• Murena, tome 1, La Pourpre et l'Or ; Jean Dufaux et Philippe Delaby

    « Sois ferme, mon fils. Le monde ne te fera pas de cadeaux. Prends ce que tu peux avant de te laisser prendre. »

    Murena, tome 1, La Pourpre et l'Or ; Jean Dufaux et Philippe Delaby

    Publié en 2001

    Editions Dargaud

    48 pages

    Premier tome de la saga Murena 

    Résumé : 

    « Il était d'un naturel féroce et sanguinaire qui se trahissait dans les moindres choses comme dans les grandes... Dans tous les combats de gladiateurs donnés par lui ou quelqu'un d'autre, il faisait égorger même ceux qui tombaient par hasard pour observer leur visage quand ils expiraient. »

    Suétone, Claude XXXIV. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Quand j'ai eu le premier tome entre les mains, le premier mot qui m'est venu est : mystère. Une couverture un peu inquiétante, tout en étant très belle, il faut bien le dire. Une citation de Suétone issue des Vies des Douze Césars, pour tout résumé.
    On s'attend évidemment à plonger en plein cœur de la Rome antique sans savoir forcément ce que l'on va y trouver.
    L'intrigue démarre donc à Rome, sous Claude, en 54 de notre ère. Claude, né en Gaule, timoré et balbutiant, n'aurait jamais dû monter sur le trône. L'anecdote qui entoure son accession au pouvoir est assez représentative : caché derrière un rideau alors qu'on massacre sa famille, Claude est tiré de là, pensant qu'on va l'exécuter à son tour. Il est finalement acclamé par les soldats et devient empereur.
    Dans sa vie conjugale non plus, il n'eut pas de chance : d'abord marié à Messaline, prostituée notoire, qu'il fera assassiner discrètement, il se marie ensuite avec Agrippine la Jeune, sœur de Caligula, descendante d'Auguste et de Marc-Antoine. Agrippine a déjà été mariée, très jeune, à un homme qui aurait pu être son père et qui lui a donné un unique fils, le futur Néron. Ambitieuse, Agrippine ne souhaite qu'une chose : que son fils accède enfin au pouvoir suprême. Il est jeune encore et elle pense pouvoir le manœuvrer et incarner la réalité du pouvoir à travers lui... mais il reste encore un obstacle à son plan, c'est le fils que Claude a eu de son premier mariage, c'est Britannicus, le fils de la sulfureuse Messaline.
    L'Histoire est pleine de soufre, de luxure, de corruption. Mais s'il y'a bien une époque qui les condense tous, c'est bien l'Empire romain des premiers siècles. La société y était violente, sans scrupules. L'ambition sert et appelle le meurtre. Et, au vu de ce que l'on sait aujourd'hui, il semblerait que les auteurs antiques n'aient pas exagéré, ou alors, si peu.
    Pas étonnant donc que cette époque inspire et surtout les auteurs de bande-dessinée ou les créateurs de séries télévisées, parce que c'est une époque très visuelle, du moins l'est-elle pour nous.
    J'ai trouvé que les auteurs se débrouillaient plutôt bien, sans pouvoir juger de tout non plus : l'Histoire ancienne en fac était ma bête noire, une époque trop lointaine et donc abstraite pour moi, dont je n'ai jamais été fichue de retenir la moindre date ! Disons que j'ai une connaissance globale de l'époque, sans pouvoir entrer dans les détails.

    Murena, tome 1, La Pourpre et l'Or ; Jean Dufaux et Philippe Delaby


    Pour autant, j'ai eu l'impression que la BD était fiable historiquement parlant, me mettant sous les yeux des images qui correspondent à l'idée que j'ai de l'Empire romain. Jeux du cirque succèdent à des séances -parfois torrides- aux bains et à des intrigues de palais à peine dissimulées. La violence est partout et semble conditionner la vie des grands comme des serviteurs, au même titre que la corruption qui anime la société.
    Ce premier tome, qui se situe à la toute fin du règne de Claude voit son épouse intriguer pour s'en débarrasser et éliminer aussi Britannicus, le dernier obstacle sur la route de Néron. Chacun use à volonté du poignard ou du poison, au milieu d'une société débridée et qui ne semble avoir aucun tabou.
    La Pourpre et l'Or pose l'intrigue, nous laisse le temps de nous adapter à une atmosphère assez tendue et perturbante. Même en tant que lecteur on a l'impression que le danger peut se cacher derrière chaque colonne, chaque bosquet, chaque plat ou chaque coupe.
    La mort se cache dans la nourriture, les boissons, dans les fourreaux des poignards ouvragés, délicatement dissimulés sous les toges.
    Bref, sans être une fan de bande-dessinée ni même de l'Antiquité romaine, je dois dire que j'ai été assez convaincue par ce premier tome. Les dessins sont beaux, ils ne m'ont pas totalement séduite mais quand même, on doit reconnaître qu'ils sont beaux et détaillés. Le scénario est simple, sans être simpliste pour autant : l'auteur va droit au but. Les dialogues sont assez incisifs.
    Finalement, contre toute attente, je partais avec un a priori négatif qui ne s'est pas vérifié. Je ne vous dirais pas que j'ai été totalement séduite, je n'aime pas suffisamment la BD pour ça, mais il faut bien reconnaître que les auteurs se sont attaqués à une période lointaine et qu'ils se sont bien débrouillés en nous restituant ici une image cohérente et vraisemblable de la Rome sous les Julio-Claudiens. 

    En Bref :

    Les + : les auteurs ont bien pris la mesure de l'époque et des personnages ; le récit est maîtrisé et cohérent. 
    Les - : une bonne BD, qui ne m'a pas transportée parce que je ne suis pas fan du genre mais qui, je pense, n'a pas beaucoup de points négatifs pour ceux qui savent apprécier. 

     

    Murena, tome 1, La Pourpre et l'Or ; Jean Dufaux et Philippe Delaby

    Bingo littéraire du printemps

     


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  • Commentaires

    1
    Mardi 23 Mai à 13:14
    Je pense que le fait que l'on ne plonge pas dans la BD tient au graphisme qui est, somme toute, assez simple.
      • Mardi 23 Mai à 18:10

        Oui, tu as peut-être raison. ^^ Après, je suis une nullité en dessin, donc évidemment, je ne peux qu'être admirative quand je vois avec quelle facilité les dessinateurs réalisent leurs œuvres et je dois dire que les dessins de Murena sont quand même beaux ! ! Après, il y'a plus beau, plus abouti, c'est sûr. Mais c'est quand même déjà une très belle BD ! cool

        Je crois surtout que, n'étant pas fan de ce genre littéraire à la base, je n'ai pas réussi à m'y immerger réellement ! Et je persiste, en ressortant de cette lecture, je n'ai pas vraiment envie de me plonger dans d'autres BD historiques. Mais ce fut tout de même une bonne découverte. J'ai mieux appréhendé cette Rome antique qui me paraît si abstraite, au travers des dessins. wink2

    2
    Lundi 29 Mai à 09:42
    lacavernedhaifa

    Cette série BD me tente beaucoup, même si je suis d'accord sur un point : les dessins ont l'air assez classiques ; mais j'adore la Rome Antique !

      • Lundi 29 Mai à 11:56

        En soi, pas de grande surprise au niveau du graphisme 'est sûr. Je ne peux pas dire que les dessins soient laids bien au contraire, en plus venant de quelqu'un qui, comme moi, ne sait pas dessiner, ce serait tout de même très déplacé ! tongue Et puis il faut dire que je ne prise pas la BD c'est un genre qui me laisse relativement indifférente. Peut-être alors n'ai-je pas apprécié Murena à sa juste valeur. 

        En tous cas, je ne te déconseille pas de te lancer au contraire ! Je n'ai moi-même pas détesté c'est juste que je n'ai pas d'atomes crochus avec ce genre littéraire ! sarcastic

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