• Les Maîtres d'Ecosse, tome 1, Insurrection ; Robyn Young

    « Les racines sont profondes, elles nourrissent les branches qui poussent, s'entrelacent par les mariages, passent par la maison royale d'Ecosse et la noblesse d'Angleterre, jusqu'à mon père et à moi. Toi, Robert, tu es un bourgeon qui pousse sur des branches maîtresses. »

    Les Maîtres d'Ecosse, tome 1, Insurrection ; Robyn Young

     

    Publié en 2010 en Angleterre ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Titre original : Insurrection trilogy, book 1, Insurrection 

    Editions Pocket

    826 pages

    Premier tome de la saga Les Maîtres de l'Ecosse 

    Résumé :

    Le tonnerre gronde. En 1286, l'Ecosse subit le plus terrible hiver de son histoire. Certains y voient l'annonce du jugement dernier. Mais les hommes ne respectent pas plus le destin qu'ils ne prennent garde aux avertissements. Afin de s'octroyer le trône, laissé vacant depuis l'assassinat du roi Alexandre III, la noblesse du pays s'est lancée dans une guerre féroce. Edouard Ier, roi d'Angleterre, compte profiter de ces luttes fratricides pour assujettir l'Ecosse à son royaume. 
    Robert Bruce, jeune écuyer, est décidé à l'en empêcher. Avec la foudre, frappe son insurrection. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    En 1286, le roi Alexandre III meurt, sans descendance mâle. Son seul héritier est une petite fille, Marguerite de Norvège, âgée de sept ans, la propre fille de la fille d'Alexandre III. Vous suivez ? Alors, on continue.
    Tout le monde le sait, un souverain qui meurt sans laisser de réel héritier, abandonne son royaume au chaos, aux intrigues et aux assassinats en tous genres... C'est là que les ambitieux et les opportunistes se réveillent... Et en cette fin de XIIIème siècle, la succession écossaise s'avère bien compliquée... Après le décès de la petite héritière d'Alexandre III, les grandes familles se déchaînent et deux se sont face avec beaucoup de violence : les Bruce, représentés par le vieux lord d'Annandale et les Balliol, soutenus par les Comyn, ambitieux sans aucun scrupule, prêt à tout pour un peu de pouvoir et de gloire. Dans le camp des Bruce, un jeune garçon, le petit-fils de lord d'Annandale, observe et grandit... Robert Bruce est promis à un avenir qu'il n'aurait jamais soupçonné... Mais il ne le sait pas encore et, à l'heure où Jean de Balliol ceint la couronne écossaise, il assiste surtout à une lutte sans merci pour le pouvoir.
    Ce premier tome, Insurrection, est un roman d'apprentissage. On suit Robert de ses plus jeunes années jusqu'aux premières de l'âge adulte, peut-être les plus importantes pour un jeune homme issu de la noblesse, au Moyen Âge. C'est l'époque de son apprentissage de chevalier, couronné par la symbolique cérémonie de l'adoubement. Les jeunes prennent conscience de leurs devoirs, c'est une réelle initiation par laquelle ils passent et, même dans la sauvage et reculée Ecosse, on y passe, quoi qu'il arrive. C'est donc le récit de cette jeunesse, d'un garçon pas tout à fait comme les autres, que Robyn Young aborde dans ce premier roman, premier volume d'une trilogie sur Robert Bruce et l'Ecosse médiévale.
    Ce roman est une vraie fresque historique et a beaucoup de souffle. Très visuel, le roman permet de faire renaître les paysages grandioses de cette île britannique encore morcelée et divisée. Et très sauvage !
    Mais je dirais que cette fiction historique, si elle est efficace et mêle habilement le vrai et l'imaginaire, a les défauts de ses qualités. Très dense, ce premier tome pose les bases d'une saga, il est donc normal que l'auteure prenne son temps pour poser son intrigue et nous présenter les personnages mais j'avoue que les premiers chapitres ont été pour moi extrêmement laborieux... J'ai eu du mal à avancer vraiment parce que, ne connaissant pas le contexte ni les personnages -du moins vaguement-, j'ai souvent interrompu ma lecture pour faire des recherches, d'autant plus que, et je pense que cela est imputable à la traduction française, beaucoup d'incohérences sont venues se glisser dans les chapitres : noms de personnages orthographiés différemment d'un chapitre à l'autre, liens entre les personnages qui changent...Et beaucoup de coquilles également, ce qui me gêne un peu même si ce n'est pas la faute de l'auteure. C'est cependant assez désagréable pour le lecteur et dommage pour le livre qui en perd un peu en crédibilité du coup.

    Robert Bruce, roi d'Ecosse de 1306 à 1329


    J'ai aussi déploré beaucoup de longueurs et des chapitres qui, à mon sens, étaient superflus et pas forcément utiles pour la compréhension de l'histoire. Les prises de liberté de l'auteure si elles sont bien expliquées en fin de volume, ce que j'apprécie toujours -ça prouve que l'auteur s'est renseigné même si, au final, il choisit de faire primer le romanesque-, m'ont semblé parfois, peut-être pas inutiles, mais injustifiées... Quel intérêt par exemple de transformer une mort naturelle en assassinat alors que les conséquences de cette mort finalement, seront les mêmes ?
    Si les points que je viens de soulever m'ont effectivement gênée, je dois dire que j'ai quand même passé un bon moment et que j'ai trouvé ce roman de plus en plus plaisant, à mesure que j’avançais... Malgré quelques longueurs, découvrir cette Histoire inconnue pour moi -la crise dynastique en Ecosse, l'ingérence anglaise, les rébellions galloises etc- et ses personnages m'a plu. Robyn Young a mâtiné tout ça d'un peu de légendaire, avec Arthur et Merlin et ses prophéties qui apparaissent au cours du récit et au sein d'un ordre secret de chevaliers. Si je n'ai pas forcément compris pourquoi au départ, cela ne m'a pas dérangée au final... Les légendes celtiques sont très présentes dans l'Histoire de la Bretagne et de la Grande-Bretagne et se confondent parfois avec l'Histoire établie donc j'ai finalement bien aimé cet aspect là du récit ! Que le roi Edouard mène en quelque sorte sa propre quête, comme Arthur, m'a plu. Cela permet de créer un lien entre l'Histoire immémoriale de l'île et les monarques de cette fin du XIIIème siècle. 
    C'est un Moyen Âge assez onirique, flamboyant mais aussi très violent que l'auteure nous décrit, relativement bien, grâce notamment aux nombreuses et solides recherches effectuées, ce qui est tout à son honneur. Insurrection est une bonne fiction historique, qui a des défauts et présente aussi quelques inégalités. Ce roman peut être cependant une bonne introduction à des lectures un peu plus scientifiques sur l'Histoire des îles britanniques. Et surtout, malgré quelques moments où je me suis ennuyée, j'ai refermé ce livre en ayant envie de continuer la saga, ce qui est bon signe ! Insurrection nous démontre comment devenir le pivot d'une Histoire nationale tient parfois à peu de choses. Qui, au XIIIème siècle, en Ecosse et ailleurs, aurait parié sur Robert Bruce ? Et finalement, devenu le père de Marjorie Bruce, qui épousera Alexander Stewart, il deviendra l'ancêtre des rois Stuarts, qui ont régné à la fois sur l'Ecosse et l'Angleterre. Un roman qui permet de toucher du doigt un grand destin, complexe également et multi-facettes, comme l'explique bien l'auteure en fin de roman. On comprend aisément l'obsession qu'elle a pu ressentir à la lecture de textes et documents concernant la crise de succession en Ecosse et dans lesquels elle a fatalement retrouvé Robert Bruce et William Wallace... Ce dernier, que l'imaginaire connaît mieux, apparaît finalement comme très uniforme face à Bruce, qui changea plusieurs fois d'allégeance et est dépeint dans toute sa complexité par une auteure convaincue. Assurément, Insurrection est un bon roman historique et j'en ressors décoiffée par son souffle, pas dénué de défauts mais qui parvient cependant à capter le lecteur. 

    En Bref :

    Les + : une fresque très vivante et dynamique. On sent l'intérêt de l'auteure pour son sujet et elle parvient à nous convaincre. Ce roman a au moins le mérite de nous éclairer sur un pan de l'Histoire de la Grande-Bretagne, qui est plutôt intéressant. 
    Les - : beaucoup de coquilles d'impression, des approximations dans les liens entre les personnages (peut-être dues justement à ces fameuses coquilles) et quelques distorsions des faits historiques un peu superflues à mon goût. 

     


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