• Une Enquête du Commissaire aux Morts Étranges, tome 2, Messe Noire ; Olivier Barde-Cabuçon

    « Une enquête est comme un jeu d'emboîtement de pièces en bois. Éparpillons les pièces, recomposons-les différemment et posons-nous de nouvelles questions. »

    Une Enquête du Commissaire aux Morts Étranges, tome 2, Messe Noire ; Olivier Barde-Cabuçon

    Publié en 2014

    Editions Babel (collection Noir)

    464 pages 

    Deuxième tome de la saga Une Enquête du Commissaire aux Morts Étranges

     

    Résumé :

    Une nuit de décembre 1759, le corps sans vie d'une jeune fille est retrouvé sur la tombe d'un cimetière parisien. Pas de suspect, et pour seuls indices : une hostie noire, un crucifix, des empreintes de pas. Sartine, le lieutenant général de police, craint une résurgence des messes noires sous le règne du très contesté Louis XV. La tension est à son comble dans la capitale. 
    Volnay et le moine hérétique sont contraints de s'allier à une enquêtrice aussi sublime que manipulatrice, et se trouvent rapidement confrontés à des forces obscures...toujours aussi mal vu du pouvoir en place, le duo ne pourra compter que sur lui-même pour démasquer les ordonnateurs du rituel satanique. 
    Dans ce deuxième volet des aventures du chevalier de Volnay, commissaire aux morts étranges, Olivier Barde-Cabuçon reconstitue un Paris pittoresque et inquiétant. A quelques lieues de là, Versailles dissimule les troubles pulsions de ses prestigieux locataires. Entre ces deux pôles opposés se noue une intrigue diabolique au royaume du détraquement et de l'inversion des règles établies. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Avec Messe Noire, je reprends la lecture d'une saga découverte l'an dernier : Les Enquêtes du Commissaire aux Morts Étranges, d'Olivier Barde-Cabuçon. Chaudement conseillée par plusieurs blogueuses, j'ai malgré tout hésité avant de me lancer même si j'avais beaucoup d'intérêt pour cette série qui se passe au cœur de ma période historique préférée entre toutes : le XVIIIème siècle.
    En fait, je suis une fan inconditionnelle des romans de Jean-François Parot et de leur héros, Nicolas Le Floch et je craignais de comparer et de ne pas apprécier les romans d'Olivier Barde-Cabuçon... Il est vrai que Parot, dans chacun de ses romans, restitue parfaitement l'époque et ce fut un véritable plaisir de le lire.
    Chez Barde-Cabuçon, c'est plus glauque et torturé, beaucoup plus noir. Beaucoup plus critique envers la monarchie, aussi. Du coup, il m'a été impossible d'établir un quelconque parallèle entre les deux sagas. Je crois que ma préférence va à Nicolas Le Floch et lui restera : peut-être parce que la vision du XVIIIème siècle de Jean-François Parot est plus en accord avec la mienne, je ne sais pas...
    Toujours est-il que j'ai apprécié d'emblée Volnay, le commissaire aux morts étranges d'Olivier Barde-Cabuçon et je l'ai retrouvé, ainsi que son assistant le moine, avec plaisir dans ce deuxième opus qui s'ouvre en décembre 1759 dans un cimetière parisien où tout porte à croire qu'une messe noire était en préparation avant qu'elle ne soit brusquement interrompue. Dans le cimetière recouvert de neige, deux corps sont retrouvés : celui du gardien de cimetière et celui d'une jeune fille probablement utilisée par les satanistes pour leurs rituels.
    Moins de cent ans après le scandale de l'Affaire des Poisons, qui a terni le règne de Louis XIV et dans laquelle la propreté favorite du roi, Madame de Montespan, était impliquée, voilà que la magie noire et les adorateurs de Satan jettent à nouveau un voile noir sur la capitale, mettant son lieutenant général de police, Sartine, dans une position assez délicate.
    Cette deuxième enquête démarre bien et dans une ambiance aussi tendue, étrange et poisseuse que la première, Casanova et la femme sans visage. La messe noire, qui est le point de départ de l'enquête de Volnay et du moine, les emmène forcément à s'intéresser à tout ce que Paris compte encore de superstitieux : astrologues, voyants, sorciers et magiciens de tout poil. Car si le XVIIIème siècle est connu pour être le siècle des Lumières, paradoxalement c'est une époque encore pétrie de croyances diverses et de religiosité. Naviguant à vue dans le brouillard d'un univers confidentiel où l'on pratique autant les plantes médicinales que les sortilèges, nos deux enquêteurs vont avoir du pain sur la planche !
    J'ai mis un peu de temps à lire cette deuxième enquête et je pense que cela a un peu émoussé mon intérêt en cours de lecture. J'ai beaucoup aimé, attention et je n'ai maintenant qu'une envie : ajouter le troisième tome à ma PAL et le lire ! Mais c'est vrai que j'ai été moins captée par ce deuxième opus, peut-être aussi parce que la vision très critique du pouvoir par Volnay mais aussi par le moine, qui est un esprit libre et épris de philosophie n'est pas la mienne. Pour autant, elle personnifie bien ce désamour de la monarchie sous le règne de Louis XV et des critiques de plus en plus ouvertes à l'encontre du monarque, qui font le lit d'une violente Révolution qui éclatera exactement trente ans plus tard.
    Messe Noire aborde finalement des sujets très vastes et c'est une analyse de la société de ce XVIIIème siècle français pétri de contradictions mais qui en fait une époque si passionnante et tellement riche. Dans le roman, on navigue des sphères occultes parisiennes bien plus nombreuses qu'on pourrait le croire et qui évoquent le Moyen Âge ou l'époque de Catherine de Médicis, aux dorures de Versailles qui incarnent la richesse la plus ostentatoire. On découvre une époque qui se cherche et a du mal à se trouver, hésitant entre tradition et modernité, entre émancipation spirituelle et religiosité rigoureuse, entre Dieu et Satan, entre la magie blanche et la magie noire. On découvre aussi le peuple de Paris, où se bousculent les plus riches comme les plus pauvres dans une ville tortueuse et encore médiévale et où l'on a de moins en moins peur d'affirmer haut et fort ce que l'on pense de la royauté et de son titulaire qui a perdu toute la faveur de son peuple et qui, après avoir été le Bien Aimé devient le Bien Haï.
    J'ai aussi apprécié de retrouver Volnay, moins lisse que Nicolas Le Floch, plus torturé et plus mystérieux aussi. On ne sait pas grand chose de lui et on n'en apprend d'ailleurs pas plus dans ce deuxième tome. Mais ses talents de policier et de déduction se confirment et on découvre qu'il est un très bon enquêteur. Il reste malgré tout un électron libre sur qui personne n'a de prise, ni le lieutenant général de police, ni les femmes, ni le pouvoir dont il dépend mais qu'il ne craint pas. Volnay est un peu comme ces chevaliers du Moyen Âge -souvent légendaires d'ailleurs, soit dit en passant- qui veulent rétablir la justice pour la justice et seulement pour elle. Il est désintéressé et en cela presque parfaitement libre. Bref, ce fut encore une fois un plaisir de le suivre dans une enquête compliquée et entortillée qui nous fait parfois tourner en rond et nous perd en conjecture avant que la vérité ne se fasse enfin jour.
    Je quitte Messe Noire avec le sentiment d'avoir lu un excellent roman policier bien ficelé et maîtrisé par son auteur avec en plus une base historique passionnante. Que demander de plus ?

    En Bref :

    Les + : une intrigue policière habilement menée et efficace, où messes noires et sorcellerie apportent du piquant au récit, qui en devient alors assez fascinant. 
    Les - :
    un peu comme pour le premier tome, des longueurs en milieu de récit...


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