shirley, les Cuthbert, Avonlea, les Pignons verts… c'est un univers familier pour des millions de lecteurs dans le monde, un peu plus lointain pour d’autres (dont je faisais partie jusqu’à récemment) mais évocateur malgré tout. Et avec le succès de la série Anne with an E il y a quelques années, les personnages créés au début du XXème siècle par l'auteure canadienne Lucy Maud Montgomery sont revenus au goût du jour et de nouvelles traductions en français ont été proposées (notamment par la maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture qui, en plus de la traduction, proposent également un très bel objet à la finition soignée).
    A-t-on encore besoin de présenter Anne, la petite orpheline de onze ans qui est adoptée par les Cuthbert, un frère et une sœur d’Avonlea (Île-du-Prince-Édouard) ? Contre toute attente, alors sur les Cuthbert cherchent un jeune garçon pour pouvoir les seconder dans les tâches de leur ferme, ils vont s’attacher à cette petite fille qui est loin d’être ordinaire et qu’on leur a attribuée par erreur. Pour Marilla et Matthew, c’est une nouvelle existence qui commence auprès de cette jeune fille qui vient insuffler fraîcheur et gaieté enfantines dans la vieille maison des Pignons verts.
    Pour ma part j'ai découvert l’univers de Lucy Maud Montgomery par un biais détourné : c’était en lisant l’année dernière Le bruissement du papier et des désirs de Sarah McCoy, qui est comme une genèse à Anne de Green Gables finalement, puisque l’auteure y aborde la jeunesse des protagonistes, Matthew et sa sœur Marilla. Elle y développe la raison pour laquelle ils ne se sont pas mariés, par exemple, et leur donne un passé. J’ai eu un gros coup de cœur pour ce roman, qui m’a beaucoup plu et beaucoup émue aussi.
    L’essai est transformé avec ce premier tome de Anne de Green Gables, publié en 1908 mais qui n’a pas pris une ride, au contraire. Et malgré le fait qu’il soit estampillé « lecture jeunesse » ce roman s’adresse en fait aussi bien aux enfants qu’aux adultes. On le lit avec la nostalgie de l’enfance qui nous étreint le cœur et il faut bien dire que le potentiel sympathie de la jeune Anne Shirley est incroyable ! Cette jeune fille vive et à la langue bien pendue, qui ne cesse de s’émerveiller et dotée d’une immense et infatigable joie de vivre, est plus qu’attachante. Elle n’a pas eu une vie facile et, à onze ans, se côtoient en elle deux facettes : une foncièrement mâture et pragmatique, héritée de premières années difficiles et une autre encore pleine des joies simples de l’enfance, qui a le don de s’émerveiller de tout.

    A adversidade pode ser uma benção – Pra que dormir?

    La jeune actrice irlandaise Amybeth McNulty interprète Anne dans la série Anne with an E


    Anne va adopter Marilla et Matthew tout autant qu’eux-mêmes vont l’adopter et lui offrir un foyer stable et tout ce dont elle a besoin. Auprès d’eux, Anne découvre une vie simple mais heureuse. Ce roman est authentique et plein de bonté, d’amour et de beauté. On se sent bien à Avonlea dans cette petite communauté où tout le monde se connaît, où personne n’est exempt de défauts mais où les bons côtés de chacun, malgré tout, prennent le pas sur les petits travers.

    Ce roman, bien que très ancré dans son contexte et dans son époque (il y a par exemple beaucoup de références religieuses et morales, qui reflètent la société encore très rigide du début du XXème siècle) est aussi très moderne malgré tout : Lucy Maud Montgomery y parle par exemple sans détour des amours adolescentes, des premiers émois. Anne est aussi dotée d’un caractère bien trempé et est capable d’en remontrer aux garçons. Et quand il s’agit de faire des études pour les filles, même d’aller à l’université, il y a là quand même quelque chose de très très moderne ! Et c’est ça aussi qui m’a plu.
    J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce petit roman, qui m’a enchantée et touchée. Anne m’a plu du début à la fin, pour son imagination débridée, pour ses longs bavardages qui n'en finissent pas ! En somme, Anne de Green Gables montre ce qu’il y a de meilleur en l’humain et des fois, ça fait du bien de lire des romans où tout est lumineux et semble léger. Ça peut sembler naïf mais non, il y a malgré tout une vraie histoire et un propos cohérent dans ce livre, qui n’est pas juste la bête histoire d'une petite fille qui se raconte des histoires.
    Une bouffée d’enfance, de bienveillance et de poésie bienvenue et qui nous fera souvenir de l’enfant qu’on a nous-même été. Je crois qu’il y a une petite Anne Shirley qui sommeille en nous tous et ça fait du bien parfois de se retrouver avec ce genre de livres entre les mains

    En Bref :

    Les + : un joli roman, bienveillant et positif sans être naïf, avec une héroïne attachante qu'on se plaît à suivre dès les premières pages. 
    Les - : une ou deux coquilles mais au regard des qualités du livre, ce n'est vraiment rien de grave. 


    Anne de Green Gables ; Lucy Maud Montgomery

     

       Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     

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  • « Le brillant de votre esprit donne un si grand éclat à votre teint et à vos yeux que, quoiqu'il semble que l'esprit ne dût toucher que les oreilles, il est pourtant certain que le vôtre éblouit les yeux. »

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         Publié en 2016

      Date de parution originale : 1725

      Editions Folio (collection Classiques)

      752 pages 

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Mme de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, coulant de source, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, la succulente spontanéité. Lettres de la ville, lettres de la cour, lettres de Bretagne, lettres au cousin Bussy. Lettres surtout à sa fille, les plus belles après le départ de Mme de Grignan pour la Provence où son mari était nommé lieutenant-général. La passion parle là toute pure, comme aurait dit Alceste et comme le dira un personnage de Proust : Ce que ressentait Mme de Sévigné pour sa fille peut prétendre beaucoup plus justement ressembler à la passion que Racine a dépeinte dans Andromaque ou dans Phèdre que les banales relations que le jeune Sévigné avait avec ses maîtresses. 
    Une originalité de cette édition : elle ne propose que des lettres authentiques, dont les manuscrits sont connus, alors que le Sévigné fictif ou approximatif a pullulé depuis la première édition des lettres de la marquise en 1725. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Madame de Sévigné n’est pas une femme de lettres au sens premier du terme. Elle n’est pas une mademoiselle de Scudéry ou une madame de La Fayette (par ailleurs l’une de ses lointaines parentes)…elle n’est pas une romancière, elle n’aime même pas vraiment écrire. Sauf des lettres à sa fille. Et pourtant, aujourd’hui, c’est justement pour sa plume qu’elle est la plus connue.
    Née le 5 février 1626, Marie de Rabutin-Chantal est la fille de Celse-Bénigne de Rabutin et de Marie de Coulanges. Elle est la petite-fille de Jeanne de Chantal, canonisée en 1767 et qui fonde, sous la direction spirituelle de François de Sales, l’ordre de la Visitation en 1610. Marie est aussi la cousine de Roger de Bussy-Rabutin, auteur de la fameuse Histoire amoureuse des Gaules, qui lui vaudra la colère du pouvoir royal et l’exil sur ses terres bourguignonnes.
    A l’âge de dix-huit ans, Marie de Rabutin épouse Henri de Sévigné. Elle ne sera désormais plus connue que sous ce nom-là : madame de Sévigné ou parfois, la marquise de Sévigné. Veuve à vingt-cinq ans, elle ne se remariera jamais. De son mariage avec le marquis de Sévigné, deux enfants naissent : Françoise-Marguerite, en octobre 1646 et Charles, en mars 1648.
    Quand sa fille se mariera à son tour, avec François Adhémar de Monteil de Grignan et quittera Paris – et sa mère –, pour la Provence, la marquise, pour tromper l’attente et le manque, prend la plume. Son destin d’épistolière se développe alors. Elle n’écrit pas qu’à Françoise-Marie, mais celle-ci reste la destinataire principale des lettres de sa mère. Malheureusement, si l’on possède encore de nombreuses lettres de la marquise, aucune des réponses de Françoise-Marguerite de Grignan ne nous est parvenue.
    Dans ces Lettres choisies, un recueil de plus de trois cents pages quand même, la principale destinataire des lettres est effectivement la comtesse de Grignan. Quelques lettres de la marquise à certains de ses amis ou à son cousin Bussy-Rabutin sont reproduites mais sont en minorité. La plupart des missives sont celles d’une mère triste et esseulée à une fille éloignée, qu’elle aime trop, qu’elle étouffe un peu peut-être mais pour laquelle elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter et à qui elle ne cesse de dispenser conseils sur conseils.
    Les relations entre madame de Sévigné et son aînée – et unique fille – sont assez chaotiques. Tandis que la mère pleure le départ de la jeune femme, celle-ci contre toute attente, est plutôt heureuse en mariage avec le comte de Grignan, plus âgé qu’elle certes mais avec lequel elle s’entendra bien. Madame de Sévigné doit supporter le départ d’une fille qui « fait sa vie » alors qu’elle-même s’achemine doucement vers la vieillesse : ainsi, elle parle dans de nombreuses lettres des problèmes de santé qui l’affectent et de l’âge qui vient. Possessive, peut-être un peu étouffante, Madame de Sévigné n’en reste pas moins une mère attentive, probablement plus proche des mères contemporaines que de celles de son temps. On sent l’intérêt sincère qu’elle porte à sa fille, l’inquiétude qu’elle ressent pour elle alors que Françoise-Marie est loin est non feinte, le manque également.

    Image dans Infobox.

     

    L'un des portraits les plus connus de Madame de Sévigné, vers 1665. Il est attribué au peintre Claude Lefèbvre, portraitiste qui a notamment peint la marquise de La Vallière


    Mais le fait que le recueil ne tourne QUE autour de ça a fini par me lasser, je dois l’avouer. J’ai mis neuf jours pour lire un peu plus de trois-cent-cinquante pages, j’avais l’impression de faire du sur-place et de ne pas avancer. De plus, l’absence des réponses, surtout celles de Françoise-Marie, donnent l’impression de lire un long monologue et parfois, la compréhension n’est pas évidente parce qu’on ne comprend pas forcément de quoi la marquise veut parler. J’ai dû avoir souvent recours aux notes en fin de volume qui apportent des éclaircissements, des repères chronologiques mais ces incessants allers et retours dans le volume ont fini par casser mon rythme de lecture d’où, peut-être aussi, l’ennui qui a fini par s’insinuer insidieusement.
    Je ne peux pas vous dissuader de lire ce recueil parce que Madame de Sévigné est une épistolière née. Elle qui pourtant n’aimait pas spécialement écrire, a un véritable talent. Son style est vraiment maîtrisé et plaisant à lire même si parfois un peu complexe du fait des évolutions de la langue. Mais, mon conseil, c’est de ne pas lire ce recueil comme un roman, comme j’ai pu le faire. Honnêtement, je pense que c’était une erreur. Alterner cette lecture avec une autre, c’était courir le risque de ne jamais la finir et de la laisser traîner. Honnêtement, j’ai beaucoup de mal à me positionner face à ce recueil mais je crois sincèrement qu’il vaut mieux peut-être fractionner cette lecture, ne pas la faire d’une traite, au risque de se lasser. Finalement, ce recueil ressemble à un long monologue où Madame de Sévigné se répète beaucoup. Ce n’est pas inintéressant, ce n’est pas forcément très captivant non plus et c’est dommage même si en lisant ses propres mots, on la comprend mieux et on comprend mieux aussi la relation complexe qui peut l’unir à sa fille. J’avoue que j’aurais été curieuse de lire les réponses de Françoise-Marie, juste pour voir aussi la manière dont la jeune femme se positionnait face à l’amour très exclusif de sa mère.
    En somme, je suis en train de vous chroniquer un livre que je ne regrette pas d’avoir lu, que je suis contente d’avoir enfin découvert mais qui me laisse malgré tout comme un sentiment d’inachevé de « tout ça pour ça ». Je pense que ce recueil ne donne pas encore la pleine mesure du talent d’épistolière de Madame de Sévigné. Tant pis. Il faudra peut-être que j’en essaie un autre pour me rendre compte et surtout, voir si la sélection des lettres diffère un peu car après tout, Madame de Sévigné a été le témoin d’une époque formidable : les jeunes années de Louis XIV puis son règne personnel. Par chance, malgré un léger goût amer de déception, je me sens toujours aussi intéressée par le personnage de Marie de Sévigné !

    Image illustrative de l’article Françoise de Sévigné

     

    Françoise-Marguerite de Sévigné plus connue comme Madame de Grignan fut célébrée dans sa jeunesse pour sa beauté (peinture attribuée à Pierre Mignard, vers 1669). Elle est la principale destinataire des lettres écrites par sa mère.

    En Bref :

    Les + : le style authentique et pur de Madame de Sévigné, malgré tout adapté pour être parfaitement lisible de nos jours ! 
    Les - : un sentiment de longueur à la lecture de ce livre, pas dénué de qualités mais qui ne m'a pas convaincue pleinement, malheureusement.  


    Lettres choisies ; Marie de Sévigné

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Il n'existe pas, on a pu en faire l'expérience, de sentier régulier pour sortir de l'amour, comme il y en a pour y entrer. »

    Loin de la foule déchaînée ; Thomas Hardy

     

     

          Publié en 2021 en France

      Date de publication originale : 1874

      Titre original : Far from the Madding Crowd

      Editions RBA (collection Romans Éternels / Cranford    Collection )

      343 pages

     

     

     

     

    Résumé :

    Jeune femme d'une grande beauté et au caractère impétueux, Batsheba Everdene hérite à vingt ans d'un beau domaine, qu'elle dirige seule. Quand un incendie se déclare dans sa propriété, un ancien soupirant ayant connu des revers de fortune, Gabriel Oak, apporte une aide précieuse pour sauver ses récoltes. Elle lui procure un emploi parmi ses gens, mais devient l'élue de deux autres prétendants, bien décidés l'un et l'autre à obtenir sa main. Oak s'avérera quant à lui d'une étonnante fidélité...

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    La sortie de la collection Romans Éternels, à la fin de l’été dernier, a été pour moi l’occasion de découvrir ce roman de Thomas Hardy, que j’avais repéré depuis longtemps mais laissé de côté dans ma liste d’envies et jamais lu.
    Publié en 1874, quatrième roman de Thomas Hardy, Loin de la foule déchaînée a été son premier grand succès littéraire, avant Tess d’Urberville. Il fait même partie de la liste des 50 meilleurs romans établie par la BBC, rien que ça !
    Vous connaissez peut-être le film qui a été adapté du livre, en 2015, avec Carey Mulligan et Matthias Schoenaerts dans les rôles principaux. Personnellement, c’est par ce biais que j’ai découvert cette histoire et eu envie de lire le roman.
    Loin de la foule déchaînée, c’est l’histoire d’un « triangle amoureux » dans le Wessex de l’époque victorienne. Dans un monde très rural, la vie d’une petite communauté et, au centre de cette communauté, la description des relations de la jeune Bathsheba Everdene, de son voisin le fermier Boldwood, du discret et amoureux mais toujours fidèle berger Gabriel Oak et du dépensier et superficiel sergent Troy… A vingt ans, à la mort de son oncle, Bathsheba hérite d’un domaine agricole qu’elle choisit d’administrer seule. Un jour, un incendie se déclare dans des meules tout juste récoltées…parmi les secouristes venus aider à circonscrire l’incendie, elle retrouve un ancien soupirant, le berger Gabriel Oak, qui a connu quelques revers de fortune. Elle lui procure un emploi sur la propriété sans rien lui promettre, malgré l’intérêt que le jeune homme continue manifestement de lui porter. La jeune femme noue au fil des mois des liens avec deux autres hommes : l’un de ses voisins, le fermier Boldwood puis le séduisant mais très superficiel et dépensier sergent Troy, dont la vie semble bien moins policée que l’apparence trompeuse qu’il offre de prime abord. Gabriel quant à lui, reste toujours présent pour elle malgré tout et surtout dans l’adversité car c’est bien souvent dans l’amertume que la jeune Bathsheba perd petit à petit ses illusions de jeunesse et se trouve confrontée aux conséquences de ses actes.
    Loin de la foule déchaînée est un grand roman d’amour et même si on se doute plus ou moins du dénouement dès le début (l’histoire est assez connue pour que ce soit le cas, je ne vous dévoile rien), le chemin pour y arriver est des plus tortueux. Etonnamment moderne, il aborde les sentiments de manière qui diffère un peu des classiques du XIXème siècle, du moins c’est le sentiment que j’ai eu. Au départ, j’ai eu un peu de mal à me mettre dans l’ambiance, à m’habituer au style de l’auteur qui m’a paru un peu complexe de prime abord. Et puis une fois que je m’y suis faite, j’ai senti que mon rythme de lecture changeait et devenait plus fluide. Une chose est sûre, je me suis rapidement sentie très captivée par cette histoire, très riche, très dense aussi.

    LOIN DE LA FOULE DÉCHAÎNÉE | Critique du film

     

    Carey Mulligan et Matthias Schoenaerts dans l'adaptation de 2015


    Paradoxalement, je n’ai pas forcément aimé le personnage de Bathsheba, ses atermoiements et ses contradictions mais cela ne m’a pas empêchée pour autant d’aimer le roman. Il m’arrive souvent d’être un peu déçue par un livre quand je n’arrive pas à m’attacher aux personnages, ce n’est évidemment pas une condition sine qua non mais quand même, je trouve que cela aide beaucoup : si vous n’aimez pas les personnages que vous suivez, c’est difficile de se sentir partie prenante de l’intrigue, non ? Eh bien là, étrangement ça n’a pas été le cas. Bathsheba ne m’a effectivement pas beaucoup plu mais j’ai apprécié Gabriel et sa constance, qui contraste justement avec la légèreté de la jeune femme, légèreté qu’elle va d’ailleurs payer assez cher. J’ai été intriguée aussi par le personnage du fermier Boldwood, sur qui l’amour va produire un effet dévastateur comme cela peut arriver parfois, virant à l’obsession et à quelque chose d’assez troublant, si ce n’est malsain.
    Quand les auteurs classiques parlent d’amour, ils ne le font jamais aussi directement (mais pas crûment) que Thomas Hardy : soyons clairs, contrairement à aujourd’hui où on n’hésite pas à décrire des scènes intimes dans les livres, ce n’est évidemment pas le cas dans ce roman. A peine aperçoit-on les personnages s’embrasser, quand l’occasion s’en présente mais rien de plus. Malgré tout, l’histoire que raconte Hardy dans ce roman est très complexe, ce n’est pas une simple histoire d’amour, c’est bien plus que cela, une histoire humaine avant tout, avec des sentiments nuancés qui ne sont jamais ni tous noirs ou tous blancs, mais parfois un peu gris et mal assurés… rien n’est trop simple ni tout à fait compliqué. Et parfois, il faut passer par des chemins un peu tortueux pour arriver à un but qui, peut-être, nous habite inconsciemment depuis le début. L’histoire de Bathsheba Everdene (que j’ai réussi à mieux aimer dans la seconde partie du roman, ouf !) et de Gabriel Oak a quelque chose d’intemporel tout en étant, par ses codes un peu passés, bien de son époque. Cette petite incursion dans les prairies du Wessex dans la seconde moitié du XIXème siècle m’a plutôt bien plu, ma foi et si vous aimez les classiques anglais, alors pourquoi ne pas se lancer ? 

    En Bref :

    Les + : une romance empreinte d'une certaine tension dramatique, une sorte de triangle amoureux qui se met insidieusement en place et menace de dépasser ceux qui en sont les instigateurs...une pointe de modernité aussi, dans ce récit du XIXème siècle mais qui pourrait aussi être transposée bien plus tard, dans une époque plus moderne.  
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever. C'est un bon classique victorien, comme je les aime.


    Loin de la foule déchaînée ; Thomas Hardy

     

        Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     


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  • «  Des événements nous séparent du monde ; la politique fait des solitaires comme la religion fait des anachorètes. Quand l'homme habite le désert, il trouve en lui quelque lointaine image de l'être infini qui, vivant seul dans l'immensité, voit s'accomplir les révolutions des mondes. »

    Mémoires d'outre-tombe Livres XXV à XXXIII ; François-René de Chateaubriand

     

     

       Publié en 2002

      Date de publication originale : 1848

      Editions Le Livre de Poche (collection Les            classiques de Poche)

      671 pages 

      Troisième tome des Mémoires d'Outre-Tombe 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Ce troisième tome s'ouvre sur la Restauration et nous conduit jusqu'à la Révolution de 1830. Nommé pair de France en 1815, Chateaubriand devient ambassadeur dans plusieurs capitales d'Europe et surtout ministre des Affaires étrangères de 1822 à 1824. Mais le mémorialiste reste silencieux sur ces mois de gouvernement, soudainement impuissant à se représenter pleinement comme acteur de l'Histoire. L'écrivain aborde d'emblée la Restauration sur le ton du désenchantement : Retomber de Bonaparte et de l'Empire à ce qui les a suivis, c'est tomber de la réalité dans le néant, du sommet d'une montagne dans un gouffre.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Cette année, j'ai décidé de lire le troisième volume des Mémoires d'outre-tombe, qui dormaient dans ma PAL depuis plusieurs années. J'ai d'abord voulu en faire un petit challenge de printemps, en me disant que je lirais ce volume (quand même assez conséquent) sur tout le mois de mars, voire peut-être sur avril aussi. C'était aussi prendre le risque d'arrêter ma lecture et de la mettre sur pause pendant une période indéfinie : j'ai souvent du mal à lire plusieurs livres de front et cela ne m'arrive pas souvent, ou alors, c'est toujours au détriment de l'un ou l'autre des livres.
    Finalement, je me suis attelée à la lecture de ce tome-ci la semaine dernière et...sept jours plus tard, il est déjà terminé.
    Ce troisième tome, qui regroupe les livres XXV à XXXIII des Mémoires initiaux, se concentre essentiellement sur la carrière politique de Chateaubriand et le premier mot qui me viendrait à l'esprit pour le qualifier, là, tout de suite, c'est : ardu. Oui, on est clairement (pour le moment) sur le tome le plus complexe de ces Mémoires qui, dans leur forme contemporaine, sont composées de quatre volumes. Après les souvenirs d'enfance et le récit de la Révolution française et de l'errance qui en résulte pour l'auteur, après la relation de ses voyages qui l'emmènent de Londres jusqu'aux grandes plaines sauvages des Amériques à la fin du XVIIIème siècle, place donc à l'autre vie de François-René Chateaubriand, homme de plume mais homme politique, aussi.
    Issu de la petite noblesse bretonne, Chateaubriand va rallier la contre-Révolution et l'Armée des Princes dans les années 1790. Le deuxième volume de ses Mémoires s'achève d'ailleurs sur une charge en règle de l'Empire, après le choc causé par l'exécution sommaire du duc d'Enghien en 1804. Ce troisième tome s'ouvre dix ans plus tard et aborde de plain-pied la Restauration et les débuts de Chateaubriand comme homme politique, sous les deux derniers Bourbons, Louis XVIII et Charles X : il est ainsi nommé Pair de France en 1815, ainsi que Ministre d'Etat, puis obtient le portefeuille des Affaires étrangères de 1822 à 1824. Il sera également ambassadeur près le Saint-Siège ainsi qu'à Londres, avant de regagner la France où il se trouvera aux premières loges pour voir tomber ces Bourbons qu'il a soutenus pendant la Révolution mais dans lesquels il ne croit plus vraiment. L'avènement de « l'usurpateur » Orléans, Louis-Philippe Ier, met un terme à la carrière politique de Chateaubriand et à ce troisième volume des Mémoires. Ironie du sort, il mourra la même année que cette monarchie qu'il décrie tant, en 1848.
    Ce tome est assez complexe à aborder car émaillé de textes diplomatiques, de dépêches, de notes qui sont relativement opaques pour nous, lecteurs néophytes du XXIème siècle. Cela n'empêche pas Chateaubriand de céder aux envolées lyriques typiques du romantisme naissant et de se livrer à un examen de conscience parfois bien pessimiste, comme il a su déjà si bien le faire dans les précédents livres de ces Mémoires ! Cela dit, je vous rassure : même si l'auteur est sans nul doute influencé par le courant romantique, alors en vogue en Europe et si toutefois vous y étiez hermétiques, cela ne gênera pas pour autant votre lecture, du moins je ne le pense pas. Je ne me considère pas spécialement comme une fan du courant romantique, surtout en littérature et si je n'ai pas manqué de le reconnaître au premier coup d'oeil chez Chateaubriand, je n'en ai pas été gênée pour autant. Si les descriptions qui tiennent des pages et des pages vous donnent des palpitations, vous ne trouverez pas cela ici, même si l'auteur cède non sans plaisir à un portrait circonstancié de la société romaine, de la campagne italienne ou encore, de la bonne société britannique qu'il fréquente lors de son ambassade (il faut ce qu'il faut, quand même). J'ai d'ailleurs souri parfois devant ces portraits quelque peu désabusés de sociétés déjà fréquentées auparavant et qui ne sont décidément plus ce qu'elles étaient...j'ai eu l'impression que Chateaubriand se livrait au « que voulez-vous, ce n'est plus ce que c'était, ma bonne dame » avec le recul parfois dépouillé de toutes ses illusions que peut donner l'âge ! 

    Chateaubriand en tenue de pair de France en 1828


    On le sait, des mémoires sont des sources historiques à manipuler avec précaution et, en même temps, des documents précieux car souvent écrits au plus près des événements. Au vu de ce que l'on sait du contexte général (sociétal, politique, géopolitique) de ce début du XIXème siècle, entre la chute de l'Empire de Napoléon et la Monarchie de Juillet, j'ai trouvé que Chateaubriand parvenait à faire preuve de nuances. S'il défend bien évidemment sa vérité, celle d'un homme d'Etat qui a parfois participé à la prise de décisions impopulaires, sa vision de la Restauration est finalement assez clairvoyante : les premiers chapitres de ce troisième tome n'ont pas laissé de me surprendre, d'ailleurs, car je me souvenais de ceux, très violents contre l'Empire et Bonaparte, qui achevaient le deuxième volume. Et là, justement, la Restauration de ces Bourbons qu'il a soutenus dans la contre-Révolution ne semble pas soutenir, à ses yeux, la comparaison avec l'Empire ! Finalement, par conviction intime et politique, Chateaubriand a soutenu un régime dont il sentait les failles depuis longtemps et dont il a vu la lente déréliction. Pour autant, il ne cessera d'être fidèle à la cause légitimiste, défendant le jeune comte de Chambord (Henri V) contre l'usurpation de son cousin Orléans, qui se fait impunément à la faveur des journées insurrectionnelles de juillet 1830.
    Depuis le départ, Chateaubriand semble céder à des accès de mélancolie et de noirceur plus ou moins violents : je l'avais déjà relevé dans les deux précédents volumes. C'est aussi le cas ici. Désabusé, le vieil homme qui écrit alors, trait d'union entre le nouveau monde et l'ancien monde, porte un œil froid sinon indifférent sur les années qui viennent de s'écouler et ont emporté le trône d'un Empereur et celui de deux rois dans leur chute. Sa plume se fait souvent critique et il n'a pas assez de mots pour décrire la catastrophe qui semble inscrite dans l'ADN même dans la Restauration, comme un régime voué à l'échec, comme une parenthèse nécessaire mais déjà condamnée entre l'Empire et autre chose.
    Si ce document porte immanquablement une part de subjectivité, ce qui est bien évidemment normal, il reste malgré tout une source précieuse pour tous ceux qui s'intéressent à l'Histoire du XIXème siècle. Sous la plume de Chateaubriand, les événements reprennent de la teneur, de la consistance : de la chute de Napoléon à Waterloo en passant par l'assassinat du duc de Berry par Louvel et la révolution de juillet 1830 (les Trois Glorieuses), rien n'est laissé de côté et tout est relaté et analysé. Ajoutez à cela une analyse personnelle mais finalement assez fine des sociétés londonienne et romaine des années 1820 et vous obtenez un document particulièrement riche, parfois compliqué et qui nécessite une bonne concentration mais qui vous laisse l'impression d'avoir été, l'espace d'une lecture, au plus près des événements et ça, ça n'est pas de prix.

    27-29 juillet 1830 - Les ordonnances de Juillet et la révolution des « Trois  Glorieuses » - Herodote.net

     

    L'insurrection des Trois Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830) qui coûte son trône à Charles X. Ce tableau représente les combats de la rue de Rohan (Hippolyte Lecomte). 

     

    En Bref :

    Les + : le sentiment d'être au plus près d'événements absolument marquants, car on les voit au travers des yeux d'un témoin privilégié.  
    Les - :
     
    des passages très politiques et compliqués à comprendre, il faut s'accrocher ! Après, ça fait partie du jeu et il faut l'accepter !


    Mémoires d'outre-tombe Livres XXV à XXXIII ; François-René de Chateaubriand

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     


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  • « J'aime le sol qu'il foule, l'air qu'il respire, et tout ce qu'il touche, et tout ce qu'il dit. J'aime tous ses regards, et tous ses gestes, je l'aime entièrement et complètement. »

    Les Hauts de Hurlevent ; Emily Brontë

     

     

         Publié en 2020

      Date de publication originale : 1847

      Titre original : Wuthering Heights

      Editions RBA (collection Romans Eternels / Cranford    Collection)

      300 pages 

     

     

     

    Résumé :

    Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    2020 aura été l'année d'une rencontre et d'un challenge perso que je me suis lancé en novembre dernier. Ma participation au Pumpkin Autum Challenge et la découverte des beaux ouvrages de la Cranford Collection, édités depuis quelques mois par RBA (je ne reviendrai pas dans cet article sur le débat de la traduction et des coquilles d'impression, ce n'est pas le sujet) m'auront donc motivée à lire enfin un classique dans lequel j'hésite à me plonger depuis...des années ! Peut-être pas dix ans, mais presque.
    Je connais les sœurs Brontë depuis longtemps mais je me suis aperçue que beaucoup de lecteurs les avaient découvertes justement via l'unique roman d'Emily, peut-être la plus connue des trois sœurs, avant de s'intéresser à Charlotte et Anne. Pour moi, c'est un peu le contraire : j'ai d'abord lu Jane Eyre, le roman emblématique de l'oeuvre de Charlotte. Ce classique m'avait beaucoup plu et beaucoup secouée aussi : je me souviens que c'est le premier roman dont la lecture m'avait mise si mal à l'aise, littéralement je traînais ma lecture avec moi, j'y pensais sans cesse, avec un sentiment de malaise assez particulier. Mais lorsque j'ai eu tourné la dernière page, j'ai refermé le livre avec le sentiment d'avoir découvert un monument, vraiment. Les romans d'Anne, Agnes Grey et La Dame du Manoir de Wildfell Hall ont été aussi de très bonne découvertes : Agnes Grey est un classique comme j'ai l'habitude d'en lire, qui m'a rappelé Jane Austen, par exemple ou Elizabeth Gaskell...En revanche, j'avais été extrêmement surprise (et agréablement, je dois bien le dire) par la modernité de La Dame du Manoir de Wildfell Hall, la vision de la femme, de son indépendance etc... Pour des auteures qui écrivent au milieu du XIXème siècle, on peut dire que les Brontë sortent vraiment des précurseurs. 
    Et puis il manquait Emily. Emily et son fameux Les Hauts de Hurlevent, au titre sinistre et qui évoque les landes désolées et battues par les vents du Yorkshire natal des trois sœurs. Ce roman, sans l'avoir lu, je le connaissais quand même un peu, mais je m'en faisais toute une histoire... J'avais peur de ne pas aimer, j'avais peur de ce que j'allais y trouver, surtout après avoir lu Jane Eyre (qui fait partie de mes romans préférés mais je n'ai jamais réussi à me défaire tout à fait de ce sentiment étrange qu'il avait fait naître en moi). Je crois aussi que l'aspect gothique du roman me freinait parce que j'associais forcément le gothique à quelque chose de très sombre et d'effrayant.
    Au final, Les Hauts de Hurlevent n'est pas si terrifiant que ça mais c'est un roman sans nul doute perturbant. On découvre l'histoire de cette demeure isolée à travers les yeux de Lockwood, qui loue la maison de Trushcross Grange à Heathcliff. Un jour, sa gouvernante, Ellen Dean, surnommée Nelly, se met à lui raconter l'histoire des Hauts de Hurlevent, cette maison étrange tenue d'une main de fer par Heathcliff, tout aussi mystérieux et inquiétant que sa demeure.

    Les Hauts de Hurlevent, un film de 1992 - Vodkaster

    Les Hauts de Hurlevent a été adapté à plusieurs reprises au cinéma et même réécrit voire transposé à notre époque : ici, l'adaptation de 1992 avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche dans les rôles d'Heathcliff et Catherine Earnshaw


    On découvre alors une implacable histoire de vengeance qui se couple à une superbe histoire d'amour. Les Hauts de Hurlevent est une grande fresque où se mêlent le meilleur et le plus mauvais de l'humain. A travers des personnages intéressants et complexes, sinon attachants, Emily Brontë écrit, en 1847, un roman fortement implanté dans son époque mais aussi étonnamment moderne.
    Je l'ai lu doucement, en un peu plus d'un mois, en parallèle d'autres lectures, parfois je l'ai abandonné plusieurs jours, avant de le reprendre. Mais au final, c'était bien comme ça, j'ai pris mon temps, j'ai lu à un rythme qui me convenait pour ce roman. Je l'ai savouré et je l'ai apprécié. C'est loin d'être un coup de cœur mais c'est une bonne surprise : le personnage de Heathcliff, magnétique et repoussant à la fois m'a attirée tout en me faisant peur parfois, la maison des Hauts a aussi quelque chose de sinistre et, en même temps, de singulièrement fascinant, dans son isolement et son délabrement.
    L'ambiance du roman est très particulière : je crois que c'est surtout là que le gothique se manifeste le plus et le mieux et les paysages grandioses qu'Emily Brontë nous donne à voir évoque un lieu tourmenté et inhospitalier, qui répond à la violence du récit. Parce que, oui, je crois qu'on peut dire que l'intrigue des Hauts de Hurlevent est assez violente et torturée par moments, elle bouleverse, elle ne laisse pas indifférent.
    Emily Brontë a signé un seul roman au cours de sa vie, mais quel roman, un roman qui continue aujourd'hui de fasciner, d'être lu, d'être adapté voire réécrit, ce qui prouve bien la modernité et l'universalité d'un tel récit. Grande histoire d'amour mais pas que, je me réjouis d'avoir enfin lu ce classique qui me faisait défaut. Il aurait été regrettable, après avoir lu Charlotte et Anne, que je ne lise pas Emily, dont l'oeuvre, assez semblable à celle de sa sœur Charlotte, a aussi quelque chose d'éminemment unique. Quelle intrigue, quels personnages ! C'est plein d'un souffle épique et c'est surtout une superbe histoire qui constitue la trame du récit : Emily Brontë nous prouve bien que toutes les grandes histoires d'amour n'ont pas besoin de bien se terminer pour être sublimes et puissantes. Une chose est sûre, c'est que Les Hauts de Hurlevent ne laisse pas indifférent : on n'aime ou pas mais je crois que c'est le genre de romans que l'on porte longtemps en nous, après l'avoir lu. En un mot, une véritable expérience de lecture, comme je les aime.

    Description de cette image, également commentée ci-après

    Emily Brontë, morte à trente ans en 1848 est connue pour n'avoir écrit qu'un seul roman, qui deviendra un monument de la littérature mondiale : Les Hauts de Hurlevent est publié pour la première fois un avant sa mort, en 1847. 

    En Bref :

    Les + : l'ambiance particulière, le magnétisme du personnage masculin principal, l'histoire d'amour au centre du récit, passionnée et dramatique...
    Les - :
    Aucun.

     


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