• La Malédiction de Gabrielle, tome 2, A l'Ombre du Diable ; Andrea H. Japp

    « Ne crois pas ce que tu espères. Contente-toi d'ajouter foi à ce que tu vois. Ne redoute pas ce que tu ignores. »

    La Malédiction de Gabrielle, tome 2, A l'Ombre du Diable ; Andrea H. Japp

    Publié en 2017

    Editions J'ai Lu

    350 pages

    Deuxième tome de la saga La Malédiction de Gabrielle 

     

    Résumé :

    1348. La peste fait rage dans Paris et l'épidémie a changé la face du royaume. Aurait-elle aussi changé Gabrielle ? Déterminée à être maîtresse de son propre destin, plus rien n'arrête cette femme bafouée par son mari, joueur acharné. Elle quitte la capitale avec sa fidèle Adeline, emportant avec elle une peinture mystérieuse que les puissants voudraient posséder coûte que coûte. Dans une France en panique, tout est possible. Duperies, menaces, maladies, secrets... rien n'est épargné à la dame d'Aurillay. La malédiction de Gabrielle se prolonge, plus dangereuse que jamais. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    En 1348, la jeune Gabrielle d'Aurillay a tout pour être heureuse : jeune mariée très amoureuse de l'homme à laquelle on l'a unie et enceinte de son premier enfant, tout semble sourire à cette jeune femme et la perspective d'une vie prometteuse entre un mari aimant et des enfants se profile à l'horizon.
    Mais en quelques semaines, les rêves de la jeune Gabrielle s'effondrent : elle apprend la vérité sur son mari, qui n'est pas l'homme qu'elle croyait et surtout, une mystérieuse et terrifiante épidémie se propage rapidement dans le royaume : une fièvre violente qui emporte les malades en quelques heures ou quelques jours. C'est le début de la grande pandémie de peste noire qui emportera près de la moitié de la population européenne.
    Et, pour couronner le tout, Gabrielle se retrouve en possession d'un objet ayant appartenu à son mari, un étrange diptyque sur lequel apparaît un texte en vieille langue hébraïque et un Christ glabre et aux cheveux courts des plus étonnants... Un diptyque qui semble déchaîner les passions et sème la mort sur son passage.
    Voilà résumée en quelques lignes l'intrigue qui sert de corps à La Malédiction de Gabrielle, la toute nouvelle saga d'Andrea H. Japp, une intrigue policière -mais pas que- sur un fond terrifiant d'épidémie extraordinaire, bouleversant tout sur son passage. Très ramassée dans le temps, la saga ne se déroule en fait que sur une période relativement courte, entre août et septembre 1348, du moins jusqu'ici puisque le tome deux se clôt sur un « À suivre » des plus évocateurs. Moi qui croyais lire une duologie et obtenir des réponses dans ce second tome, je dois bien avouer que c'est raté puisque A l'Ombre du Diable n'est pas un second mais un deuxième opus et que la fin ressemble plus à une ouverture qu'à une véritable conclusion.
    Bref, pas de bond significatif dans le temps entre Le Fléau de Dieu et A l'Ombre du Diable : on reprend là où on s'était arrêté, tout simplement. J'ai terminé le premier tome et me suis replongée aussitôt dans le deuxième. Gabrielle, toujours en possession de ce fameux diptyque dérobé à son mari, pressent son importance sans pouvoir cependant l'identifier, quand des ombres inquiétantes s'attachent soudainement à ses pas. Grandie par les épreuves traversées dans le premier tome, la déception liée à son mari, la peste qui a failli la tuer, la fuite de Paris et la terrible épreuve de femme qu'elle traverse sans personne sur qui compter hormis la fidèle Adeline, matrone parisienne qui s'est prise d'affection pour la jeune femme, Gabrielle n'est plus la jeune fille naïve et un peu bécasse des débuts. Elle s'est révélée et, presque seule au monde, choisit de se battre, de riposter et de prendre sa vie à bras le corps, quoi qu'il en coûte. Dans un royaume ravagé, dans une ville moribonde, claquemurée dans sa détresse et son dénuement, où les cadavres s'entassent dans les rues comme des ordures puis à Vincennes, où la cour macère dans son hypocrisie et son oisiveté propre à l'espionnage, aux cancans au point de se transformer en véritable nid de serpents, Gabrielle va tout tenter pour se protéger des ombres qui la suivent et en veulent à l'objet qu'elle possède.
    Un peu moins sombre peut-être que ses autres sagas, comme La Dame sans Terre ou encore Les Enquêtes de Monsieur de Mortagne, bourreau, La Malédiction de Gabrielle est cependant construite dans la même veine, avec des personnages complexes et une enquête policière terre à terre mais mêlée aussi de quelque chose d'un peu moins palpable, une enquête un peu plus spirituelle, disons : ici il s'agit de cette fameuse peinture pour laquelle plusieurs personnes sont mortes. Est-ce le parchemin figuré sur la peinture et sur lequel ont été peintes des lettres en vieil hébreu, est-ce le Christ glabre et aux cheveux courts qui déchaînent les passions ? Ou bien les deux ? Ce diptyque recèle-t-il une importance capitale pour la Chrétienté ? Plein de questions qui restent sans réponse pour l'instant mais ne manqueront certainement pas d'en trouver par la suite.
    Andrea H. Japp nous laisse encore une fois avec une fin un peu brutale et qu'on ne sent pas arriver, comme dans Le Fléau de Dieu... J'ai ouvert de grands yeux en apercevant les mots À suivre à l'issue de la dernière ligne : quoi, déjà ? Eh oui... Mais ce genre de frustration n'est pas non plus pour me déplaire et c'est avec un intérêt ravivé que j'attends donc le troisième volume de La Malédiction de Gabrielle.
    Si cette saga n'est pas la préférée des lecteurs et que je peux le comprendre, je dois dire qu'elle ne m'a pas déplu pour autant et que j'ai ressenti un vif intérêt à sa lecture. Oui, j'ai passé un bon moment même si je m'attendais à quelque chose d'encore plus noir, le contexte s'y prêtant. La Malédiction de Gabrielle reste relativement moins violente, moins sombre que les autres romans de Japp, à l'ambiance très particulière mai on retrouve la patte de l'auteure, son style vraiment particulier et qui avait su me plaire dès le début.
    Pour conclure, les deux premiers tomes de La Malédiction de Gabrielle augurent bien de la suite... Japp nous offrira-t-elle une trilogie et terminera-t-elle les aventures de Gabrielle à l'issue de ce troisième volume qui, à ma connaissance, n'est pas encore sorti ou bien La Malédiction de Gabrielle sera-t-elle une saga en quatre tomes comme La Dame sans Terre ou encore Les Mystères de Druon de Brévaux ?
    A voir... Une chose est certaine, en tous cas, c'est que je prendrai encore une fois un grand plaisir à me plonger dans ce Moyen Âge torturé, où les grandes âmes voisinent avec les plus viles et où les plus corrompus ne sont pas ceux que l'on croit. Avec ce style unique où se mêlent mots et expressions d'époque et grande qualité narrative, Japp sait nous séduire et c'est désormais avec beaucoup d'impatience que j'attends le reste de la saga ! 

    En Bref : 

    Les + : le contexte, les personnages, ce fameux diptyque dont on ne peut identifier vraiment l'importance mais qu'on pressent dangereusement. Quels brûlants secrets recèle-t-il ?
    Les - : peut-être la lenteur (toute relative cependant) de l'intrigue ? Pour ma part, je ne l'ai cependant pas considérée comme un inconvénient mais je comprends que cela ait pu l'être pour d'autres lecteurs. Il est clair que la saga est moins enlevée que les autres. 


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Melissa
    Mardi 24 Avril à 23:03
    Bonsoir, encore une critique très intéressante mais je pense attendre que tous les tomes sortent pour pouvoir les lire d'une traite tant qu'à faire. La saga de " la dame sans terre" m'attends depuis un petit moment dans ma bibliothèque. Sinon j'ai lu sur Facebook que tu te penchais sur " les fleurs du mal" de Baudelaire. J'aime bien. Savais tu que Mylène Farmer avait mis en chanson son poème " l'horloge"? Le résultat est pas mal et a servi d'introduction à sa toute première tournée en 1989. Je te souhaite de bonnes lectures. Moi je lis le premier tome de outlander mais je n' accroche pas plus que ça. C'est sympa mais pas extraordinaire non plus. Cordialement. Melissa.
      • Mercredi 25 Avril à 10:40

        Merci, Mélissa ! ^^ Si j'avais su, j'aurais attendu aussi mais la saga étant sortie depuis 2016, je pensais vraiment qu'elle ne serait qu'en deux tomes ! happy Au final non et maintenant j'attends la sortie du troisième avec impatience d'autant plus que le tome 2 se termine assez abruptement ! 

        La Dame sans Terre est une très bonne saga policière, vraiment de qualité, j'espère que tu aimeras et n'hésite pas à venir en parler avec moi après ! smile 

        Et oui je me lance enfin dans Les Fleurs du Mal ! Je ne savais pas du tout que Mylène Farmer avait mis en musique un des poèmes du recueil mais il est vrai que le style de Baudelaire s'y prête tout à fait ! 

        Et bon courage avec Outlander Mélissa ! smile Je me rappelle de mon propre ressenti lorsque j'ai lu le premier tome en 2015 : je n'avais pas trouvé ça extraordinaire non plus mais j'ai persisté et je ne regrette pas la magie a opéré après ! happy

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :