• Marie-Antoinette telle qu'ils l'ont vue : témoignages, lettres, rapports secrets, souvenirs, confidences ; Evelyne Lever

    « Il n'y a de sûreté pour elle que dans le rétablissement de l'autorité royale. J'aime à croire qu'elle ne voudrait pas de le vie sans sa couronne ; mais ce dont je suis bien sûr, c'est qu'elle ne conservera pas sa vie si elle ne conserve pas sa couronne. » Mirabeau

    Marie-Antoinette telle qu'ils l'ont vue : témoignages, lettres, rapports secrets, souvenirs, confidences ; Evelyne Lever

     

    Publié en 2014

    Editions Omnibus

    992 pages 

    Résumé : 

    Marie-Antoinette est une icône universelle. Dans le même temps, elle reste sans doute la femme la plus vilipendée de l'Histoire. Plus elle fait l'actualité plus elle apparaît ambiguë...Pour savoir qui était Marie-Antoinette, le plus simple n'est-il pas de demander à ceux qui l'ont connue -adolescente à son arrivée dans le royaume de France, jeune reine à Trianon, mère triomphante puis mère blessée, femme politique controversée, et, enfin, prisonnière humiliée ? 
    Evelyne Lever, spécialiste incontestée du personnage, a recherché, sélectionné et agencé les témoignages pour leur faire dire ce qu'ils cachent. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Quel meilleur moyen, pour en apprendre un peu plus sur un personnage historique, que de se plonger dans des textes d'époque, que l'on appelle sources en histoire ? Témoignages, correspondances, courriers diplomatiques, journaux intimes, mémoires... grâce à ces textes, on prend la mesure d'une époque ou d'une personnalité. Mais il ne faut jamais perdre de vue que, ce qui est relaté dans ces documents, même si c'est un trésor de pouvoir les consulter, car ils sont inégalables, n'est pas la vérité vraie. Est-on à même de juger objectivement l’époque dans laquelle on vit ? Certainement pas. Pour autant, l'atout maître de tous ces témoins, contre lequel même le meilleur des historiens ne peut rien, c'est d'avoir vu, d'avoir été là.
    Outre la correspondance, assez importante, que Marie-Antoinette entretint tout au long de sa vie avec Mercy-Argenteau, sa mère, ses deux frères, Evelyne Lever, historienne réputée du XVIIIème siècle et spécialiste incontestée de Marie-Antoinette, a rassemblé des extraits des mémoires de madame Campan, de madame de Tourzel, la baronne d'Oberkirch, madame de La Tour du Pin, les comte de Saint-Priest, de la Marck, de Fernan Nunez (ambassadeur d'Espagne) et bien d'autres encore. Tous ont un jour côtoyé la famille royale, au temps de sa grandeur à Versailles mais aussi dans les affres de la terreur révolutionnaire.
    Ces textes apportent un éclairage inédit mais intéressants aux événements. Amoureuse de Marie-Antoinette comme je suis ainsi que de son époque je crois pouvoir dire que je connais assez bien les différents éléments qui jalonnent son existence. Mais je connais ces événements relatés par des historiens contemporains dont le propos est, occasionnellement, illustré par des sources d'époque. Là, l'historien s'efface justement derrière ces sources et c'est ce qui est intéressant parce que j'ai vraiment eu l'impression de plonger tout droit au XVIIIème, je sentais presque l'odeur de l'encre et de la cire à cacheter et j'entendais la plume d'oie crisser sur le papier !
    Ce qui est intéressant aussi, avec ce genre de textes, c'est qu'on découvre ce que pensent les contemporains du roi et de la reine et on se rend compte que les avis souvent divergent... dans l'ensemble, la première partie du livre est assez homogène : la jeune Marie-Antoinette est appréciée même si les observateurs ne manquent pas de pointer du doigt certains de ses défauts (frivolité, légèreté) et, d'ailleurs, aujourd'hui avec le recul, on se rend compte que quelques uns des textes sont très clairvoyants voire prémonitoires annonçant avec plus de dix ans d'avance la Révolution. On se rend compte que beaucoup d'observateurs, français comme étrangers, avaient compris que des petits défauts, anodins chez les particuliers, peuvent s'avérer désastreux quand ils sont ceux de têtes couronnées, qui, en plus, ne semblent pas disposés à mettre de l'eau dans leur vin. Ce fut le cas de Marie-Antoinette qui devint sage sur le tard et bien trop tard.
    J'ai été assez surprise de voir la lucidité de la plupart des personnes dont les mémoires ou la correspondance sont restitués ici. Par leur indulgence également... j' aurais pensé que certains se montreraient bien plus offensifs. Certains jugements sont, sinon sévères, du moins assez radicaux mais je n'ai pas été choquée. Je n'ai pas eu l'impression de lire des textes injustes, bien au contraire : j'en suis arrivée à la conclusion que la plupart des témoins cités ici avaient assez bien pris la mesure du règne, du contexte et de la personnalité du roi et de la reine. Que les auteurs soient français ou étrangers, on se rend vite compte que leurs opinions convergent.
    J'ai été très satisfaite de cette lecture et je tenais à souligner le travail de l'historienne qui est à l'origine de ce recueil. Presque 1000 pages, de textes divers, d'auteurs variés, c'est un travail considérable de collecte et de classement pour donner au lecteur cette somme vraiment satisfaisante et qui passionnera certainement tout amoureux du XVIIIème siècle.
    La fin du livre, bien sûr, se concentre sur le procès de la reine, en octobre 1793 et on termine donc sur une note très émouvante avec la très belle et digne lettre de Marie-Antoinette, condamnée à mort, qui écrit pour la dernière fois à sa belle-sœur et par des extraits du journal de Fersen, d'une tristesse déchirante et en même temps, d'une dignité rare. J'ai aimé aussi découvrir les souvenirs de Rosalie Lamorlière, qui sera sa femme de chambre à la Conciergerie : après la Révolution, cette jeune femme, qui ne savait ni lire ni écrire, retrouvée par Gaspard Louis d'Aussonne, lui dictera ses souvenirs avec beaucoup d'émotion et de sincérité : certains historiens ont souligné que l'abbé d'Aussonne avait peut-être orienté le témoignage de la jeune femme, lui faisant dire ce qu'il voulait. Est-ce vrai ? Personnellement, je n'ai pas eu l'impression de lire un texte artificiel : certes, il faut le prendre avec précaution. Pour autant, est-il totalement faux ? Aujourd'hui, nous ne saurons certainement jamais quels furent les sentiments de la jeune femme lorsqu'on l'assigna au service de Marie-Antoinette. En tous cas, la lire était assez émouvant, parce qu'elle fut l'une des dernières à partager les jours de la reine et surtout, à se dévouer pour elle. Madame Campan, femme de chambre de la reine, bien que ralliée par la suite à l'Empire -ce dont les royalistes lui tiendront rigueur-, livre un portrait intéressant et complexe de la souveraine -ralliée au nouveau régime, elle aurait pu se montrer ingrate et dénigrer le roi et la reine, ce qu'elle ne fait pas-, c'est avec émotion un peu nostalgique que Lucie de la Tour du Pin, se rappelle sa rencontre avec Marie-Antoinette et sa présentation à la Cour, avec transports aussi que madame de Tourzel et sa fille -Pauline, future comtesse de Béarn- se souviennent des moments terribles qu'elles traversèrent en compagnie du roi et de la reine : au moment où elles écrivent, seule Madame Royale est toujours en vie, on peut donc comprendre avec quels sentiments elles prirent la plume. J'ai admiré la contenance de ladite Madame Royale dans ses propres mémoires. En 1817, lorsqu'elle prend la plume, elle a trente-neuf ans mais elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, brisée qu'elle fut à l'adolescence par les épreuves qu'elle traversa avec ses parents, son frère et sa tante. Pour autant, c'est avec beaucoup de dignité et sans colère, ou du moins, une colère qui ne transparaît pas, qu'elle livre ses souvenirs : en cela, celle qui était devenue la duchesse d'Angoulême est infiniment touchante et estimable.

    Marie-Antoinette à l'aube de la Révolution (1788) par Elisabeth Vigée-Lebrun


    Ce livre n'a pas pour but de verser insidieusement dans le manichéisme, rejetant dos à dos la gentille et pauvre reine à qui l'ont fait des misères contre les méchants révolutionnaires sanguinaires. Ce serait faire un contresens et mal appréhender les différents textes rassemblés dans cette somme que de la croire. Evelyne Lever ne nous livre pas ici une hagiographie de Marie-Antoinette et, même si la plupart des témoignages sont assez positifs dans l'ensemble, ils n'occultent pas pour autant les erreurs de la jeune reine et le peu d'entrain qu'elle mit à réformer son caractère et ses défauts. Aujourd'hui, on ne peut nier que Marie-Antoinette eut une lourde part de responsabilités dans ses déboires des années 1789-1793 et même avant. On ne peut d'ailleurs, avec le recul que nous avons aujourd'hui, deux-cent-vingt ans après les événements, que ressentir, comme je le soulève plus haut, les funestes prémonitions que couchèrent sur papier certains contemporains, à commencer par la propre mère de Marie-Antoinette qui semblait avoir saisi, peut-être grâce à sa clairvoyance maternelle, vers quels malheurs se dirigeait sa fille si elle ne changeait pas, ce dont Marie-Antoinette elle-même ne prit pas la mesure.
    Oui, Marie-Antoinette est coupable de frivolité, oui, Marie-Antoinette aima peut-être un peu trop les modes et le jeu, au point de s'endetter et surtout, malgré les conseils, elle ne fit aucun effort pour s'amender, changer de conduite et quand elle le fit, c'était déjà trop tard : en effet, ce n'est pas la dignité et la douleur d'une mère blessée, en deuil de son premier fils puis le courage rare d'une souveraine qui fait face et prend en main le peu d'influence qui lui reste, alors que la femme, en elle, est déjà blessée et agonisante, qui la racheta aux yeux des Français. Elle s'était trop perdue et cela, depuis trop d'années pour que son humanité puisse encore toucher : l'Affaire du Collier en est un bon exemple. Exposée à des pamphlets orduriers voire pornographiques lui attribuant tout un tas d'amants et de maîtresses, Marie-Antoinette n'avait aucune chance de redevenir populaire. Cela, on ne peut le nier. Pour autant, méritait-elle la mort qu'on lui réserva ? Peut-être pas : mérite-t-on la mort pour avoir été un peu folle dans sa jeunesse et fait des erreurs ?
    Peu ou pas du tout de récits ou témoignages de personnes ayant participé à la Révolution, le récit des événements révolutionnaires se partageant surtout entre les correspondances et mémoires de Cléry, valet de chambre du roi, de madame de Tourzel, gouvernante des Enfants de France et de sa fille Pauline et de Madame Royale elle-même : les sentiments révolutionnaires transparaissent uniquement dans les correspondances échangées entre la reine, Mirabeau et Barnave et encore, on ne peut pas dire que ces deux-là aient été des plus enragés, au contraire ! Quant aux minutes du procès, soigneusement restituées par le Tribunal révolutionnaire, avec tous les chefs d'accusation, ce n'est qu'une suite d'accusations montées de toutes pièces et une succession de témoins à charge dont on oriente habilement les réponses. C'est certainement le texte le moins objectif de tout le recueil mais qui nous permet de prendre la mesure de l'aversion des révolutionnaires envers la reine, en cette fin d'année 1793. Fut-elle celle de tous les Français comme on a voulu nous le faire croire par la suite ? Visiblement pas puisque même pendant sa captivité à la Conciergerie, il s'est trouvé beaucoup de personnes toutes dévouées à elle dans ses dernières semaines. Evelyne Lever se concentre essentiellement sur des témoins ayant côtoyé longuement la famille royale et sur ses proches ce qui, en même temps, paraît logique parce qu'on suppose que ce sont eux qui sont les plus à même de les juger relativement objectivement : relativement parce qu'il n'est pas possible d'obtenir de ces témoins des récits totalement neutres et on comprend pourquoi bien sûr. Les révolutionnaires étaient-ils bien à même, alors qu'ils luttaient contre le régime, de bien juger le roi et la reine ? On a eu la réponse rapidement et elle est négative. L'historiographie actuelle se rapproche bien plus des témoignages plus cléments, qui sont majoritaires dans le livre que des jugements sans appel des pamphlétaires et des révolutionnaires. On s'accorde à considérer aujourd'hui que bien des accusations lancées contre la reine sont sans fondement et qu'on lui a tissé une légende noire, comme on le fit avant elle pour Catherine de Médicis ou Isabeau de Bavière. Marie-Antoinette n'était certainement pas la Messaline moderne qu'on a souvent dépeinte.
    J'ai trouvé ce livre assez bouleversant, émouvant, très juste. Comme je le disais plus haut, j'ai été surprise de lire beaucoup de témoignages relativement positifs. Au final, Marie-Antoinette a été jugée, par la grande majorité, avec beaucoup de bonté, de bienveillance et de mansuétude. Seulement, la crise aidant, c'est l'aspect négatif, même basé parfois sur de fausses assertions, qui l'emporta. Si on est enclin de prendre la défense de la reine, on ne peut malgré tout nier la colère du peuple à l'époque et son désarroi, qui transparaît dans sa violence. Quand un peuple souffre, d'une crise financière, d'une crise sociale, il faut un bouc émissaire. Peu importe si celui-ci a tout de même quelques qualités, elles seront vite éclipsées par ses travers et, c'est bien connu, on n'a pas d'indulgence pour les défauts des autres, à plus forte raison s'ils sont des personnages publics ou des gouvernants.
    Ce livre est donc très intéressant, que vous connaissiez déjà bien Marie-Antoinette ou pas. Il est conséquent mais l'alternance des auteurs et donc des styles permet de ne pas s'ennuyer. Encore une fois, Evelyne Lever nous livre un travail imposant mais à l'intérêt historique certain. 

    Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire (gravure du XIXème siècle)

    En Bref :

    Les + : une somme colossale mais infiniment intéressante pour tout passionné. 
    Les - : mais aucun, bien évidemment. 

     


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  • Commentaires

    1
    Mélissa
    Dimanche 29 Janvier à 21:37

    Bonjour !

    Aimant ce personnage historique , l'admirant même, je me suis penchée avec délice sur ta chronique et je pense que je ne vais pas attendre longtemps avant de me le procurer à mon tour ! ^^ Les débats autour de cette reine ( ma préférée de l'Histoire de France ) sont toujours passionnants mais Marie-Antoinette souffre encore d'une image " noire " ... Comme quoi, faut croire qu'on a pas encore assez de recul malgré tous le temps qui a passé depuis sa triste mort.

    Bon courage pour ta lecture de Chateaubriand, j'aurais jamais le courage de le lire vu l'ampleur de l'ouvrage. arf

    Bonne soirée et bonne semaine à venir !

     

    Mélissa

      • Dimanche 29 Janvier à 22:47

        Bonsoir Mélissa, 

         

        Eh bien...je te remercie ! ! Ma chronique est un peu longue, je suis consciente qu'elle puisse décourager un peu mais j'avais beaucoup de choses à dire et...je ne suis pas du tout synthétique ! A plus forte raison si j'ai aimé le livre... happy Et c'est le cas ici...de toute façon, dès qu'il est question de Marie-Antoinette, je deviens intarissable ! 

        Bref, je ne savais pas que tu étais une fan de Marie-Antoinette toi aussi ! ! Je crois cependant que nous sommes nombreux, d'autant plus qu'un énorme travail de réhabilitation a été fait depuis quelques années...comme pour Catherine de Médicis ou Isabeau de Bavière aussi, d'ailleurs. Avec le recul, nous sommes sûrement plus à même de mieux juger objectivement ! ! Mais Marie-Antoinette échappe aussi aux chercheurs parce qu'elle est une icône et qu'elle déclenche des sentiments assez passionnées, que ce soit positivement ou négativement. C'est donc assez difficile de se positionner face à ce personnage...personnellement, j'en suis arrivée à la conclusion qu'elle est certainement responsable, d'une certaine manière, de sa situation mais qu'elle ne méritait pas forcément la mort qu'elle a eue. Bref... je crois qu'elle continuera à faire couler beaucoup d'encre de toute manière. Je te conseille ce bouquin, je suis sûre que tu aimeras même si il te faudra t'armer de courage et de patience : il ne se lit pas comme un roman, loin de là et il est assez conséquent. yes

         

        Je te souhaite une bonne fin de soirée et une bonne semaine également ! En ce qui concerne les Mémoires de Châteaubriand je suis pour l'instant assez agréablement surprise parce que ça se lit très bien. cool

    2
    Mardi 31 Janvier à 15:00

    Marie-Antoinette est incontestablement le "personnage" - si on peut la qualifier ainsi - de l'Histoire de France que je préfère et qui me fascine depuis le collège. Quel destin et quelle personnalité complexe. Déjà bravo pour ta chronique, tu as une très belle plume et si tu écrivais des ouvrages historiques, je prendrais beaucoup de plaisir à te lire (d'accord, je te redis encore que j'aime tes chroniques, mais je ne peux pas m'en empêcher vraiment, la passionnée d'histoire que je suis se régale à chaque fois). C'est vrai qu'elle a encore aujourd'hui une image assez négative dans l'esprit des gens. On ne peut nier qu'elle ait été frivole et dépensière, mais ce serait réducteur de ne s'intéresser qu'à cet aspect de sa personnalité. 

     

    Il faut vraiment que je lise cet ouvrage, je trouve ça tellement intéressant de lire des témoignages d'époque, qui même si comme tu le dis ne peuvent pas être réellement objectifs, ont le mérite d'avoir vécu la période dont ils parlent ! En tant que passionnée d'histoire, je regrette qu'on n'ait pas encore inventé la machine à voyager dans le temps. J'aurais adoré assisté à certaines grandes scènes de l'histoire, me faire aussi petite qu'une souris et voir les derniers mois de la vie de Marie-Antoinette à la prison du Temple. Alors des témoignages comme ceux là sont vraiment précieux.

      • Mardi 31 Janvier à 16:19

        Oh là là, à chaque fois que je lis tes commentaires, Kitsy, je me sens mal à l'aise... tous ces compliments... c'est trop ! ! sarcastic oops Enfin, je suis ravie de voir que mes chroniques te plaisent, c'est toujours agréable d'avoir de bons retours, d'autant plus que j'y passe du temps ! ! Mais bon, jusqu'à présent, rédiger mes chroniques, les mettre en forme, trouver les idées qui vont devenir leur colonne vertébrale me passionne ! ! J'adore ça et lire vos retours me motive toujours un peu plus, c'est sûr ! ! yes J'ai un petit noyau de lecteurs fidèles qui viennent souvent par ici et cela me va : je m'en fiche que le blog n'ait pas un succès monstre et des millions de commentaires, tant que ceux-ci sont sincères, constructifs et intéressants, c'est parfait ! (et c'est toujours avec beaucoup d'enthousiasme que je vous réponds biggrin je ne le faisais pas systématiquement auparavant mais maintenant j'aime bien réagir à ce que les gens prennent la peine de venir m'écrire ici). 

        Bon, si on revenait à Marie-Antoinette, maintenant ? C'est aussi mon personnage favori, je ne saurais pas dire pourquoi mais je suis fascinée par elle depuis des années...j'ai commencé à me documenter sur elle avec des livres sérieux et c'est un avantage parce que je crois avoir une vision assez objective du personnage. La fascination pour un personnage, à mon sens, ne doit pas non plus occulter les aspects plus troubles ou plus négatifs qu'il recèle forcément. Aucun être humain n'est parfait, on le sait bien : chacun a ses défauts...mais aussi ses qualités. Si on ne peut nier que la reine fut frivole, un peu légère et pas très cultivée dans sa jeunesse, négligeant la lecture, la culture et se moquant allègrement des usages et des gens, on ne peut nier aussi qu'elle fut une mère honorable et qu'une vraie grandeur d'âme se révéla à partir du moment où elle dût faire face aux troubles de la Révolution. 

        Bref, je te conseille ce livre ! ! Comme je le dis dans ma chronique, il est dense et conséquent : la preuve, je l'ai commencé en juin 2015, cela fait plus d'un an et demi...puis je l'ai abandonné faute de temps, ne l'ai pas forcément repris. Mais j'en avais marre de voir ce livre traîner, il fallait que je le finisse. Je me suis concentrée surtout sur les témoignages que je ne connaissais pas...ayant déjà lu la correspondance de Marie-Antoinette, oui, j'avoue, j'ai parfois zappé les chapitres qui étaient constitués de cette correspondance importante. En tous cas, j'ai beaucoup appris et ce livre devrait être dans toute bibliothèque d'un fan de Marie-Antoinette qui se respecte ! ! cool

    3
    Dimanche 12 Février à 16:20

    La question ne se pose même pas : je lirai ce livre. Marie-Antoinette racontée par Evelyne Lever, c'est un pari gagnant !

    Au niveau du fond, j'ai lu récemment que le couple royal avait dépense 7% du budget de l'État, ce qui n'est pas plus que les précédents. On impute donc beaucoup à Marie-Antoinette mais cela est sans doute dû au fait que l'on a mis plus en lumière leur dépense par rapport aux dépenses des couples royaux précédents. Je voudrais creuser davantage cette question, peut-être que tu sais plus de choses sur ce sujet ?

      • Dimanche 12 Février à 16:27

        Je te le conseille ! J'ai mis du temps à le terminer, mais ce livre vaut vraiment le coup et je crois qu'il est indispensable à tout amoureux de Marie-Antoinette qui se respecte ! ! yes

        En ce qui concerne les dépenses de Marie-Antoinette et Louis XVI, malheureusement, non, je n'en sais pas plus que toi... Qu'elle ait parfois fait des dépenses inconsidérées est indéniable, mais le couple a aussi fait, mais peut-être trop tardivement, des économies...mais vu l'état du pays alors et l'ampleur de la crise financière, c'était peut-être un coup d'épée dans l'eau. J'imagine que, comme elle cristallisait les haines et les mécontentements du public, il lui a mis sur le dos le déficit, ainsi que sur ses amis, comme les Polignac, qui en ont bien profité quand même...c'est assez difficile de démêler le vrai du faux...la plupart des pamphlets accusant Marie-Antoinette avaient peut-être un fond de vérité sur lequel les auteurs ont brodé jusqu'à en faire la reine dépravée et dépensant l'argent de l'Etat à pleines poignées ! Mais ce n'est que mon avis...au final, je ne sais pas exactement ce qu'en pensent les historiens actuels... j'imagine qu'eux aussi défendent la modération sans toutefois complètement dédouaner la reine...parce que réhabiliter Marie-Antoinette ne doit pas non plus nous faire tomber dans le travers contraire et nous la faire idéaliser... ^^

        Bref, ta question en tous cas est intéressante et c'est vrai que ça mériterait d'être creusé ! ! 

      • Mardi 14 Février à 15:05

        Je le comprends bien !

         

        Si je rencontre un historien, je lui poserai la question alors ;-)

      • Mardi 14 Février à 19:32

        Si jamais tu croisais un historien qui réponde à ta question, je serais curieuse de savoir ce qu'il t'aurait répondu, histoire de savoir si ce que je suppose est vrai ou pas... sarcastic En bref, savoir si je suis une winneuse ou bien...une looseuse ! ! arf cool 

    4
    Lundi 13 Février à 23:56

    Voilà un livre qui pourrai me passionner, je note :)

      • Mardi 14 Février à 10:31

        Si tu aimes Marie-Antoinette, je ne peux que te le conseiller ! ! Je suis sûre que tu aimeras ! L'avantage de ces textes, c'est qu'ils ont été écrits par des contemporains et qu'on lit donc les mots de personnes qui ont vraiment côtoyé la reine et son entourage. On se trouve totalement immergé dans le règne de Louis XVI. Cette lecture a été très enrichissante pour moi qui suis une grande amoureuse du personnage de Marie-Antoinette. Si c'est aussi le cas pour toi, lance-toi ! 

        N'essaie peut-être pas de le lire comme un roman, de bout en bout, comme je l'ai fait, parce que sinon c'est laborieux. D'ailleurs, je l'avais laissé de côté en 2015 et je ne l'ai repris qu'en début d'année ! yes Mais lire quelques textes de temps en temps, c'est très sympa...pourquoi pas en alternant aussi avec d'autres lectures, pour éviter que ça ne devienne trop redondant. Bref, malgré tout... lis-le ! Et je serais ravie d'en parler avec toi quand tu l'auras fait ! cool Je profite aussi de ce commentaire pour te remercier pour ton passage par ici ! 

    5
    Lundi 6 Mars à 09:16
    Unefilleetdeslivres

    Oh toi aussi une inconditionnelle de Marie-Antoinette !!!!!!!!!! cool 

    Ce livre ne fait pas encore parti de ma collection mais il est sur ma liste !

      • Lundi 6 Mars à 11:24

        Oh oui ! sarcastic Je ne saurais pas te dire pourquoi, mais j'adore Marie-Antoinette ! ! Elle a quelque chose d'assez intemporel, cette reine, tout en étant bien implantée dans son époque. Mais je crois qu'on peut se retrouver en elle, même si elle a vécu à 200 ans de nous. C'est ça qui me plaît, je pense. 

        Je te conseille ce recueil. Non seulement il a été mis en forme par LA spécialiste de Marie-Antoinette, Evelyne Lever, qu'on ne présente plus et dont la réputation n'est plus à faire. cool Et surtout, découvrir Marie-Antoinette au travers des textes de personnes, courtisans ou diplomates qui l'ont connue voire approchée et côtoyée est immensément émouvant je trouve. 

      • Lundi 6 Mars à 13:08
        Unefilleetdeslivres

        Oui j'aime beaucoup les ouvrages d'Evelyne Lever, c'est vraiment la meilleure sur Marie-Antoinette 

      • Lundi 6 Mars à 13:27

        C'est sûr. La biographie d'Antonia Fraser fait référence aussi, mais j'avoue n'avoir pas retrouvé dedans ce qui fait tout l'intérêt des livres d'Evelyne Lever. C'est un bon livre mais pas aussi captivant que ceux d'Evelyne Lever, je trouve. ^^

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