• Une Enquête du commissaire aux Morts Etranges, tome 3, Tuez qui vous voulez ; Olivier Barde-Cabuçon

    « Tout le monde croit ce qu'il veut croire et adapte la vérité à ses propres convictions. »

    Couverture Le commissaire aux morts étranges, tome 3 : Tuez qui vous voulez

     

     

     Publié en 2016

     Editions Babel (collection Noir) 

     391 pages 

     Troisième tome de la saga Une Enquête du commissaire   aux Morts Étranges 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Hiver 1759. Alors que s'élèvent les fusées multicolores d'un splendide feu d'artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C'est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe. 
    Au même moment, les rues de Paris s'enfièvrent à l'approche de la fête des Fous qu'un mystérieux individu invite à ressusciter. La cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV...
    En quelques jours, l'ordre social paraît s'inverser et même le moine semble gagné par la folie ambiante. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Le commissaire aux morts étranges, lui, garde la tête froide et mène l'enquête. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans ce troisième opus des enquêtes du chevalier de Volnay, commissaire aux morts étranges, Olivier Barde-Cabuçon nous emmène à la Noël de 1759. Alors que les Parisiens se pressent dans les rues pour assister au feu d'artifice tiré au-dessus de la Seine, un jeune homme est retrouvé assassiné, la gorge tranchée. Un meurtre qui fait écho à deux autres crimes perpétrés quelques jours plus tôt mais qui présente cela dit un petit inconvénient pour le pouvoir en place : la victime est russe et cela est inquiétant, quand on sait que le roi Louis XV est alors en pleine tractations secrètes avec la tsarine Elisabeth pour établir une alliance franco-russe qui couperait l'herbe sous le pied de l'ennemi anglais...
    Volnay et son acolyte le moine se voient donc confier une enquête délicate qui met au supplice le lieutenant général de police, Sartine. Et cela ne s'arrange pas quand Volnay découvre sur ses pas un agent du secret du roi, un personnage étrange et secret qui n'hésite pas à se travestir à l'envi en femme : le fameux chevalier d’Éon, espion et membre du Secret du roi qui mena effectivement des missions secrètes en Russie pour le compte de l'État français.
    Cette troisième enquête aborde pas mal de sujets passionnants (mais qu'est-ce qui ne l'est pas, quand on parle du XVIIIème siècle ?!) : la Fête des fous, célébration qui confine au paganisme et répand des relents de superstition sur la capitale, le jansénisme, les convulsionnaires, la diplomatie de cette fin de décennie 1750, qui voit un rapprochement entre la France et le géant de l'est, la Russie, conséquence du renversement des alliances qui commence en 1756 et voit la Russie devenir un satellite de la grande alliance austro-française.
    L'Histoire avec un grand H se mêle à des aspects plus sociétaux et c'est quelque chose que j'apprécie dans cette saga, comme j'ai pu l'apprécier dans les enquêtes de Nicolas Le Floch, un autre fameux enquêteur qui œuvre presque en même temps et dans le même contexte que Volnay.
    Ainsi, dans Tuez qui vous voulez, on découvre la mainmise du roi Louis XV sur la diplomatie de son royaume, avec la création d'un réseau sans précédent et dont même ses ministres les plus proches ne sont pas informés : c'est ce que l'on appelle le Cabinet noir ou le Secret du roi, dont fit réellement partie le chevalier d’Éon. On découvre les tractations secrètes menées par ce réseau d'espions qui sillonne l'Europe pour le compte du roi de France et la manière dont les alliances se nouent et se dénouent, avec fourberie et force circonvolutions...
    Et puis on découvre qu'à Paris, l'opposition au pouvoir royal n'est pas que politique ou, du moins que, la fin justifiant les moyens, on se sert de la religion à tour de bras à des fins politiques : en cette fin des années 1750, le jansénisme, mouvement condamné par le pape en 1713, n'est pourtant pas mort ni muet. Malgré la destruction de l'abbaye de Port-Royal sous le règne précédent et la condamnation du jansénisme par la royauté comme par la papauté, on continue à assister à des faits bien surprenants : des femmes qui entrent en transe sur la tombe d'un diacre janséniste, François de Pâris, par exemple...on les appelle les convulsionnaires et ces mouvements spontanés emmènent à des débordements mystiques et superstitieux (crucifixions pour connaître les tourments du Christ, violences physiques et mortifications...).
    En intégrant parfaitement son enquête dans ce contexte riche, passionnant et surtout bien documenté, Olivier Barde-Cabuçon se plaît à nous égarer sur de fausses pistes avant le rebondissement ultime que je n'avais franchement pas vu venir.
    J'ai eu l'impression que cette enquête était peut-être moins complexe que les deux précédentes, dans le sens où j'ai lu ce tome avec beaucoup de facilité mais ça reste malgré tout une lecture très plaisante. Pour moi qui ne me remets pas de la fin de Nicolas Le Floch, retrouver un enquêteur du XVIIIème siècle est un vrai plaisir !

    En Bref :

    Les + : C'est toujours aussi plaisant, c'est toujours aussi bien écrit et l'amoureuse du XVIIIème siècle que je suis se plonge toujours avec curiosité et plaisir dans l'univers sombre à souhait d'Olivier Barde-Cabuçon, combinant histoire avec un grand H et aspects plus sociétaux finement restitués. Une saga que je ne suis pas prête de laisser tomber ! 
    Les - :
    Aucun ! Cette troisième enquête était passionnante.


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