• La Prisonnière du Temps ; Kate Morton

    « Dans ce monde, monsieur Gilbert, les certitudes sont rares. Mais je puis vous faire part de celle-ci : la vérité dépend de la personne qui vous raconte l'histoire. »

     

     

     

     Publié en 2018 en Angleterre 

     En 2020 en France (pour la présente édition)

     Titre original : The clockmaker's daughter

     Editions Pocket

     720 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Londres, été 2017. Ce n'est qu'une vielle sacoche en cuir. Une de plus, à inventorier. Mais pour Elodie, jeune archiviste que ses fiançailles avec un golden-boy n'enthousiasment guère, c'est une révélation. Qui est cette belle femme en tenue victorienne, sur ce portrait jauni ? Et pourquoi ce manoir sur la Tamise, peint si délicatement, lui semble-t-il familier ? Entrant comme par effraction dans un mystère vieux de cent cinquante ans où se croisent un célèbre peintre préraphaélite, sa muse, et la disparition sanglante d'un diamant hors de prix, Elodie remonte bientôt le cours du temps - pour mieux échapper à son présent ?

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 2018, en terminant L'Enfant du Lac, je me suis dit que je venais de terminer mon Kate Morton préféré.
    En terminant La Prisonnière du Temps, je me dis la même chose. C'est grave, docteur ?
    Disons que dans mon palmarès Kate Morton, La Prisonnière du Temps arrive en première position et L'Enfant du Lac est juste derrière, quasi ex-æquo.
    Maîtresse des romans d'ambiance que j'aime appeler les romans à secrets, Kate Morton et son univers unique m'ont séduite en 2012 et, depuis cette date, c'est toujours avec plaisir que je lis ses livres. Globalement, cela dit, c'est ses romans les plus récents qui jusque là, m'ont le plus captivée, peut-être parce que le style de l'auteure et son univers s'affinent avec le temps.
    Comme pour L'Enfant du Lac, ce qui m'est venu à l'esprit comme qualificatifs en cours de lecture, c'est : quelle richesse ! Quelle densité ! L'intrigue est complexe mais maîtrisée de bout en bout par l'auteure et ça se sent. A aucun moment on ne ressent de confusion, à aucun moment on n'a l'impression de lire une intrigue brouillonne, non..Tout se tient. Tout est cohérent.
    Comme d'habitude, Kate Morton reprend les ficelles qui ont fait le succès de tous ses romans : plusieurs héros, plusieurs époques et des secrets qui seront révélés, distillés tout au long du récit.
    Ici, l'intrigue démarre en 2017 avec la découverte par Elodie, jeune archiviste londonienne, d'une vieille sacoche dans laquelle elle découvre un carnet à dessin et un cadre contenant la photo ancienne d'une jeune femme inconnue au physique magnétique. Mais ce qui interpelle la jeune femme c'est que l'ébauche qu'elle découvre dans le vieux carnet est celle d'une maison qui lui évoque quelque chose : une histoire, un conte que sa mère lui racontait quand elle était petite et dont elle a gardé un souvenir par-delà les années... Et cette jeune femme en robe blanche, si moderne et qui semble défier le temps, qui est-elle ?
    Elodie se plonge alors toute entière dans une enquête qui la ramène à ses propres souvenirs et qui l'aide à supporter la nervosité des préparatifs de son mariage, projet qui ne l'enthousiasme plus autant que cela... Du Londres moderne en passant par celui des années 1860, à la mystérieuse maison de Birchwood Manor, où un drame s'est joué durant l'été 1861, dans un cercle d'artistes préraphaélites, La Prisonnière du Temps est un roman extrêmement captivant, qui se tisse et se dénoue comme un roman policier. J'ai aimé le mélange des époques, j'ai aimé aussi la simplicité d'Elodie, le personnage principal contemporain, à laquelle on peut s'identifier facilement.
    Et j'ai aimé l'univers historique, découvrir Birchwood Manor à l'époque où Edward Radcliffe occupe les lieux avec ses amis artistes, peintres et photographes et pendant la Seconde guerre mondiale, quand la vieille maison élisabéthaine accueille une famille londonienne pendant le Blitz.
    C'est très dense, c'est très riche... l'auteure y aborde plein de sujets différents : le rapport à l'art, la fratrie, le mariage, le deuil, l'attachement que l'on peut avoir pour une demeure (en l'occurrence Birchwood Manor, maison tantôt mystérieuse, inquiétante ou protectrice, chargée des souvenirs de ses habitants successifs et qui semble en avoir, du même coup, acquis une âme), le secret... Il faut s'accrocher, il ne faut pas perdre le fil, mais ça vaut le coup.
    Au milieu du roman, j'ai quand même eu l'impression d'atteindre une sorte de plateau : je stagnais un peu et j'ai senti un peu de lassitude. J'ai eu un peu peur parce que ça ne m'était jamais arrivé jusque là avec un roman de Kate Morton. Heureusement ce sentiment n'a été que passager et l'intérêt est revenu rapidement. Au final, cette lecture n'a été qu'un pur plaisir, de bout en bout. C'était cocooning et apaisant, malgré la dureté qui n'est pas absente du récit.
    Ce qui est bien avec Kate Morton, c'est que jamais ce n'est mièvre. C'est toujours suffisamment intelligent et bien pensé pour éviter l'écueil de la niaiserie et de la naïveté.
    Oui, n'ayons pas peur des mots : encore une fois, l'auteure australienne mais qui a si furieusement su nous passionner pour l'Angleterre, ses secrets et ses vieux domaines, nous offre 700 pages de pur plaisir ! Si vous connaissez déjà son univers et que vous l'aimez, nul doute que vous aimerez La Prisonnière du Temps ! Si vous n'avez pas encore découvert Kate Morton, eh bien, pourquoi ne pas vous lancer avec ce roman passionnant et plein d'aventures ?

    En Bref :

    Les + : j'ai eu l'impression de lire un récit dont les fils conducteurs, au départ, semblent mener chacun à un but différent...comme un tissu compliqué dont on verrait la trame, sans comprendre pour autant la manière dont elle est tissée. Et puis, d'un coup...le dénouement. C'était magistral ! 
    Les - :
    un petit plateau en milieu de récit, où j'ai eu l'impression que le roman stagnait un peu mais, heureusement, c'était passager.

     


     

    La Prisonnière du Temps ; Kate Morton 

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 7 Janvier à 19:59

    J'ai ce roman dans ma PAL et ton avis, surtout en ce qui concerne les messages apportés par l'auteure, me donne totalement envie de l'en sortir rapidement !

      • Jeudi 7 Janvier à 22:32

        Je n'ai pas tout listé, tu verras, le roman est très dense et aborde plein de sujets, qui peuvent parler à chacun d'entre nous et c'est vraiment ce que j'apprécie dans les romans : cet écho qu'ils peuvent avoir en moi...et en chacun de nous, au final. Je crois que c'est pour ça que j'aime autant Kate Morton, aussi, parce que c'est une fine analyste de la condition humaine. 

        Et puis pour tout le reste aussi, je ne peux que te conseiller de ne pas laisser dormir ce roman trop longtemps dans ta PAL. happy

    2
    Samedi 9 Janvier à 17:40

    Coucou ! J'espère que tu vas bien ! Je te souhaite mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année :) 

    Kate Morton, c'est une grande histoire d'amour ! Malheureusement (ou heureusement plutôt), je n'ai pas encore tout lu. Je n'ai découvert que Le Jardin des secrets et Les heures lointaines. 

    J'ai acheté l'Enfant du Lac et les Brumes de Riverton que je compte découvrir rapidement. Et bien sûr, j'achèterai ensuite la Prisonnière du temps.

    Comme tu le dis, ses romans sont particulièrement riches et ne tombent jamais dans la niaiserie. J'adore arpenter différentes époques et découvrir des secrets de famille pendant 700 pages. 

    Je pense (mais je peux me tromper) que ceux que j'ai lu sont les premiers romans de l'auteure. Donc si son style s'affine, il me tarde de découvrir les autres romans :)

    Ce que j'ai remarqué avec les deu romans lus, c'est qu'elle place toujours une demeure au coeur de l'intrigue et qu'elle la décrit à la perfection. Elle lui donne une âme et du coup, la maison devient un personnage à part entier de l'histoire. J'adore vraiment cet aspect dans ses romans :)

      • Dimanche 10 Janvier à 10:43

        Coucou Kitsy ! happy Je te souhaite une très belle année à toi, tous mes vœux pour 2021. On va espérer qu'elle sera meilleure que 2020 ! 

        Il faudrait que je regarde la chronologie de ses publications, mais oui, il se peut effectivement que tu aies lu ses premiers romans, qui sont très bons, ça n'empêche pas, mais c'est vrai que j'ai vu un changement en lisant L'enfant du Lac en 2018 : l'univers reste le même, l'idée de départ aussi, avec les secrets, la maison, les retours dans le temps etc...mais quand même, j'ai trouvé ça plus riche, plus exploité, peut-être ! Et La prisonnière du temps est dans la même veine, donc c'était vraiment passionnant ! 

        Mais ses autres romans sont aussi très bons : j'avais beaucoup aimé Les brumes de Riverton, avec lequel j'avais découvert Kate Morton, d'ailleurs. Puis j'ai apprécié aussi Le jardin des secrets qui est très bien. Un peu moins Les Heures Lointaines...Il faudrait que je le relise, peut-être ! happy

        Je ne peux vraiment que t'encourager à découvrir L'enfant du Lac et La prisonnière du temps ! Apparemment, tu connais bien Kate Morton, comme moi et je pense que tu ne manqueras pas de voir une différence ! winktongue

        Belles futures lectures à toi ! 

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    3
    Vendredi 15 Janvier à 16:50

    Depuis le temps que tu parles de cette auteure ! Je n'ai pas encore succombé à sa plume mais ça ne saurait tarder. Je suis aussi assez fan des romans à secrets alors celui-ci pourrait être mon premier Morton... :-P

      • Vendredi 15 Janvier à 19:39

        Ah oui, ça fait longtemps que je suis une fidèle de Kate Morton : ça fera neuf ans en septembre prochain que j'ai lu pour la première fois l'un de ses romans. Il s'agissait des Brumes de Riverton, dont je garde un très bon souvenir mais qui a été petit à petit détrôné par ses autres romans, notamment par L'enfant du Lac et La prisonnière du temps. 

        J'adore ces fameux romans dits d'ambiance mais que j'aime appeler romans à secrets, tant celui-ci a de place dans le récit ! Et puis Kate Morton a toujours le don de nous transporter dans cette Angleterre un peu surannée, ces grands domaines parfois un peu abandonnés mais qui sont si attirants. Je pense que ça pourrait te plaire : bon, il faut avoir un peu de temps devant soi parce que se plonger dans un roman de Kate Morton, c'est en général se plonger dans une bonne brique de minimum 600 pages mais ça vaut le coup à chaque fois. En plus, je trouve que le style de l'auteure ne cesse de s'affiner et de se développer, pour mon plus grand plaisir. smile

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